Modèles défilant pour la collection Acne Studios prêt-à-porter femmes printemps-été 2025. Julien de Rosa/AFP
Le prince de l’imprimé n’est plus, mais Dries Van Noten vit toujours : le troisième jour de la Fashion Week de Paris a apporté mercredi au monde de la mode un aperçu de ce qu’il se passe sans Dries aux manettes de sa marque.
Ce premier défilé depuis la retraite à 66 ans de son fondateur en juin a rassuré. Dries, le « maître flamand », est bien parti, mais son équipe fonctionnant en « studio » poursuit l’épopée.
Toutes les couleurs luxuriantes de Van Noten étaient présentes avec ses coupes classiques excentriques, la collection se déployant comme un rêve de safari africain avec imprimés subtils de peau de serpent, de crocodile et de léopard dégradés. Un instant plus tard, départ pour Bornéo avec les imprimés de soie, le tout agrémenté d’une série d’étonnantes chaussures à talons en trompe-l’œil.
À son départ, Dries Van Noten, comparé à l’emblématique entraîneur Jürgen Klopp quittant le club de football de Liverpool, avait laissé les clés à son équipe du studio, déclarant : « Je me suis préparé pour ce moment. »
La marque, peu connue du grand public, draine une communauté d’inconditionnels qui collectionnent ces pièces pratiques et intemporelles, que l’on voit rarement réapparaître sur le marché de la seconde main.
Un montage de photos présentant les créations d'Acne Studios prêt-à-porter femmes printemps-été 2025. Julien de Rosa/AFP
Cocon néoprène
Chez Courrèges, le designer belge Nicolas di Felice appuie avec moult palpitations sur la veine sexy, continuant de célébrer les codes sixties de la maison française, tout en y apportant sa touche subversive, avec lunettes noires façon masque, silhouettes longilignes, ou encore tops comme des microbouts de tissu flottant sur la peau.
Un sweat en néoprène façon coque futuriste devient, lui, un cocon noir ou bleu marine.
Le défilé Rabanne s’est lui ouvert sur une chaloupe de Gigi Hadid, alors que sa grande sœur Bella avait signé son grand retour sur les podiums la veille en défilant pour Saint Laurent.
Le défilé estival, tout en radiations, sequins et métaux, était, comme d’habitude avec la marque futuriste des années 1960, une traversée des matières et des reflets. L’esthétique développée par Julien Dossena, son créateur, a aussi joué sur la transparence, avec des robes nude, l’une des tendances de cette saison.
Chez Acne Studios, on a revu ce vert « Brat » éclatant que l’on pensait remisé depuis la fin du « Brat Summer » lancé par la chanteuse Charli XCX. Mais il y avait surtout du skaï et du cuir, des vestes aux épaules larges qui se portent sur un torse nu.
Le créateur du label suédois, Jonny Johansson, toujours aussi dans l’air du temps, a servi de la déstructure, avec des tailles basses sous les fesses et de l’asymétrie en haut, et l’inévitable crochet épais pour les robes du soir.
Balmain a refermé cette journée avec une collection de tenues du soir scintillantes imprimées de visages, yeux, lèvres, nez et de tailleurs aux épaules triangles marquant un retour résolu aux classiques de la marque parisienne, en noir, rouge et doré.
Parmi les invités : pas de Beyoncé malgré la rumeur, mais Brigitte Macron, une fidèle des tenues Vuitton, qui participait ici à son second défilé de la semaine après celui de Dior mardi.
Source : AFP

