Des partisans de l'ancien premier ministre pakistanais et leader du parti Pakistan Tehreek-e-Insaaf (PTI), Imran Khan, célébrant le verdict d'un tribunal qui a annulé sa condamnation pour mariage illégal, devant le bâtiment du tribunal à Islamabad, le 13 juillet 2024. AFP/ AAMIR QURESHI
Le gouvernement pakistanais va demander l'interdiction du parti politique de l'ancien Premier ministre détenu Imran Khan, a déclaré lundi le ministre de l'Information après une série de décisions de justice favorables à l'ancien responsable.
"Le gouvernement a décidé de déposer une requête pour interdire le PTI" (Pakistan Tehreek-e-Insaf), a déclaré Attaullah Tarar à la presse à Islamabad, précisant que l'affaire serait portée devant la Cour suprême. "Nous pensons qu'il existe des preuves crédibles de la nécessité d'interdire le PTI", a-t-il ajouté en évoquant des accusations à l'encontre de M. Khan comprenant la divulgation de documents classifiés et l'incitation à l'émeute. "Nous défendrons vigoureusement cette affaire et n'épargnerons aucun effort", a-t-il ajouté. Le PTI "ne tolérera pas" les efforts du gouvernement pour l'interdire, a déclaré à l'AFP un porte-parole du parti. "Le PTI est devenu plus fort qu'auparavant. Nous y ferons face", a ajouté Raoof Hasan.
Imran Khan, qui a été Premier ministre de 2018 à 2022, est empêtré dans plus de 200 affaires judiciaires depuis qu'il a quitté le pouvoir, une campagne destinée à l'empêcher de le reprendre, selon lui. Il est emprisonné depuis août 2023, avant les élections qui ont eu lieu en février et auxquelles il a été empêché de participer en raison d'une condamnation pour corruption. Samedi, la justice l'a acquitté d'une condamnation à sept ans de prison pour mariage illégal en vertu de la loi islamique mais il reste emprisonné pour d'autres condamnations. Parallèlement, la Cour suprême a accordé vendredi au PTI une vingtaine de sièges au Parlement réservés aux femmes et aux minorités, quelques mois après les élections générales contestées de février. En avril, la condamnation de M. Khan et son épouse à 14 ans de prison pour corruption a été suspendue par une haute cour pakistanaise. Début juin, il a aussi été acquitté d'une accusation de trahison pour laquelle il avait été condamné à dix ans de prison en première instance. Un panel d'experts de l'ONU a récemment estimé que la détention de l'ex-Premier ministre pakistanais était arbitraire et contraire aux lois internationales, appelant "immédiatement" à sa libération.
Sa détention "n'a aucune base légale et semble avoir été destinée à disqualifier sa candidature à une fonction politique", a jugé le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire dans un avis, daté du 25 mars mais rendu public seulement début juillet. "La solution appropriée serait de relâcher M. Khan immédiatement et de lui accorder une compensation exécutoire et d'autres réparations, en accord avec les lois internationales", ont jugé ces experts. Imran Khan, arrivé au pouvoir en 2018, avait été évincé par une motion de censure en avril 2022, après avoir perdu le soutien de la toute puissante armée, selon les analystes. Il avait ensuite lancé une campagne sans précédent défiant les hauts gradés qui l'avaient un jour soutenu, les accusant d'avoir participé à la tentative d'assassinat dans laquelle il avait été blessé lors d'un meeting en novembre 2022. Lors des élections de février, les candidats loyaux à Imran Khan avaient gagné le plus fort contingent de sièges, même après avoir été forcés de concourir comme candidats indépendants par une décision de la commission électorale. Ils ont été maintenus à l'écart du pouvoir par une alliance de partis soutenus par l'armée.
"Le gouvernement a décidé de déposer une requête pour interdire le PTI" (Pakistan Tehreek-e-Insaf), a déclaré Attaullah Tarar à la presse à Islamabad, précisant que l'affaire serait portée devant la Cour suprême. "Nous pensons qu'il existe des preuves crédibles de la nécessité d'interdire le PTI", a-t-il ajouté en évoquant des accusations à l'encontre de M. Khan comprenant la divulgation de documents classifiés et l'incitation à l'émeute. "Nous défendrons vigoureusement cette affaire et n'épargnerons aucun effort", a-t-il...


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin