Une femme assise à l'extérieure d'une clinique de fortune pour personnes déplacées, à Kassala, dans l'est du Soudan, le 6 juillet 2024. Photo AFP
Des experts indépendants de l'ONU ont dénoncé mercredi, aux côtés de l'opposition, d'ONG et de la communauté internationale, une loi jugée répressive sur la sécurité au Soudan du Sud qui permet aux services de renseignement des détentions sans mandat. L'Assemblée nationale a approuvé la semaine dernière des amendements à une loi qui permettraient au Service de sécurité nationale (NSS) de continuer à arrêter toute personne accusée d'infractions contre l'État.
La Commission des Nations unies sur les droits de l'homme au Soudan du Sud a appelé à ce que la loi soit renvoyée devant le Parlement.
Selon les experts indépendants de l'ONU, cette législation va "consolider la détention arbitraire et renforcer la répression" des services de renseignement.
"Des victimes ont été torturées et beaucoup sont mortes en détention", indique le communiqué, ajoutant que la semaine dernière, des dirigeants de la société civile critiques à l'égard des politiques gouvernementales ont été menacés.
La loi doit encore être approuvée par le président Salva Kiir. Le vote a lieu à quelques mois de la tenue hypothétique des premières élections, qui doivent avoir lieu le 22 décembre, après avoir été plusieurs fois reportées.
Le chef de l'Etat, dans un communiqué marquant mardi le 13e anniversaire de l'indépendance du pays, n'a fait aucune mention des élections.
"Alors que le Soudan du Sud se prépare à ses premières élections depuis l'indépendance, les citoyens doivent pouvoir exercer leurs droits civils et politiques sans crainte de représailles", a affirmé Barney Afako, membre de la commission.
Plusieurs ambassades, dont celles du Royaume-Uni, des Etats-Unis, du Canada et de la France, ont fait part dans un communiqué conjoint de leur "profonde préoccupation" après l'adoption du texte qui permet au NSS "d'arrêter et de détenir (des personnes) sans mandat".
"Tous les Sud-Soudanais devraient avoir le droit de participer librement à l’expression politique et civique sans crainte d’arrestation arbitraire ou d’intimidation" de la part du NSS, ont-elles exhorté.
Oyet Nathaniel Pierino, membre du parti d'opposition SPLM-IO du premier vice-président Riek Machar, a affirmé qu'il fallait "réformer le service de sécurité nationale en République du Soudan du Sud", mais "qu'il n’est mentionné nulle part dans la Constitution qu’ils peuvent s’engager dans un conflit armé, arrêter et détenir sans mandat, ou intimider et harceler les citoyens".
"Au lieu de freiner les services de sécurité, qui ont été l'outil de répression préféré du gouvernement, le parlement du Soudan du Sud a encore enhardi l'agence", a également critiqué Laetitia Bader, directrice adjointe de l'Afrique pour l'ONG Human Rights Watch (HRW), dans un communiqué publié la semaine dernière.
Malgré ses richesses pétrolières, le Soudan du Sud, l'un des pays les plus pauvres du monde, a du mal à se positionner depuis son indépendance et est confronté à l'une des pires crises humanitaires au monde.
Des experts indépendants de l'ONU ont dénoncé mercredi, aux côtés de l'opposition, d'ONG et de la communauté internationale, une loi jugée répressive sur la sécurité au Soudan du Sud qui permet aux services de renseignement des détentions sans mandat. L'Assemblée nationale a approuvé la semaine dernière des amendements à une loi qui permettraient au Service de sécurité nationale (NSS) de continuer à arrêter toute personne accusée d'infractions contre l'État.
La Commission des Nations unies sur les droits de l'homme au Soudan du Sud a appelé à ce que la loi soit renvoyée devant le Parlement.
Selon les experts indépendants de l'ONU, cette législation va "consolider la détention arbitraire et...


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