Le président de l'Ordre des pharmaciens au Liban, Joe Salloum, pendant sa conférence de presse à Beyrouth, le 2 juillet 2024. Capture d'écran
Le président de l'Ordre des pharmaciens au Liban, Joe Salloum, a annoncé mardi que les « menaces et les calomnies » auxquelles il a été confronté à la suite de son enquête sur une falsification présumée des dates de péremption de médicaments par Fresh Pharma International (SAL) n'entraveront pas son travail de lutte contre la corruption et la protection des enfants au Liban.
Au cours d'une conférence de presse, M. Salloum a expliqué que l'affaire a débuté lorsque la juge pour enfants du Mont-Liban Joëlle Abou Haïdar a lancé une enquête après avoir découvert des dates de péremption falsifiées sur une vingtaine de médicaments et de compléments alimentaires destinés aux nourrissons et aux enfants. La magistrate avait alors interdit à Fresh Pharma International, qui opère au Liban et au Canada, de vendre ou de distribuer ces produits. L'Ordre des pharmaciens a ordonné aux officines de cesser de distribuer les compléments alimentaires périmés, ce qui a donné lieu à des menaces et à une campagne de diffamation à l'encontre de M. Salloum.
Proche des Kataëb, Joe Salloum est candidat à la présidence de la Ligue maronite, dont les élections sont prévues pour mars 2025. « Si le prix de la présidence de la Ligue maronite ou de tout autre poste politique est la santé des enfants et des patients atteints de cancer, je préfère nos enfants et nos patients à tout autre poste », a souligné le président de l'Ordre des pharmaciens pendant sa conférence de presse.
Dans un entretien accordé à L'Orient Today, il a fait savoir que certains médias l'avaient accusé de ne pas tenir compte de l'appartenance religieuse du directeur de l'entreprise, alors que ce dernier est chrétien. M. Salloum a également souligné que la présidence de la Ligue maronite devrait être considérée comme un engagement en faveur d'une résistance et d'un patriotisme authentiques. Il a mis en garde contre l'utilisation des médias pour proférer des menaces, et a promis de continuer à se battre « pour la santé des enfants et des patients et contre les médicaments contrefaits et de mauvaise qualité, malgré les campagnes de diffamation ».
La situation a suscité un large soutien à M. Salloum et au syndicat de la part de divers secteurs. Maroun Khaouli, président de l'Union générale des syndicats des travailleurs libanais, a critiqué l'utilisation des médias à des fins de menace et de coercition dans une déclaration publiée lundi. Il a également félicité M. Salloum pour avoir « maintenu ses principes humanitaires et syndicalistes malgré ces menaces ».
La juge Joëlle Abou Haïdar avait prononcé mercredi dernier une interdiction et une amende de 500 millions de LL (environ 4 500 dollars au taux du marché) pour chaque vente d'un produit fabriqué par Fresh Pharma par l'intermédiaire d'une pharmacie ou d'un sous-distributeur, en violation de la mesure judiciaire. Cette sanction s'applique à Fresh Pharma et à ses co-distributeurs jusqu'à la fin des investigations menées par le parquet d'appel et le juge d'instruction du Mont-Liban, Hanna Braidy. Les enquêtes se concentreront sur l'identification des auteurs de la fraude. Des copies de la décision ont été envoyées à M. Salloum et au ministre sortant de la Santé Firas Abiad.
Vendredi, M. Salloum a affirmé que l'Ordre des pharmaciens avait traité la question « de manière transparente et impartiale » et en étroite « coordination avec le pouvoir judiciaire ». Il a promis que l'Ordre « poursuivra toutes les voies légales contre les calomnies et les menaces ».



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