L'ancien gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé à Beyrouth, le 15 mai 2017. Photo d'archives REUTERS/Mohamed Azakir
Voici les réactions conjointes de Me Zena Wakim et Me Etienne Arnaud, avocats au sein de la fondation suisse Accountability Now, une fondation suisse qui s’est fixée pour mission de lutter contre l’impunité des responsables libanais :
- Concernant les conséquences de l'arrestation de Riad Salamé sur les enquêtes qui le visent à l’étranger :
« Si un jugement est rendu au Liban sur les mêmes faits que ceux qui font l’objet d'enquêtes en Allemagne, en France, en Suisse, au Royaume-uni et dans de nombreux autres pays, le processus judiciaire dans ces pays s'en trouve ébranlé. Dans le cadre de cette hypothèse, l'arrestation de M. Salamé pourrait être une manière de le protéger, conformément au principe en droit du ‘ne bis in idem’ (nul ne peut être poursuivi ou puni pénalement (une seconde fois) à raison des mêmes faits, ndlr). »
- Concernant le timing de son arrestation :
« Il est vrai que le timing interroge parce que Riad Salamé est recherché sur la base d’une notice rouge d'Interpol depuis un an. Ce que nous savons, c'est que les enquêtes à l'étranger sont toujours très actives et continuent de s'étendre à un plus grand nombre de personnes appartenant au réseau Salamé, que ce soit des banquiers, des auditeurs ou d'autres politiciens libanais.
Le timing pourrait donc s'expliquer par une volonté d'éviter une expansion des enquêtes à l'étranger. Quoi qu'il en soit, le timing des actions au Liban est souvent dicté par des démarchages politiques accompagnés de mises en scène qui servent les scénarios des uns et des autres. »

