Un garde-côte libyen debout sur un bateau lors du sauvetage de 147 immigrants clandestins tentant d'atteindre l'Europe en juin dernier. Photo TAHA JAWASHI / AFP
La Suisse pourrait externaliser des procédures d'asile dans des pays tiers mais sous certaines conditions et dans le respect des droits fondamentaux, a affirmé samedi le ministre de la Justice et de la police, Beat Jans.
Sous réserve que les règles de l'Etat de droit et les droits fondamentaux soient respectés, il pourrait être "plus approprié" de mener des procédures d'asile dans des pays tiers pour éviter que "des personnes ne prennent le risque de se noyer en Méditerranée", souligne M. Jans, un des deux membres socialistes du gouvernement fédéral, dans un entretien diffusé samedi par l'hebdomadaire Schweiz am Wochenende.
Les fonctionnaires suisses seraient amenés à conduire les procédures de demande d'asile dans le pays tiers en collaboration avec d'autres Etats, ajoute le ministre, sans donner plus de précisions sur les pays où pourrait se dérouler ce processus.
Mais "bien sûr qu'on ne peut pas faire comme le Royaume-Uni et le Rwanda, et penser qu'on peut simplement résoudre le problème en envoyant de l'argent et des réfugiés", explique Beat Jans, qui a récemment rencontre le Haut-Commissaire des Nations Unies aux réfugiés, Filippo Grandi.
Très controversé, ce projet d'accord migratoire avec le Rwanda conçu par les conservateurs britanniques visait à expulser vers ce pays d'Afrique de l'Est les demandeurs d'asile arrivés de façon irrégulière au Royaume-Uni. Il a été abandonné par le nouveau Premier ministre travailliste Keir Starmer dès son arrivée au pouvoir en juillet afin d'être, selon ce dernier, remplacé par un programme "sérieux de retour et d'application de la loi".
En attendant, le Royaume-Uni a expulsé vers leur pays d'origine des migrants qui n'avaient pas l'autorisation de rester sur son sol.
En Suisse, jusqu'en début d'année, le Conseil fédéral affirmait qu'une externalisation des procédures n'était pas réalisable, tant pour des considérations juridiques que des raisons pratiques.
Jusqu'ici opposé à ce type de traitement des demandeurs d'asile, M. Jans subit une forte pression de la part du parti de droite radicale UDC, première force politique du petit pays alpin, qui a fait de la lutte contre l'immigration son principal cheval de bataille. Deux des collègues de M. Jans au Conseil fédéral appartiennent à ce parti, qui est aussi sorti renforcé des législatives en octobre.
Mais en début d'année, le Conseil fédéral a été chargé d'étudier la possibilité de mener des procédures d'asile aux frontières extérieures de l'Union européenne (UE) ou dans des Etats tiers.
Face aux campagnes très virulentes de l'UDC, M. Jans reconnaît que "les défis restent importants" mais évoque une baisse des demandes d'asile cette année, qui s'établiraient aux alentours de 28.000 à 29.000 contre 33.000 en 2023. Il prévoit notamment un fort recul du nombre de demandeurs d'asile ukrainiens (17.500 cette année contre 25.000 l'an dernier).
M Jans estime en outre que la situation des demandeurs d'asile dans les centre de rétention s'améliore, avec un nombre d'incidents et une criminalité en baisse, et une meilleure prise en charge médicale et psychologique.
La Suisse pourrait externaliser des procédures d'asile dans des pays tiers mais sous certaines conditions et dans le respect des droits fondamentaux, a affirmé samedi le ministre de la Justice et de la police, Beat Jans.
Sous réserve que les règles de l'Etat de droit et les droits fondamentaux soient respectés, il pourrait être "plus approprié" de mener des procédures d'asile dans des pays tiers pour éviter que "des personnes ne prennent le risque de se noyer en Méditerranée", souligne M. Jans, un des deux membres socialistes du gouvernement fédéral, dans un entretien diffusé samedi par l'hebdomadaire Schweiz am Wochenende.
Les fonctionnaires suisses seraient amenés à conduire les procédures de demande d'asile dans le pays tiers en collaboration avec...


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