Le gouffre laissé par la frappe israélienne du vendredi 27 septembre 2024 qui a tué Hassan Nasrallah. Photo Mohammad Yassine/L'OLJ
Les munitions anti-bunker utilisées par l'armée israélienne pour assassiner le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah le 27 septembre dernier auraient également détruit une partie des réserves de cash détenues par le parti chiite, qu'il affronte depuis le 8 octobre 2023, soit au lendemain du déclenchement de la guerre de Gaza.
C’est ce qu’avance lundi le magazine saoudien al-Majalla en soulignant que les réserves de dollars du Hezbollah, « essentielles » pour financer ses activités, « auraient été stockées dans des coffres-forts situés au plus profond de l'enceinte dans laquelle Hassan Nasrallah a été tué ». Or, les munitions anti-bunker sont conçues pour percer les structures blindées enfouies dans le sol sur plusieurs dizaines de mètres. Ce type de munition a également été utilisé une seconde fois dans la banlieue-sud de Beyrouth, dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, pour cibler cette fois le président du Conseil exécutif du Hezbollah, Hachem Safieddine, pressenti pour succéder à Hassan Nasrallah, et qui est « injoignable » depuis. Les deux bombardements ont provoqué des déflagrations particulièrement violentes par rapport à la moyenne de celles causées par les nombreuses autres frappes israéliennes qui s'abattent sur la banlieue-sud de Beyrouth depuis septembre.
Le magazine saoudien suppose aussi que « si les fonds du Hezbollah et de son organisme de microcrédit, Qard al-Hassan, ont été détruits, le parti chiite aura du mal à payer ses milliers de combattants, son personnel et ses sympathisants, ainsi que les milliers de familles dont les proches ont été tués ou handicapés au cours des conflits passés ». Il rappelle que de « nombreuses institutions sanitaires, éducatives et sociales associées au Hezbollah dépendent également du financement du groupe ».
Plusieurs milliards de dollars
Le magazine souligne que « le Hezbollah se serait préparé à cette éventualité après la guerre de juillet 2006, lorsque plusieurs de ses sites (et ses branches de Qard al-Hassan) ont été détruits, en stockant des réserves stratégiques dans des bunkers fortifiés dans la chaîne de montagnes de l'est du Liban ». Le parti disposerait de financements atteignant plusieurs milliards de dollars, générés par divers canaux occultes, malgré les vagues successives de sanctions qui ont ciblé des membres travaillant pour ou avec lui au cours des dernières années.
En 2014, l'ancien Inspecteur général spécial pour la reconstruction de l'Irak, Stuart Bowen, avait confié au journaliste d'investigation du New York Times, James Risen, que plus de 1,6 milliard de dollars de fonds irakiens avaient été volés et déplacés vers un bunker dans une zone rurale du Liban pour y être conservés en lieu sûr. Bowen a déclaré que la découverte a été faite juste avant la fermeture de son bureau.
Le Hezbollah est accusé depuis des décennies d’avoir établi des liens privilégiés avec des cartels de drogue sud-américains, en aidant notamment ces derniers à blanchir l’argent de la cocaïne via ses réseaux en Afrique et au Moyen-Orient, et de jouer un rôle-clé dans la production et la contrebande de captagon dans la région ; des accusations que le parti a toujours démenti.




Ce n'est pas pour rien qu'ils sont recherches partout dans le monde pour leurs mefaits
19 h 58, le 07 octobre 2024