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Lifestyle - Mode

Jad Soda, l’éclosion d’un créateur dans les pas de son père

Jad Soda, l’éclosion d’un créateur dans les pas de son père

Des créations spectaculaires pour la haute couture printemps-été 2025 de la Maison Basil Soda. Photo DR

Le 30 mars 2015, le couturier Basil Soda, 47 ans, rendait les armes face à un cancer fulgurant. Fils d’un tailleur pour hommes, cela faisait quinze ans à peine qu’il avait créé sa marque éponyme, après quatre ans chez Élie Saab. Il avait eu le temps de faire construire son espace d’exposition et son atelier selon ses vœux, un bâtiment blanc, élégant, sobre, fonctionnel, dans une rue résidentielle à Sin el-Fil. Sa toute dernière collection, il l’avait imaginée comme une éclosion suivie d’un envol. Les colonnes réfléchissantes qui rythment son sanctuaire avaient été peintes de nuées de papillons, dont certains en 3D donnaient l’illusion de se détacher de la surface. Il avait habillé, entre autres icônes, Marion Cotillard, Paris Hilton, Katy Perry, Emily Blunt.

Pour mémoire

La couture libanaise en deuil : Basil Soda est décédé

Après son départ, la maison a poursuivi son petit bonhomme de chemin, présidée et dirigée par Denise, son épouse. Mais la relève était surtout promise à travers Jad Soda qui n’avait que 19 ans à la disparition de son père. Passionné de couture, le jeune homme incarnait la troisième génération d’une famille dédiée au savoir-faire et à l’architecture du vêtement. Il avait entamé des études de mode en Europe, mais l’attraction de l’atelier, le lien quasi familial qu’il y ressent avec les employés, la transmission, la disponibilité, les réponses à ses questions, le travail d’équipe, tout cela le ramène aux sources. De retour au Liban, il fonde sa marque éponyme sous laquelle il mène ses expériences sans craindre de dénaturer la signature de son père. Dix ans plus tard, il se sent prêt à prendre la direction artistique de la Maison Basil Soda, un nom qu’il est résolu à servir dans ce qu’il a de plus sincère : une vision majuscule de la féminité.

Un défilé féerique. Photo DR

Devant la féerie de papillons qui tourbillonne encore de colonne en colonne et de miroir en miroir sur les parois du pavillon Basil Soda, et cette dernière collection jamais sortie des archives, Jad Soda va reprendre le parcours de son père là où il s’est arrêté. Il va ouvrir les dossiers comme on ouvre des cages, comme on déchire des filets. La métaphore du papillon s’impose. Elle est dangereuse, trop usée, trop évidente, presque banale. Mais Jad Soda a sa propre idée pour la redéfinir et la réactualiser. Le 15 mai, dans les mur mêmes où Basil Soda avait rêvé de présenter sa propre collection avant que la maladie ne l’en empêche, son fils réalisait le projet interrompu. Avec son propre vocabulaire, Jad Soda a donné à voir, pour la haute couture printemps-été 2025 de la maison, des créations spectaculaires tant au niveau du style que des motifs et des broderies. En 32 modèles, une foule nombreuse d’artistes de tous crins, d’influenceurs, de mannequins, de journalistes et de piliers de l’univers de la fête a assisté à la naissance d’un couturier prometteur, à la fois infusé de tradition et audacieusement contemporain.

Jad Soda et sa mère Denise donnant le salut à la fin du défilé. Photo DR

D’audace Jad Soda n’a certainement pas manqué. Ne reculant devant aucune difficulté technique, il a par exemple osé associer la ziberline, véritable armure de soie, avec la délicatesse du tulle, créant ainsi un effet de coque qui se fend, révélant de magnifiques contrastes de couleurs et de textures. Les broderies en cristaux Swarovski reproduisaient tantôt les motifs surdimensionnés, presque pixelisés, des ailes d’un papillon et tantôt leurs reflets diaprés à travers la lumière. Ici un rayon corail irradiait l’indigo. Là, citronnelle sur rose pâle, anis sur vert sapin, pluie de zircons sur nuit bleue ou bleu-nuit. Ces papillons n’avaient rien de l’innocence qui volette sur les champs printaniers. Sans doute étaient-ils échappés d’une jungle, élevés en atelier. Filant sa métaphore dans toutes ses dimensions, le jeune couturier a même imaginé une robe en forme de cocon blanc scintillant dont émerge, telle une chrysalide, une mariée prête à l’envol ou, mieux, au convol.

Mais c’est avec sa mère à son bras, et marchant avec elle la marche émouvante de la fidélité et de la promesse tenue, que Jad Soda a donné le salut traditionnel. La foule émue a donné tous les tonnerres qu’elle pouvait. Longtemps. On a hâte de découvrir la suite.

Le 30 mars 2015, le couturier Basil Soda, 47 ans, rendait les armes face à un cancer fulgurant. Fils d’un tailleur pour hommes, cela faisait quinze ans à peine qu’il avait créé sa marque éponyme, après quatre ans chez Élie Saab. Il avait eu le temps de faire construire son espace d’exposition et son atelier selon ses vœux, un bâtiment blanc, élégant, sobre, fonctionnel, dans une rue résidentielle à Sin el-Fil. Sa toute dernière collection, il l’avait imaginée comme une éclosion suivie d’un envol. Les colonnes réfléchissantes qui rythment son sanctuaire avaient été peintes de nuées de papillons, dont certains en 3D donnaient l’illusion de se détacher de la surface. Il avait habillé, entre autres icônes, Marion Cotillard, Paris Hilton, Katy Perry, Emily Blunt. Pour mémoire La couture libanaise en...
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