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Dernières Infos - Fête De L’Armée

Multiples messages de soutien à l’armée libanaise, « garante de l’unité »

L’institution militaire célèbre sa fête en cette journée du 1er août dans des circonstances sécuritaires et politiques extrêmement perturbées.

Multiples messages de soutien à l’armée libanaise, « garante de l’unité »

Nouvelles recrues de l'armée libanaise lors d'une parade militaire, le 22 juin 2023. Les recrues ont posé problème en 2024 dans un contexte de vacance présidentielle. Photo Twitter @LebarmyOfficial

En ce jeudi 1er août, l’armée libanaise commémore le 79e anniversaire de sa fondation, sans aucune célébration particulière, alors que le pays traverse une des périodes les plus troublées de son histoire.

Au niveau sécuritaire, le conflit entre le Hezbollah et Israël est à son paroxysme après la frappe israélienne sur la banlieue-sud mardi, qui a tué un haut responsable militaire de la formation chiite. Le Liban-Sud, lui, s’est embrasé depuis le 8 octobre dernier et, malgré les demandes de l’opposition pour un déploiement de la troupe sur tout le territoire national, il reste en proie à un conflit sanglant qui risque de s'étendre.

Sur un plan politique, le recrutement de nouveaux officiers s’est heurté à un différend de longue date entre le ministre de la Défense Maurice Slim, nommé par le bloc de l’ancien président Michel Aoun, et le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun.

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Par ailleurs, la vacance présidentielle, qui dure depuis la fin du mandat Aoun en octobre 2022, jette une ombre sur l’institution militaire : en effet, son chef devait prendre sa retraite en janvier dernier, mais son mandat a été prorogé d’un an. Le problème se posera à nouveau en janvier prochain au cas où un président de la République, dont la signature est exigée pour la nomination d’un nouveau commandant, n’est pas élu.

Les piques de l’opposition

Dans cette situation trouble à tous les niveaux, les messages de solidarité et de soutien à l’armée se sont multipliés en ce 1er août, mettant principalement en avant le fait que cette institution reste celle qui fait l’unanimité des Libanais.

Du côté des ministres sortant du gouvernement de Nagib Mikati, plusieurs ont publié des messages de soutien. Le ministre de l’Intérieur Bassam Maoulaoui a ainsi estimé que « l’armée est le rempart de la nation et le symbole de la légalité ».

Le ministre de l'Industrie Georges Bouchikian a souligné que « les Libanais font confiance aux courageux membres de l’armée, sous le commandement du général Joseph Aoun qui mène le vaisseau avec patriotisme, courage et sagesse ». 

Pour les opposants au Hezbollah et à la guerre au Liban-Sud, les messages à l’armée sont une occasion pour lancer des messages politiques contre la formation pro-iranienne. Le chef du parti Kataëb, le député Samy Gemayel, a écrit sur son compte X : « Vous avez toute notre confiance, vous seuls pouvez protéger la terre, garder les frontières et faire face aux agressions ».

« Il est vrai que la célébration du 1er août est en sursis, mais celle-ci reviendra certainement parce que les cœurs des Libanais ne battent que pour l’armée, et les esprits ne sont convaincus que par elle, après avoir fait l’expérience des alternatives factices et meurtrières », a écrit Ghayyath Yazbeck, député des Forces libanaises (FL).  

Le député Michel Moawad, qui a été le candidat de l’opposition à la présidentielle, a assuré que « sans unité, il n'y a pas d’État, pas de sécurité, pas de stabilité, pas de prospérité, sans que le monopole des armes ne soit aux mains de l’armée et des institutions sécuritaires officielles, et sans le retour des décisions stratégiques à l’État ».  

Du côté des députés du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Ibrahim Kanaan a fait référence aux difficultés sociales rencontrées par les militaires depuis le début de la crise socio-économique en 2019, avec la dévaluation de leur salaire, estimant qu’ils remplissent leur devoir en toute abnégation « en rêvant de retrouver leurs droits, et de voir l’État récupérer sa souveraineté et son prestige ». Son collègue du même bloc, Simon Abi Ramia, a estimé que même si la compétition en politique est légitime, l’armée reste « le rassembleur et le garant de l’unité nationale ».

Le chef du CPL, Gebran Bassil, a pour sa part publié sur le réseau X une photo de l'ancien chef de l’État Michel Aoun en habit militaire, du temps où il était commandant-en-chef de l'armée. La photo, qui est accompagnée de la légende « Nous continuerons d'être le parti de l'armée », occulte l'actuel commandant-en-chef de la troupe, le général Joseph Aoun, avec lequel M. Bassil n'est pas en bons termes, notamment du fait que le nom du général Joseph Aoun a été proposé comme une solution de compromis à la crise présidentielle.

Le chef des Marada, Sleiman Frangié, candidat du tandem chiite Amal-Hezbollah à la présidentielle, a écrit sur X : «L’armée libanaise reste le garant de l’unité nationale ».

Pour sa part, le député Ahmad Kheir, du bloc de la Modération nationale (majoritairement sunnite), a exprimé «toute sa confiance dans notre armée nationale, garante de la protection du Liban et de sa défense contre les dangers, et tout le soutien à son commandement et ses soldats où qu’ils soient, notamment au Liban-Sud».

Un message a également été adressé à la troupe par le directeur général par interim de la Sûreté générale, Elias Baïssari, qui a rendu hommage à l’action des militaires « faisant face à tous les défis et assumant la responsabilité de préserver la sécurité et de contrer l’ennemi ».

Par ailleurs, à l’occasion de la fête de l’armée, l’ambassade américaine à Beyrouth a écrit sur X que « les États-Unis sont fiers de soutenir les forces armées libanaises, qui jouent un rôle-clé dans la stabilité et la sécurité du Liban ». 

En ce jeudi 1er août, l’armée libanaise commémore le 79e anniversaire de sa fondation, sans aucune célébration particulière, alors que le pays traverse une des périodes les plus troublées de son histoire.Au niveau sécuritaire, le conflit entre le Hezbollah et Israël est à son paroxysme après la frappe israélienne sur la banlieue-sud mardi, qui a tué un haut responsable militaire de la formation chiite. Le Liban-Sud, lui, s’est embrasé depuis le 8 octobre dernier et, malgré les demandes de l’opposition pour un déploiement de la troupe sur tout le territoire national, il reste en proie à un conflit sanglant qui risque de s'étendre. Sur un plan politique, le recrutement de nouveaux officiers s’est heurté à un différend de longue date entre le ministre de la Défense Maurice Slim, nommé par le...