Le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski arrive devant le bureau du Premier ministre polonais à Varsovie, en Pologne, le 22 août 2024. Photo AFP / SERGEI GAPON
Le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski estime que Varsovie devrait avoir le droit d'abattre des missiles russes menaçant son territoire déjà au-dessus de l'Ukraine voisine, dans un entretien au Financial Times (FT) publié lundi.
Ces déclarations interviennent une semaine après qu'un « appareil volant » - probablement un drone russe d'origine iranienne Shahed - est entré sur le territoire de la Pologne, pays membre de l'OTAN et allié fidèle de Kiev, au moment des frappes russes massives en Ukraine voisine.
Perdu par les radars, le drone n'a toujours pas été retrouvé. Au moins deux autres cas de missiles russes entrant sur le territoire polonais ont été signalés par le passé par Varsovie.
Lundi, suite à une nouvelle vague de frappes massives russes contre l'Ukraine, l'armée de l'air polonaise a une nouvelle fois fait décoller ses avions.
« Être membre de l'OTAN ne supplante pas la responsabilité de chaque pays en matière de protection de son propre espace aérien - c'est notre devoir constitutionnel », a déclaré M. Sikorski au FT.
« Je suis personnellement d'avis que, lorsque des missiles hostiles sont sur le point de pénétrer dans notre espace aérien, il serait légitime de se défendre parce qu'une fois qu'ils ont pénétré dans notre espace aérien, le risque que des débris blessent quelqu'un devient important », a-t-il dit.
Selon M. Sikorski, Kiev est favorable à de telles opérations. « Les Ukrainiens nous ont dit +Vous êtes les bienvenus+ », a-t-il dit au FT.
Suite aux déclarations de M. Sikorski, un responsable de l'OTAN a déclaré lundi, sous le couvert de l'anonymat, que l'Alliance atlantique avait « la responsabilité d'empêcher que la guerre menée par la Russie ne s'aggrave encore ».
« L'OTAN n'est pas partie au conflit et ne deviendra pas partie au conflit », a-t-il dit. « Nous reconnaissons le droit de chaque pays allié à protéger son propre espace aérien, mais ce que les alliés font individuellement pour soutenir l'Ukraine peut également avoir une incidence sur l'OTAN dans son ensemble ».
Il a également souligné la nécessité de consultations entre les pays membres de l'Alliance.


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