Un véhicule calciné à Mesyaf, dans le centre de la Syrie, après une frappe israélienne, le 9 septembre 2024. LOUAI BESHARA/AFP
Dans la région habituellement paisible de Mesyaf, dans le centre de la Syrie, voitures calcinées, câbles électriques sectionnés et arbres encore fumants témoignent de la violence des frappes attribuées par les autorités syriennes à Israël, qui ont fait au moins 18 morts.
À l'entrée de la localité montagneuse, située à environ 220 kilomètres au nord de la capitale Damas, une pancarte métallique partiellement brûlée indique le nom de la ville. Les traces des frappes sont visibles sur la route menant à la localité bordée de montagnes et de forêts de pins, ont constaté les journalistes lors d'une tournée organisée par les autorités.
"Le nombre de martyrs de l'agression israélienne a atteint 18", a déclaré à l'AFP le ministre syrien de la Santé, Mohammad al-Ghabbach, lors de la tournée. Il a ajouté que 37 personnes avaient été blessées. Les autorités syriennes ont imputé ces frappes à Israël, qui n'a pas confirmé.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a pour sa part fait état de 26 morts dans "l'un des raids les plus violents" menés par l'aviation israélienne sur la Syrie. La route est gravement endommagée, tout comme les câbles des réseaux électriques et de télécommunications, que des ouvriers s'efforcent de réparer. Des voitures calcinées, parfois réduites à de simples carcasses métalliques, sont dispersées de part et d'autre de la route, où une pelleteuse jaune est renversée.
"Nous n'avons jamais entendu un tel bruit, c'était une explosion terrifiante. Mes enfants étaient paralysés par la peur", raconte à l'AFP Mohamed Akkari, 47 ans, qui était chez lui lorsque sa maison a tremblé vers 23h30 dimanche. "Ce que nous avons vu cette fois est complètement différent", témoigne Mohamed Chmeil, membre d'une équipe de pompiers âgé de 36 ans, alité à l'hôpital national de Mesyaf. "Ils ne font aucune distinction entre civils et militaires", accuse l'homme blessé à la jambe.
Développement d'armes
L'OSDH, basé au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays en guerre, a précisé que des sites militaires sensibles, dont "le centre de recherche scientifique de Mesyaf", avaient été visés. Des experts iraniens travaillent dans ce centre qui "développe des armes, notamment des missiles de précision et des drones", selon cette ONG.
"Vers 23H20 (20H20 GMT) dimanche, l'ennemi israélien a mené une agression aérienne depuis le nord-ouest du Liban, visant un certain nombre de sites militaires dans la région centrale", a indiqué l'agence de presse syrienne Sana, citant une source militaire.
Les raids israéliens en Syrie se sont intensifiés après le début de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, déclenchée par l'attaque du mouvement palestinien sur le sol israélien le 7 octobre. La Syrie a tenté de rester à l'écart des violences régionales, mais les raids israéliens visent fréquemment sur son sol des objectifs du Hezbollah libanais pro-iranien, qui échange des tirs avec l'armée israélienne depuis le sud du Liban.
Les autorités israéliennes commentent rarement ces opérations mais ont déclaré à plusieurs reprises qu'elles ne permettraient pas à l'Iran d'étendre sa présence en Syrie. En avril dernier, un raid imputé à Israël avait visé le consulat iranien à Damas, tuant de haut gradés iraniens et menaçant d'embraser la région. L'Iran avait riposté en menant une attaque inédite de drones et de missiles contre le territoire israélien. Les raids israéliens sur la Syrie avaient baissé en intensité depuis.
À l'entrée de la localité montagneuse, située à environ 220 kilomètres au nord de la capitale Damas, une pancarte métallique partiellement brûlée indique le nom de la ville. Les traces des frappes sont visibles sur la route menant à la localité bordée de montagnes et de forêts de pins, ont constaté les journalistes lors d'une tournée organisée par les autorités.
"Le nombre de martyrs de l'agression israélienne a atteint 18", a déclaré à l'AFP le ministre syrien de la Santé,...


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