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Lifestyle - Insolite

Pas de Grand Chelem à Wimbledon sans fraises à la crème

Les matchs battent leur plein à Wimbledon jusqu’au 14 juillet, et les amateurs de tennis affluent par milliers pour suivre les performances des grands concurrents. Mais jamais sans leur bol de fraises à la crème.

Pas de Grand Chelem à Wimbledon sans fraises à la crème

Incontournables fraises à Wimbledon. Photo d’illustration Bigstock

C’est dans les environs de Wimbledon, banlieue sud-ouest de Londres et temple du tennis, qu’ont fleuri de nombreuses plantations de fraises, afin de répondre à une tradition qui veut que l’on consomme ce délicieux fruit rouge, accompagné de crème, pendant que l’on suit les scores des champions. Car Wimbledon, le plus ancien et le plus iconique tournoi de tennis du monde, n’a jamais voulu déroger à certains de ses us et coutumes. Parmi ceux encore toujours en vigueur, l’obligation pour les candidats de jouer dans des tenues majoritairement blanches. L’absence presque totale de publicité dans l’enceinte des différents courts en est aussi une autre particularité. Seules quelques exceptions sont admises dont celle de la montre Rolex, grand sponsor de l’événement. Mais le must des musts demeure les fraises à la crème, un autre symbole du tournoi, qui sont consommées en masse par les spectateurs.

L’histoire dit que les fraises auraient été consommées dès les tout premiers championnats de Wimbledon en 1877. À l’époque, les fraises étaient considérées comme un luxe parce qu’elles avaient une courte saison de croissance et n’étaient disponibles que quelques semaines par an. Or, cette période a coïncidé avec la quinzaine de Wimbledon. Selon Courts Magazine, « comme de plus, on considérait ce fruit rare et vibrant comme très esthétique, il était devenu le choix parfait pour être servi aux invités de la haute société qui assistaient aux tournois de tennis ». 


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Plus de 38,4 tonnes de fraises consommées durant le tournoi

Dans l’Angleterre victorienne, les fraises étaient déjà très à la mode et faisaient partie du rituel du Five O’Clock Tea. C’est de là que cette mode aurait été transposée aux tribunes de Wimbledon. 

Quant au dessert lui-même, il remonterait à plus loin. Les origines de la combinaison classique dateraient du début du XVIe siècle et sont attribuées au Lord Chancelier du roi Henri VIII, le cardinal Thomas Wolsey. Le Heritage Fine Foods relate à ce sujet : « Lorsqu’un jour le roi s’est rendu au domicile de Wolsey à Hampton Court, non loin de Wimbledon, le cuisinier du chancelier aurait servi en dessert des fraises des bois et de la crème. » À l’époque, les produits laitiers étaient considérés comme un aliment “paysan”. Consommé par le roi, le mariage du fruit rouge et de la crème aurait ainsi gagné en popularité et reste aujourd’hui la grande spécialité servie au All England Club. »

Ce club sélect, vieux de 155 ans, patronne les compétitions de tennis et de croquet. Kate Middleton, princesse de Galles, en est la marraine depuis 2016, lorsque la reine Elizabeth II s’était retirée d’un certain nombre de patronages royaux. Selon le site en ligne de Wimbledon, chaque année plus de 38,4 tonnes de fraises (1,92 million de fraises pour être précis) sont consommées pendant le tournoi, soit plus de 140 000 barquettes individuelles. Et environ dix mille litres de crème sont nécessaires pour les arroser. Le prix d’une portion d’environ 10 fraises avec crème est resté à un prix jugé très raisonnable, soit à 2,50 sterling (3,19 dollars) depuis 2010. On apprend aussi que les fraises de Wimbledon sont toujours anglaises de grade 1, donc de la plus haute qualité.

Le régal le plus haut de gamme 

Pour garantir la plus grande fraîcheur de ce fruit sacré, les baies sont cueillies à 4h du matin, récupérées à l’usine de conditionnement à 9h et livrées au club pour inspection et décorticage, avant d’être dégustées le jour même de leur cueillette. Ensuite, pour que les fraises non consommées pendant la quinzaine du tournoi ne soient pas gaspillées, elles sont congelées et utilisées dans la fabrication de confitures accompagnant les scones et le Victoria Sponge Cake servis au Wingfield Café, qui fait partie de l’ensemble sportif et demeure ouvert toute l’année. Quant au Victoria Sponge cake, du nom de la célèbre souveraine britannique, il était servi à sa cour durant le cérémonial de thé de l’après-midi. Enfin, une ligne d’objets souvenirs illustrant Wimbledon et ses fraises a été créée, qui va des tee-shirts aux mugs en passant par des manches de raquette et de multiples articles maison.

Reste à signaler que les fraises à la crème sont le régal le plus haut de gamme parmi les snacks et autres collations proposés durant des événements sportifs de grande envergure, au même titre que le cocktail Honey Deuce au US Open à New York, le Mint Julep au Kentucky Derby, le Pimenta Cheese Sandwich au Masters tournoi de golf à Augusta, en Géorgie. Sans oublier l’incontournable pop-corn sans lequel aucune séance de cinéma n’est appréciée à sa juste valeur. Selon The Sport Journal, « la nourriture fait partie intégrante de la culture, des infrastructures et de l’économie du sport. Les traditions culinaires uniques du sport impliquent les spectateurs et les athlètes, facilitent le développement des liens sociaux et contribuent à créer une atmosphère des grands jours de match ». 

C’est dans les environs de Wimbledon, banlieue sud-ouest de Londres et temple du tennis, qu’ont fleuri de nombreuses plantations de fraises, afin de répondre à une tradition qui veut que l’on consomme ce délicieux fruit rouge, accompagné de crème, pendant que l’on suit les scores des champions. Car Wimbledon, le plus ancien et le plus iconique tournoi de tennis du monde, n’a jamais...
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