Une photo d'archives montrant une vue de la vieille ville de Sanaa, la capitale du Yémen, avec ses bâtiments classés par l'UNESCO, le 24 février 2023. Photo AFP/MOHAMMED HUWAIS
Le gouvernement et les rebelles houthis au Yémen ont conclu un accord pour apaiser les tensions, ont déclaré mardi les Nations unies alors que les protagonistes s'affrontent pour le contrôle des banques du pays.
Les houthis, soutenus par l'Iran, sont en guerre depuis 2014 contre le pouvoir appuyé par l'Arabie saoudite, après s'être emparés de la capitale Sanaa et de vastes régions du pays, ce qui poussé le gouvernement internationalement reconnu à se réfugier à Aden (sud).
En décembre, les deux parties se sont engagées à respecter une feuille de route élaborée sous l'égide de l'ONU en travaillant à la « reprise d'un processus politique inclusif ».
Mais les attaques des houthis contre des navires présentés comme liés à Israël au large du Yémen en « soutien » aux Palestiniens dans la guerre à Gaza et les représailles américaines et britanniques, ont mis en suspens les pourparlers de paix.
Lundi, les parties ont informé Hans Grundberg, l'émissaire de l'ONU au Yémen, qu'elles « s'étaient mises d'accord sur plusieurs mesures de désescalade », selon un communiqué de son bureau.
Elles organiseront « des réunions pour discuter des questions économiques et humanitaires sur la base de la feuille de route (de l'ONU) », d'après le texte qui souligne « la nécessité pour les parties de collaborer en faveur d'une économie qui profite à tous les Yéménites et favorise la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu à l'échelle nationale ».
L'émissaire a remercié l'Arabie saoudite pour son « rôle important » dans l'obtention de l'accord qui prévoit l' »annulation de toutes les décisions et procédures récentes prises par les deux parties à l'encontre des banques et l'arrêt à l'avenir de toute décision ou procédure similaire ».
En mai, la banque centrale contrôlée par le gouvernement a interdit les transactions avec six banques de Sanaa, parce qu'elles n'avaient pas respecté l'ordre de se réinstaller à Aden.
Les rebelles, qui gèrent leur propre banque centrale et utilisent des billets différents avec des taux de change différents, ont vu dans cette décision une « tentative déguisée » des Etats-Unis et de l'Arabie saoudite de mettre sous pression leur système bancaire.
Ils ont riposté en interdisant les transactions avec 13 banques à Aden, coupant les habitants du nord des banques installées dans le sud.
Le communiqué de l'ONU indique que les deux parties ont également accepté de régler les différends concernant Yemenia, la compagnie aérienne nationale qui accuse les houthis de geler ses fonds dans les banques de Sanaa.
Les vols de la Yemenia reprendront entre Sanaa et la Jordanie, à raison de trois par jour, selon l'accord. Elle assurera également des vols vers le Caire et l'Inde.
S'exprimant mardi devant le Conseil de sécurité de l'ONU, M. Grundberg a qualifié l'accord d'étape « bienvenue ».
Malgré l'expiration en 2022 d'une trêve de six mois, les violences ont nettement baissé d'intensité au Yémen.
Mais « nous risquons un retour à une guerre à grande échelle », a mis en garde l'envoyé de l'ONU.


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