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Dernières Infos - Guerre D'ukraine

Le chef de la diplomatie ukrainienne en Chine pour un dialogue "direct" sur la paix

Des touristes chinois passent devant l'université d'État de Moscou au point d'observation des collines Vorobyovy à Moscou, le 15 juillet 2024. Photo AFP/ALEXANDER NEMENOV

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba est arrivé mardi en Chine, influent allié de la Russie, pour une visite inédite destinée à établir à un « dialogue direct » sur les moyens de mettre fin à la guerre.

Malgré ses liens économiques, diplomatiques et militaires étroits avec Moscou, encore renforcés depuis l'invasion russe lancée en février 2022, Pékin se voit en médiateur dans le conflit.

« Des discussions approfondies, détaillées et substantielles sont prévues avec mon homologue chinois, Wang Yi, sur les moyens de parvenir à une paix juste », a écrit sur Instagram le diplomate ukrainien mardi.

« Nous devons éviter la concurrence entre les plans de paix. Il est très important que Kiev et Pékin s'engagent dans un dialogue direct et dans un échange sur leurs positions », a ajouté M. Kouleba.

Sa visite est la première en Chine d'un responsable ukrainien de ce niveau depuis que Vladimir Poutine a déclenché son invasion.

Pékin se présente comme un interlocuteur mesurée en comparaison des Occidentaux, accusés de « jeter de l'huile sur le feu » en livrant des armes à l'Ukraine.

La Chine est elle accusée de soutenir économiquement la Russie ainsi que son industrie militaire.

Le venue de M. Kouleba intervient toutefois une semaine après que le président ukrainien Volodymyr Zelensky eut ouvert la porte à des pourparlers avec la Russie, en se disant favorable à la présence de Moscou à un futur sommet de paix.

Un premier avait été organisé mi-juin en Suisse, avec plusieurs dizaines de pays représentés. Mais la Russie n'avait pas été conviée et la Chine avait donc décidé de ne pas y participer, estimant qu'il n'avait aucune chance d'aboutir à des avancées.

Les derniers pourparlers impliquant les deux camps avaient échoué au début du printemps 2022.

« Cessez-le-feu rapide » 

Interrogée mardi sur la venue de M. Kouleba, une porte-parole de la diplomatie chinoise, Mao Ning, a indiqué que les échanges porteront notamment sur « la coopération sino-ukrainienne et d'autres questions d'intérêt commun ».

« La Chine est toujours convaincue qu'un cessez-le-feu rapide et la recherche d'une solution politique sont dans l'intérêt commun de toutes les parties », a-t-elle indiqué lors d'un point presse régulier.

La Chine, qui partage avec la Russie la volonté de constituer un contrepoids aux Etats-Unis, n'a jamais condamné l'invasion russe et accuse l'OTAN de négliger les préoccupations de Moscou.

Le géant asiatique a néanmoins aussi appelé l'an passé, dans un document sur la guerre, au respect de l'intégrité territoriale de tous les Etats -- donc de l'Ukraine.

Début juillet, le président chinois Xi Jinping avait appelé la communauté internationale à « créer les conditions » pour un « dialogue direct » Kiev-Moscou.

L'émissaire chinois pour la question ukrainienne, Li Hui, ex-ambassadeur à Moscou, a effectué plusieurs tournées diplomatiques qui l'ont conduit à Bruxelles, en Russie, en Ukraine ou encore au Moyen-Orient.

La Chine plaide régulièrement pour l'arrêt des combats. Une position controversée car elle reviendrait à permettre à la Russie de consolider ses gains territoriaux.

Sanctions occidentales 

Pour Kiev, quel rôle peut jouer Pékin ?

Dmytro Kouleba pourrait vouloir tenter de « convaincre la Chine qu'elle devrait participer à un second sommet de la paix », indique à l'AFP Alexander Gabuev, directeur du Centre Carnegie Russie Eurasie, centre de réflexion basé à Berlin et banni en Russie.

La Chine avait posé ses conditions: un sommet doit selon elle « permettre la participation égale de toutes les parties » et une « discussion juste de tous les plans de paix » - y compris donc de la position russe, ce que Kiev refuse.

Car le plan de Vladimir Poutine implique de facto une capitulation de l'Ukraine. Comme préalable à l'arrêt des hostilités, il réclame quatre régions ukrainiennes, en plus de la Crimée annexée en 2014, et que l'Ukraine renonce à intégrer l'OTAN.

Cette visite sera scrutée aussi par Américains et Européens. Car la Chine offre à la Russie, visée par d'importantes sanctions occidentales, un soutien économique crucial.

Il est régulièrement dénoncé par les Occidentaux, qui accusent notamment des entreprises chinoises de vendre des produits « à double usage » (civil et militaire) nécessaires pour maintenir à flot la production militaire russe.

Pékin dément mais les Occidentaux sanctionnent des compagnies chinoises accusées d'aider Moscou.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba est arrivé mardi en Chine, influent allié de la Russie, pour une visite inédite destinée à établir à un « dialogue direct » sur les moyens de mettre fin à la guerre.Malgré ses liens économiques, diplomatiques et militaires étroits avec Moscou, encore renforcés depuis l'invasion russe lancée en février 2022, Pékin se voit en médiateur dans le conflit.« Des discussions approfondies, détaillées et substantielles sont prévues avec mon homologue chinois, Wang Yi, sur les moyens de parvenir à une paix juste », a écrit sur Instagram le diplomate ukrainien mardi.« Nous devons éviter la concurrence entre les plans de paix. Il est très important que Kiev et Pékin s'engagent dans un dialogue direct et dans un échange sur leurs positions...