Le drapeau qatari. (Crédit : AFP file)
Le Qatar a condamné mercredi l' »assassinat » du chef du Hamas, Ismaïl Haniyé, dans une frappe à Téhéran attribuée à Israël, et s'est interrogé sur l'opportunité de poursuivre sa médiation en vue d'une trêve dans la guerre à Gaza entre Israël et le mouvement islamiste palestinien.
Le Qatar, où Ismaïl Haniyé vivait en exil, a dénoncé « un crime odieux » qui constitue « une violation flagrante du droit international et du droit humanitaire », selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Le Qatar, l'Egypte et les Etats-Unis sont impliqués depuis des mois dans des pourparlers visant à obtenir un cessez-le-feu à Gaza, le riche pays gazier jouant le rôle d'interlocuteur clé du Hamas.
Le Premier ministre du Qatar, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, s'est interrogé sur l'opportunité même de poursuivre la médiation.
« Les assassinats politiques et le fait que des civils continuent d'être pris pour cible à Gaza (...) nous amènent à nous demander comment une médiation peut réussir lorsqu'une partie assassine le négociateur de l'autre partie », a-t-il écrit sur X.
« La paix a besoin de partenaires sérieux », a-t-il dit, alors que les négociations sur une trêve à Gaza piétinent.
Pour le ministère des Affaires étrangères du Qatar, « cet assassinat et le comportement imprudent d'Israël, qui ne cesse de prendre pour cible des civils à Gaza, provoqueront le chaos dans la région et compromettront les chances de paix ».
Il a réaffirmé « la position ferme de l'Etat du Qatar, qui rejette la violence, le terrorisme et les actes criminels, y compris les assassinats politiques, quels qu'en soient les motifs et les raisons ».
Plus tard dans la journée, le ministère a indiqué dans un communiqué que cheikh Mohammed avait reçu un appel téléphonique du secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken.
Le responsable américain a souligné, selon ce communiqué, « l'importance de continuer à travailler pour arriver à un cessez-le-feu à Gaza ».
Le Qatar accueille le bureau politique du Hamas depuis 2012, suite à la fermeture par le mouvement de son bureau à Damas.
Des médias iraniens ont déclaré que la frappe qui a tué le chef du Hamas avait visé « les résidences spéciales pour les vétérans de guerre dans le nord de Téhéran » où il se trouvait.
Ismaïl Haniyeh s'était rendu à Téhéran pour assister à la cérémonie d'investiture du président Massoud Pezeshkian.

