La ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse Nicole Belloubet, le ministre délégué aux Collectivités territoriales et à la Ruralité Dominique Faure posent pour une photo de groupe après le conseil des ministres hebdomadaire au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 16 juillet 2024. AFP/ Ludovic MARIN
Le gouvernement français va démissionner mardi soir après l'échec du Premier ministre Gabriel Attal à obtenir une majorité pour le camp présidentiel aux législatives, mais restera en charge des affaires courantes pendant "quelques semaines", vraisemblablement jusqu'à la fin de la période sensible des Jeux olympiques organisés en France du 26 juillet au 11 août.
Autour du président français Emmanuel Macron, le gouvernement a tenu en fin de matinée à l'Elysée son premier Conseil des ministres depuis les élections législatives anticipées, convoquées par le chef de l'Etat après l'échec cuisant de son parti aux élections européennes début juin. Aux législatives, la coalition de gauche du Nouveau Front populaire (NFP) a décroché le plus grand nombre de sièges mais elle n'a pas obtenu de majorité absolue à l'Assemblée nationale, désormais divisée en trois blocs: le NFP (190 à 195 sièges), suivie par le camp présidentiel de centre droit (autour de 160 sièges), et l'extrême droite et ses alliés (143 sièges). M. Macron a laissé entendre mardi en Conseil des ministres que cette situation de gouvernement démissionnaire - et donc avec un rôle politique limité a minima - pourrait "durer un certain temps", "quelques semaines", vraisemblablement jusqu'à la fin des JO au moins, selon les participants interrogés par l'AFP.
Cette nouvelle configuration permettrait d'assurer "au nom de la continuité, le fonctionnement minimal de l'Etat" français, explique une note du secrétariat général du gouvernement (SGG) datée du 2 juillet. Mardi, M. Macron a remercié les ministres. Gabriel Attal a quant à lui parlé de sa "reconnaissance" pour les membres du gouvernement et pour le chef de l'Etat, de sa "passion pour la France" et de son "devoir", "y compris dans la période particulière que nous traversons", a rapporté un ministre. "Il n'y a eu ni tensions ni effusions", a expliqué un autre participant, malgré les divergences désormais flagrantes entre les deux têtes de l'exécutif depuis la dissolution de l'Assemblée et les législatives anticipées. Cette démission permettra notamment aux membres du gouvernement élus députés de retrouver leur mandat parlementaire pour participer à l'élection à la présidence de l'Assemblée nationale jeudi, un poste hautement stratégique surnommé le perchoir pour lequel les tractations vont bon train.
La gauche divisée
Cette période transitoire offre également un peu de temps aux différentes formations politiques pour tenter de bâtir des compromis et faire émerger des alliances. Le camp présidentiel tente de bâtir une majorité alternative à la gauche: à nouveau, les regards se tournent vers le parti de droite Les Républicains et leur quarantaine de députés. Emmanuel Macron a estimé mardi en Conseil des ministres que son camp devait "mettre une proposition sur la table en vue d'une coalition majoritaire ou d'un large pacte législatif", a rapporté un participant. A gauche, les discussions pour soumettre un candidat au poste de Premier ministre ne cessent de se tendre, le leader de La France insoumise (LFI - gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon ayant refusé de les poursuivre tant qu'un candidat commun pour le perchoir n'a pas été trouvé. Socialistes, communistes et écologistes sont revenus à la charge lundi soir en suggérant pour Matignon la spécialiste du climat Laurence Tubiana, 73 ans, qui se définit comme "femme de gauche et écologiste".
Mais cette option a été balayée par LFI, le coordinateur du mouvement Manuel Bompard considérant la proposition "pas sérieuse". Au coeur du flou politique, une chose est certaine pour le futur gouvernement français: il récupérera des finances publiques dans le rouge. Dans un épais rapport présenté lundi, la Cour des comptes dresse un bilan préoccupant, alors que la dette de la France s'est creusée à presque 3.160 milliards d'euros à fin mars (soit près de 111% du PIB, contre 60% selon les critères européens). La nécessité de réduire cette dette est un "impératif" qui "doit être partagé" par toutes les forces politiques, a averti le président de la Cour des comptes Pierre Moscovici.
Le gouvernement français va démissionner mardi soir après l'échec du Premier ministre Gabriel Attal à obtenir une majorité pour le camp présidentiel aux législatives, mais restera en charge des affaires courantes pendant "quelques semaines", vraisemblablement jusqu'à la fin de la période sensible des Jeux olympiques organisés en France du 26 juillet au 11 août.
Autour du président français Emmanuel Macron, le gouvernement a tenu en fin de matinée à l'Elysée son premier Conseil des ministres depuis les élections législatives anticipées, convoquées par le chef de l'Etat après l'échec cuisant de son parti aux élections européennes début juin. Aux législatives, la coalition de gauche du Nouveau Front populaire (NFP) a décroché le plus grand nombre de sièges mais elle...


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