Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’entretient avec le chef de la majorité du Sénat, le démocrate Chuck Schumer, et celui de la minorité du Sénat, le républicain Mitch McConnell, à Washingon, le 26 septembre 2024. Drew Angerer/AFP
Joe Biden, qui a reçu Volodymyr Zelensky jeudi, met les bouchées doubles pour soutenir l’Ukraine tant qu’il le peut encore, à 39 jours d’une élection présidentielle extrêmement serrée, dont dépend l’avenir du soutien américain à Kiev. Alors que le Kremlin agite à nouveau la menace nucléaire, le président ukrainien a été reçu au Capitole par les chefs de file du Parti républicain et du Parti démocrate au Sénat, qui tous deux portaient des cravates jaunes et des chemises bleues, les couleurs ukrainiennes.
Aide de 8 milliards
« J’annonce une augmentation de l’aide à la sécurité pour l’Ukraine et une série d’actions supplémentaires pour aider l’Ukraine à gagner cette guerre », a déclaré le président américain dans un communiqué paru jeudi matin. M. Biden a annoncé la fourniture de munitions à longue portée JSOW (Joint Standoff Weapon) « afin de renforcer les capacités de frappe à longue portée de l’Ukraine », sans mentionner toutefois le feu vert espéré par Kiev pour tirer vers la Russie des missiles de longue portée fabriqués aux États-Unis. Volodymyr Zelensky, vêtu comme toujours d’une tenue kaki et qui ne s’est pas arrêté devant les journalistes lui demandant s’il allait rencontrer le candidat républicain Donald Trump, auteur de féroces critiques à son encontre, a salué cette annonce. Selon lui, elle favorisera la « victoire » de son pays dans la guerre que lui livre la Russie.
Le démocrate de 81 ans, grand artisan du soutien occidental à l’Ukraine depuis l’invasion par la Russie en février 2022, a décidé de déployer 8 milliards d’aide au total. Joe Biden, qui a renoncé à briguer un second mandat et qui quittera donc le pouvoir en janvier prochain, continue ainsi de ventiler l’enveloppe de 61 milliards de dollars votée péniblement en avril dernier par un Congrès politiquement divisé, dans l’espoir d’inscrire l’aide à l’Ukraine dans la durée. En outre, le président américain a appelé à la tenue en Allemagne d’un sommet de haut niveau avec 50 pays alliés de l’Ukraine « afin de coordonner les efforts ». La vice-présidente et candidate démocrate Kamala Harris, que le président ukrainien devait encore rencontrer à l’heure de mettre sous presse, a promis de poursuivre la politique de soutien de l’actuel président.
Un « signal spécifique »
Volodymyr Zelensky est venu exposer à Washington son « plan de la victoire » au lendemain de l’annonce par Vladimir Poutine d’une proposition de changement de la doctrine de recours à l’arme nucléaire par Moscou. Il s’agirait de répondre à « l’agression de la Russie par un pays non nucléaire, mais avec la participation ou le soutien d’un pays nucléaire », a lancé le président russe, considérant cela comme une « attaque conjointe » contre Moscou. Un point « clairement destiné à dissuader les États-Unis et la Grande-Bretagne de fournir des armes de longue portée à l’Ukraine », explique Hans Kristensen, de la Fédération des scientifiques américains (FAS).
Le président russe a aussi prévenu qu’il envisagerait le recours à la bombe en cas d’attaque aérienne d’ampleur (aviation, missiles ou drones) et d’agression de la Biélorussie, un allié fidèle. Dans une nouvelle mise en garde russe jeudi, le Kremlin a souligné que ce changement de doctrine devait être considéré comme un « signal spécifique » pour les Occidentaux. Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a qualifié jeudi de « totalement irresponsables » les menaces du président russe Vladimir Poutine de recourir à l’arme nucléaire en cas notamment de « lancement massif » d’attaques aériennes contre la Russie.
Donald Trump très critique
Volodymyr Zelensky a prévenu que les Ukrainiens n’accepteraient « jamais » un éventuel accord de paix avec Moscou qui leur soit « imposé » par les grandes puissances. « Nous continuons de donner des milliards de dollars à un homme qui refuse de conclure un accord, Zelensky », avait dénoncé Donald Trump mercredi lors d’un meeting de campagne. « Chaque fois qu’il est venu dans notre pays, il est reparti avec 60 milliards de dollars, je pense que c’est le meilleur commercial de la planète », a ironisé l’ancien président. Une rencontre entre Donald Trump, très critique des montants déboursés par Washington pour Kiev, et le dirigeant ukrainien avait été évoquée, mais ne s’est pas concrétisée pour l’heure. Volodymyr Zelensky ne verra pas non plus le patron républicain de l’autre composante du Congrès, la Chambre des représentants, Mike Johnson. Ce fidèle allié du milliardaire républicain a fait état d’un empêchement.
Moscou, dont les troupes progressent ces derniers mois face aux forces de Kiev, a revendiqué jeudi la prise d’Oukraïnsk, une ville de la région de Donetsk dans l’est de l’Ukraine. La conquête du Donbass, bassin industriel ukrainien qui comprend la région de Donetsk, est la « priorité numéro un » du président Poutine.
Source : AFP


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