"Mon drapeau sans fascistes", peut-on lire sur un drapeau tricolore drapé sur les épaules d'une manifestante, lors d'un rassemblement à Lyon, dans l'est de la France, le 7 juillet 2024. Photo AFP / JEFF PACHOUD
À la surprise générale, l'alliance des partis de gauche est sortie en tête des élections législatives françaises selon les premières estimations, devant le camp présidentiel d'Emmanuel Macron et l'extrême droite en troisième position, aucun des blocs n'obtenant la majorité absolue. La France, un des piliers de l'Union européenne, se retrouve de fait plongée dans l'inconnu, deux jours avant le sommet de l'OTAN et à trois semaines de l'ouverture des Jeux Olympiques.
Le Rassemblement national (RN, extrême droite) entre en force à l'Assemblée nationale, avec un nombre historique de députés (entre 134 et 152), mais reste loin du pouvoir avec un score très en déçà des prévisions après sa forte poussée du premier tour.
Avec 171 à 187 députés, selon les premières estimations des instituts de sondage, l'alliance de gauche du Nouveau front populaire (NFP), composée de partis en désaccord sur nombre de dossiers, créé la surprise en devenant la première force. Un mois après une dissolution en forme de coup de poker décidée par le président Emmanuel Macron, le camp présidentiel fait preuve d'une résilience inattendue, avec 152 à 163 élus, contre 250 dans l'Assemblée sortante.
Premier à réagir, le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, membre du NFP, a estimé que le Premier ministre Gabriel Attal devait « s'en aller » et l'alliance de gauche « gouverner », en se félicitant que le « peuple (ait) clairement écarté la solution du pire », celle de l'extrême droite.
« La marée monte. Elle n'est pas montée assez haut cette fois-ci, mais elle continue à monter. Et par conséquent, notre victoire n'est que différée », a répondu la cheffe de file de l'extrême droite française Marine Le Pen.
M. Macron, qui n'a pas pris la parole, attendra de connaître la « structuration » de la nouvelle chambre pour déterminer qui il appellera pour devenir Premier ministre, a annoncé dimanche soir l'Élysée. Son Premier ministre sortant Gabriel Attal a indiqué qu'il lui remettrait lundi sa démission, mais qu'il était prêt à rester à son poste « aussi longtemps que le devoir l'exigera », notamment dans le contexte des Jeux Olympiques.
Coalition inédite en vue ?
Cette tripartition jette la France dans le brouillard, au terme d'un scrutin qui a fortement mobilisé les électeurs avec une participation d'environ 67%, la plus forte depuis 1981. Car faute d'atteindre ou approcher la barre de 289 députés, synonyme de majorité absolue, aucun bloc n'est en mesure de composer seul un gouvernement.
En attendant les chiffres consolidés, la nature du prochain gouvernement reste donc incertaine. Mais le « front républicain », bâti entre les deux tours de ce scrutin pour limiter la vague d'extrême-droite, a clairement porté ses fruits.
Au RN, le sentiment est forcément mitigé. Côté pile, lui et ses alliés engrangent des élus à un niveau historique. Côté face, il voit s'évaporer le rêve de former un gouvernement, qui aurait été le premier d'extrême droite en France depuis la Deuxième guerre mondiale. Une victoire dont l'objectif était de paver la voie de la conquête du pouvoir par Marine Le Pen à la présidentielle de 2027.
« On a dramatisé à outrance l'enjeu, les fascistes, les fachos », désespérait un militant RN, Luc Doumont, retraité de la douane. « Le Nouveau front populaire, c'est le mariage de la carpe et du lapin : tout ça, c'est pour nous ostraciser ».
Reste une foule de questions.
Les partis de gauche et le camp macroniste trouveront-ils un improbable accord politique, après deux ans à ferrailler pied à pied ? L'union de la gauche, qui paraît si fragile, survivra-t-elle aux négociations de gouvernement ?
Face à une « Assemblée divisée », « il va falloir se comporter en adultes », a jugé Raphaël Glucksmann (gauche). « Il va falloir parler, il va falloir discuter, il va falloir dialoguer ».
Quid également de la stratégie des Républicains (LR, droite), plongés dans la tourmente après le ralliement de leur chef Eric Ciotti au RN mais qui conservent un contingent d'élus suffisant (57 à 67) pour se présenter comme arbitres des discussions.
Rassurer les partenaires internationaux
À trois semaines de l'ouverture des JO qui la propulseront sous les projecteurs du monde entier, la France pourrait aussi s'orienter vers un gouvernement technique, comme celui qui avait sauvé l'Italie de la crise de la dette en 2011. A condition de parvenir à un consensus sur des personnalités.
Le chef de l'État, lui, sort affaibli de cette séquence. Et la campagne éclair pour les législatives se sera déroulée dans une atmosphère tendue, marquée par des nombreuses agressions de candidats et de militants et une libération de la parole raciste, révélatrices d'une France profondément divisée.
« Le soulagement est à la hauteur de l'inquiétude de ces dernières semaines, il est immense », a jugé le défenseur de l'équipe de France Jules Koundé, qui avait appelé à faire barrage au RN.
Attendu mercredi au sommet de l'OTAN, Emmanuel Macron devra rassurer les partenaires et les milieux financiers sur la stabilité de la France pendant que se multiplieront d'âpres négociations pour les postes clés à l'Assemblée, avant l'ouverture le 18 juillet de la nouvelle législature.
Les législatives françaises avaient été scrutées avec attention dans le monde entier. « Le pire est évité », a réagi un responsable du parti social-démocrate du chancelier allemand Olaf Scholz.
« À Paris l'enthousiasme, à Moscou la déception, à Kiev le soulagement. Assez pour être heureux à Varsovie », a quant à lui commenté le Premier ministre polonais Donald Tusk.


Il y a une contradiction entre immigrés illégaux et allocations car cette distribution ne peut se faire sans un semblant de légalité !! Le pen ayant perdu arrêtons les palabres et agissons dans l intérêt de la France car pour qu il y ait moins d immigrés il suffit que le Français accepte de bosser!
11 h 16, le 08 juillet 2024