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Dernières Infos - Caucase

Arménie : 273 manifestants anti-gouvernementaux interpellés

Les forces de l'ordre arméniennes montent la garde devant la résidence du Premier ministre Nikol Pashinyan alors que des manifestants se rassemblent près de celle-ci pour demander sa démission suite au transfert de terres à l'Azerbaïdjan voisin, à Erevan, le 26 mai 2024. Photo KAREN MINASYAN/AFP

La police arménienne a indiqué lundi avoir interpellé 273 manifestants qui tentaient de bloquer des axes routiers de la capitale Erevan, pour protester contre la cession de terres à l'Azerbaïdjan et réclamer la démission du Premier ministre Nikol Pachinian.

"Au total, 273 citoyens ont été interpellés pour avoir refusé d'obéir aux injonctions légitimes de la police", a précisé le ministère arménien de l'Intérieur dans un communiqué lundi matin.

Depuis que le gouvernement arménien a accepté mi-mai de restituer à Bakou quatre villages dont Erevan s'était emparé dans les années 90, l'Arménie est secouée par un mouvement de contestation emmené par le charismatique archevêque Bagrat Galstanian. Le religieux appelle à la démission du Premier ministre Nikol Pachinian et au vote d'une motion de défiance contre cet ex-journaliste, arrivé au pouvoir après des manifestations pacifiques en 2018. L'archevêque a aussi appelé dimanche, alors que des milliers de personnes manifestaient à Erevan pour demander le départ de M. Pachinian, à des élections anticipées, et déclaré être prêt à renoncer à ses fonctions cléricales pour se présenter au poste de Premier ministre.

Lundi, des centaines de manifestants sont encore descendus dans la rue à travers l'Arménie, dans le cadre de ce que M. Galstanian présente comme une "campagne nationale de désobéissance", a constaté une journaliste de l'AFP.

Importance stratégique

Ces nouvelles manifestations surviennent alors que l'Arménie a rendu vendredi à l'Azerbaïdjan quatre villages frontaliers, étape-clé vers la normalisation des relations entre les deux pays rivaux, qui se sont opposés dans plusieurs guerres.

Selon la loi arménienne, Bagrat Galstanian, un chef religieux de la région de Tavouch, où les villages ont été restitués à l'Azerbaïdjan, ne peut pas se présenter au poste de Premier ministre en raison de sa double nationalité arménienne et canadienne. Mais rien ne l'empêcherait de renoncer à sa nationalité canadienne. Les villages rétrocédés revêtent une importance stratégique pour l'Arménie, pays enclavé, car ils contrôlent des tronçons d'une route vitale vers la Géorgie.

Les habitants arméniens des localités voisines affirment que leur cession les coupe du reste du pays, et accusent le Premier ministre Nikol Pachinian de céder des territoires sans concession en retour. M. Pachinian assure de son côté que cette décision vise à garantir la paix avec Bakou.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan, deux ex-républiques soviétiques voisines, se sont affrontées à plusieurs reprises pour le contrôle de la région du Haut-Karabakh. La première guerre, dans les années 1990, a été remportée par l'Arménie, faisant plus de 30.000 morts. L'Azerbaïdjan a ensuite repris le contrôle d'une partie de la région à l'automne 2020, avant d'en prendre la totalité après une offensive éclair en septembre 2023, chassant les séparatistes arméniens qui la dirigeaient depuis trois décennies.

La police arménienne a indiqué lundi avoir interpellé 273 manifestants qui tentaient de bloquer des axes routiers de la capitale Erevan, pour protester contre la cession de terres à l'Azerbaïdjan et réclamer la démission du Premier ministre Nikol Pachinian."Au total, 273 citoyens ont été interpellés pour avoir refusé d'obéir aux injonctions légitimes de la...