Le ministre libanais des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib et son homologue égyptien Badr Abdelatty lors d'une conférence de presse à Beyrouth le 16 août 2024. Photo ANWAR AMRO / AFP
Le ministre des Affaires étrangères égyptien a affirmé vendredi à Beyrouth qu'un cessez-le-feu à Gaza était la « clé » pour éviter que la région ne bascule dans « une guerre totale », au moment où des pourparlers à cet effet se tiennent à Doha.
L'Egypte et les deux autres médiateurs --Qatar et Etats-Unis-- ont contribué à la reprise jeudi du nouveau cycle de discussions entre Israël et le Hamas palestinien, alors que les craintes d'un embrasement régionale s'amplifient.
L'Egypte « met tout en œuvre pour parvenir rapidement à un accord conduisant à un cessez-le-feu immédiat, qui mette fin au meurtre de civils et conduise à l'échange des prisonniers et des otages », a déclaré Badr Abdelatty à l'issue de sa rencontre avec son homologue libanais, Abdallah Bou Habib.
« C'est la clé du début d'une solution dans cette région, du début de la réduction de l'escalade », pour « empêcher que la région ne glisse » vers une guerre totale, a-t-il ajouté.
Le ministre, qui s'est notamment entretenu avec le chef du gouvernement et celui du Parlement, a dit espérer voir « de la bonne foi et une volonté politique pour parvenir à cet accord urgent ».
M. Abdelatty a ajouté que son pays n'hésiterait pas à « déployer tous les efforts possibles pour épargner au Liban le fléau d'une escalade non calculée ».
Depuis quelques jours, Beyrouth est au centre d'un intense mouvement diplomatique, amorcé mercredi par l'envoyé américain Amos Hochstein et poursuivi jeudi par le chef de la diplomatie française Stéphane Séjourné, visant à apaiser les tensions entre l'Iran et le Hezbollah d'une part, et Israël de l'autre.
L'Iran et ses alliés régionaux menacent Israël de représailles depuis l'assassinat, fin juillet, du chef du Hamas, imputé à Israël, et celui, la veille, du chef militaire du Hezbollah dans une frappe israélienne près de Beyrouth.
Depuis, les inquiétudes montent quant à une extension du conflit entre le Hezbollah et Israël, qui échangent quasi quotidiennement des tirs transfrontaliers.
Ces violences ont fait au moins 570 morts au Liban, majoritairement des combattants du Hezbollah et au moins 118 civils, selon un décompte de l'AFP. En Israël et sur le plateau du Golan occupé, 22 militaires et 26 civils ont été tués, d'après les autorités.


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