Des manifestants brandissent des pancartes lors d'une manifestation anti-gouvernementale organisée par des militants de gauche israéliens à Tel-Aviv le 31 août 2024. Photo AFP / Jack GUEZ
La puissante centrale syndicale israélienne, la Histadrout, a décrété une « grève générale » pour lundi afin de forcer le gouvernement de Benjamin Netanyahu à parvenir à un accord pour la libération de la centaine d'otages toujours retenus par le Hamas à Gaza.
« Nous devons faire cesser cet abandon des otages (...) Demain à 06H00 (3H00 GMT), toute l'économie israélienne sera en grève générale », a lancé dimanche lors d'une conférence de presse le chef de la Histadrout, Arnon Bar-David. Quelques heures auparavant, l'armée avait annoncé avoir retrouvé les corps de six otages qui n'avaient jusqu'ici pas été annoncés morts, provoquant colère et stupeur dans le pays.
Cet appel à une grève générale avait été réclamé, notamment, par le chef de l'opposition israélienne Yaïr Lapid, et des familles d'otages.
Le 7 octobre, le mouvement islamiste palestinien Hamas avait lancé une attaque meurtrière en Israël qui a entraîné côté israélien la mort, au total, de 1.205 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles. Ses commandos avaient enlevé 251 personnes. Parmi elles, 97 sont toujours retenues à Gaza, dont 33 déclarées mortes par l'armée.
Le Forum des familles d'otages a appelé les Israéliens à manifester dimanche soir à Tel-Aviv pour réclamer « un blocage total du pays et l'application d'un accord de libération des otages ». « Cela fait onze mois que (les) otages sont négligés », martèle le collectif qui interpelle la Histadrout, la puissante centrale syndicale.
Restaurants, cinémas et municipalités
Le chef de l'opposition, Yaïr Lapid, a également appelé la Histadrout, « les municipalités et les employeurs à la « grève générale » sur sa page Facebook. « Ils étaient en vie », le Premier ministre israélien Benjamin « Netanyahu et son cabinet de la mort ont décidé de ne pas les sauver. Il reste des otages vivants, on peut encore faire un accord », a ajouté M. Lapid. Il faisait référence à un vote jeudi du cabinet entérinant le maintien d'une présence militaire israélienne dans le corridor de Philadelphie, entre le sud de l'enclave palestinienne et l'Egypte. Cette présence militaire est une condition posée à un accord de cessez-le-feu et que le Hamas et l'Egypte rejettent en bloc.
Le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a réclamé dimanche « une réunion immédiate du cabinet pour revenir sur cette décision ». « Il est trop tard pour les otages abattus de sang-froid, il faut que nous ramenions les otages encore aux mains du Hamas », a-t-il poursuivi. La chaîne de cinémas Lev a annoncé dimanche fermer ses salles en « soutien » aux familles des otages. Plusieurs chaînes de restaurants ont également annoncé fermer leurs portes dimanche soir. La municipalité de Tel-Aviv fermera également une demi-journée.
Une balle dans la tête
Les six otages auraient tous été tués d’une balle dans la tête, selon les autopsies, rapporte le Haaretz citant une source. « Il ne fait aucun doute qu'ils sont morts des suites de ces tirs », a indiqué cette source. Selon elle, l’état physique des otages était fragile, mais rien n'indiquait une émaciation extrême ou une famine, et aucun signe de traumatisme physique n’a été trouvé sur les corps. Pour elle, s'ils n'avaient pas été abattus, ils auraient survécu.
Dimanche matin, le porte-parole de l’armée israélienne, Daniel Hagari, a en outre déclaré que, selon les premières indications, « les six otages ont été tués par des terroristes du Hamas peu de temps avant que l'armée israélienne ne puisse les atteindre ». Il a également affirmé que les corps avaient été localisés dans un tunnel à Rafah, à environ un kilomètre de l'endroit où l'otage Kaëd Farhan al-Qadi a été trouvé et sauvé vivant la semaine dernière.
De son côté, un cadre du Hamas a affirmé à l'AFP que « certains » des six otages dont les dépouilles ont été retrouvées samedi par l'armée israélienne, « faisaient partie de la liste des otages à libérer que le Hamas avait approuvée ». Des médias israéliens assurent que Hersh Goldberg-Polin, et les deux Israéliennes Carmel Gat et Eden Yerushalmi, figuraient sur une liste d'otages à libérer au cours de la première phase d'un accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Un communiqué d'un membre de son bureau politique, Ezzat Richq, a estimé que la responsabilité de la mort de ces otages incombe à Israël « qui continue de mener une guerre d'extermination et à empêcher un accord de cessez-le-feu », et à « l'administration américaine, qui soutient et est partenaire » de l'offensive israélienne sur la bande de Gaza. « Les prisonniers dont les corps ont été retrouvés dans la bande de Gaza ont été tués par des bombardements sionistes », a-t-il ajouté.
« Libération inconditionnelle »
La communauté internationale a également réagi à l'annonce de la découverte des corps.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réitéré la nécessité d'une « libération inconditionnelle » des otages et de mettre fin à la guerre. « Je n'oublierai jamais ma rencontre en octobre dernier avec les parents de Hersh Goldberg-Polin et d'autres familles. La nouvelle tragique d'aujourd'hui est un rappel dévastateur de la nécessité d'une libération inconditionnelle de tous les otages et de mettre fin au cauchemar de la guerre à Gaza, » a-t-il écrit sur X.
Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, s'est, lui, dit « horrifié par le meurtre de six otages israéliens du Hamas ». « Ces jeunes hommes et femmes innocents auraient dû être mis en sécurité depuis longtemps et retrouver leurs proches. Nous sommes aux côtés de tous les otages », a déclaré M. Borrell sur X. « Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour mettre fin à cette tragédie et ramener tous les otages chez eux », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre britannique Starmer s'est dit « choqué » par un « meurtre insensé ». « Le Hamas doit libérer tous les otages maintenant, et un accord de cessez-le-feu doit être convenu par toutes les parties immédiatement pour mettre fin à la souffrance. », a-t-il déclaré.
Les représailles israéliennes à Gaza ont fait au moins 40.691 morts, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, en majorité des femmes et des mineurs selon l'ONU.


Ce n'est pas une grève qui changera la donne : Netanyahell est déterminé à continuer la guerre pour ne pas finir en prison. Mais le peuple israélien est la "seule démocratie du Moyen-Orient", n'est-ce pas? Donc c'est lui qui a décidé du pouvoir : on a les élus qu'on mérite!
19 h 40, le 01 septembre 2024