Une délégation du bureau des Kataëb de Zahlé lors d'une rencontre avec Samy Gemayel, le 16 juillet 2024 à Bikfaya. Photo Ani
Le chef du parti Kataëb, Samy Gemayel, a appelé lundi « à fermer le front du Liban-Sud », où le Hezbollah se livre à des échanges de tirs quasi quotidiens avec Israël depuis octobre dernier. Il a par ailleurs dénoncé la « mainmise » du parti chiite sur le pays, critiquant le fait que les pourparlers pour un cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël ne prennent pas en compte l'avis de la population libanaise.
« Le plus important est de fermer le front du Liban-Sud pour pouvoir nous occuper de notre pays, de notre économie, de nos hôpitaux et du secteur de l'éducation », a déclaré Samy Gemayel, tout en estimant que le Liban « a été transformé en front de confrontation permanente ». « Dès que la guerre sera terminée et quels qu'en soient les résultats, il faudra appeler à une séance de concertation franche entre les Libanais pour régler les problèmes sans occire personne ou provoquer des guerres », a-t-il souligné, lors d'une rencontre à Bikfaya avec le bureau des Kataëb de Zahlé.
« Nous refusons que les pourparlers au sujet de l'arrêt des hostilités se déroulent uniquement entre le Hezbollah et Israël, sans que l'on prenne en compte l'avis du peuple libanais », a poursuivi M. Gemayel. Il a par ailleurs réitéré sa volonté que soit appliquée la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée en 2004 et qui prévoit le désarmement des milices au Liban, estimant que la résolution 1701, adoptée pour mettre un terme à la guerre de juillet 2006, « ne suffit pas ». Ce texte prévoit que seules l’armée libanaise et la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) doivent être déployés dans le Sud à l’exclusion des forces israéliennes et des milices, dont celle du Hezbollah. Jusqu'à présent, la position officielle libanaise a été de pousser pour la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité pour une résolution des tensions entre le parti chiite et Israël.
Le leader des Kataëb a également abordé la question de l'indemnisation des civils affectés par le conflit au Liban-Sud. « Nous ne sommes pas contre le fait d'indemniser les victimes du Liban-Sud, à condition qu'il en soit de même pour les martyrs de la résistance libanaise (des Kataëb, durant la guerre civile 1975-1990) », a-t-il dit.
Concernant le dossier de la présidentielle, Samy Gemayel a accusé le Hezbollah d'entraver le déroulement de cette échéance. « Le Hezbollah est en train d'empêcher l'élection d'un président de la République en sapant le quorum lors des réunions du Parlement et en demandant (au chef du Parlement) Nabih Berry de ne pas appeler à des séances électorales », a dénoncé M. Gemayel. Il a en outre accusé le parti chiite « d'insister à imposer un président pour garder sa mainmise sur le pays ».

