Le chef du CPL lors d'un dîner dans le Koura, au Liban-Nord, le 27 août 2024. Photo fournie par le bureau de presse du CPL
Le chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, a réitéré mardi soir la position de son parti concernant l'ouverture, le 8 octobre 2023 par le Hezbollah, d'un front de « soutien » à Gaza, regrettant que depuis cette date « le Liban vit dans la peur des frappes ».
« Le CPL a eu le courage, dès le 7 octobre, de demander que le Liban ne soit pas lié à d'autres fronts et à des considérations internationales », a lancé M. Bassil lors d'un dîner partisan dans le Koura, au Liban-Nord. « Le Liban vit depuis cette date dans la peur des frappes et malheureusement, cela a eu un impact sur l'arrivée des expatriés en août », a-t-il souligné. Si aucun chiffre concernant les arrivées de touristes au Liban en août n’a été publié, les dernières données disponibles du ministère du Tourisme et qui englobent le premier semestre montrent que le nombre de visiteurs a baissé de 16,1 % comparé à la même période en 2023, pour atteindre 630 075 personnes. Ce total reste, malgré la guerre, 10,4 % plus élevés que celui enregistré lors du 1er semestre 2022, fait remarquer le bulletin hebdomadaire de la Byblos Bank, Lebanon this week, qui a compilé ces données. Les visiteurs qui viennent au Liban sont composés d’expatriés libanais binationaux entrant sur le territoire avec un passeport étranger et seul un croisement entre les données de la Sûreté générale et celles du ministère du tourisme permettrait de connaître la proportion de touristes étrangers dans ce total.
Gebran Bassil a encore estimé que les Libanais « ont le droit de se demander pourquoi cette guerre est menée » au Liban-Sud et « quel est l'intérêt de lier le destin du Liban à celui d'autres pays ».
« L'Iran, la Syrie et l'Irak ne sont pas entrés en guerre contre Israël. Alors pourquoi le Liban seul devrait-il mener une telle guerre ? », a ajouté le député de Batroun, assurant toutefois qu'il n'entend pas « abandonner la cause palestinienne ». Cependant, pour soutenir cette cause et Gaza, le Liban doit « être fort ». « Quel intérêt servons-nous alors que le pays est sans président, sans gouvernement, sans économie et accueille deux millions de déplacés syriens ? », a-t-il ajouté.
Le chiffre de deux millions de migrants syriens au Liban est régulièrement évoqué par les autorités. Parmi ceux là, 815 000 sont enregistrés auprès du Haut-Commissariat de l'ONU.

