Des fermiers en pleine récolte au Liban-nord. Photo João Sousa
Afin de lutter contre la contrebande et la fraude dans l'industrie laitière, le ministère de l'Agriculture a annoncé lundi entamer une enquête complète sur les élevages de vaches, les fromageries et les usines de production laitière dans la Békaa-nord (Baalbeck-Hermel).
Le ministère précise dans un communiqué que l'enquête sera menée « en coordination avec le commandement de l'armée et les équipes techniques affiliées au ministère et exerçant dans le département agricole de Baalbeck-Hermel ».
Les zones couvertes par l'enquête comprennent « la ville d'al-Qaa, al-Machari, Houch al-Sayyed Ali et al-Qasr, jusqu'à la ville de Hermel ».
L'objectif de cette campagne est de « préserver le bétail, protéger les agriculteurs et les éleveurs libanais, et assurer la sécurité alimentaire et la santé publique pour tous les citoyens libanais », écrit le ministère.
Le texte souligne également les efforts officiels de lutte contre la contrebande de fruits et légumes, qui visent à préserver la production agricole nationale et le secteur dans son ensemble. Les agriculteurs, les producteurs et les propriétaires d'usines de toute la région ont été invités à coopérer pleinement avec les équipes d'inspection.
Le 25 juillet, le ministère avait déjà mis en garde contre « le danger de la multiplication des opérations de contrebande à grande échelle par lesquelles des produits agricoles et du lait frais sont introduits au Liban ».
Aucun détail n'a été donné sur la provenance de ces produits ni sur d’éventuelles indications d'une augmentation de la contrebande par voie terrestre, sachant qu'elle ne peut provenir que de la Syrie voisine, le seul pays avec lequel le Liban partage des frontières ouvertes.
Ces frontières sont notoirement poreuses et la contrebande sévit depuis de nombreuses années, en particulier depuis le début de la crise économique au Liban en 2019.
Selon une étude de cas réalisée en 2020 par l'Institut Issam Farès de l'Université américaine de Beyrouth (AUB), le secteur agricole libanais crée des emplois informels, en particulier pour les réfugiés syriens. Une évaluation réalisée en 2012 a révélé que 20 % des familles syriennes travaillaient dans l'agriculture, et ce chiffre a probablement augmenté. Cependant, le secteur agricole fonctionne dans un état « légalement informel », sans politiques sectorielles spécifiques, depuis l'ère du président libanais Fouad Chehab, dans les années 60.


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