Rechercher
Rechercher

Politique - Affaire Joseph Aoun

Raï revient à la charge : Non à toute atteinte à l’armée

Dans son homélie dominicale, le patriarche maronite a dénoncé les « jurisprudences » visant à imposer un nouveau patron de la troupe au futur président de la République.

Raï revient à la charge : Non à toute atteinte à l’armée

Le patriarche maronite, Béchara Raï, présidant la messe à Bkerké, dimanche 26 novembre 2023. Photo ANI

Béchara Raï persiste et signe. Le patriarche maronite a réitéré dimanche son veto catégorique à toute démarche visant à la nomination d’un nouveau commandant en chef de l’armée (poste réservé à la communauté maronite) pour succéder à Joseph Aoun, qui devrait partir à la retraite le 10 janvier 2024. Le prélat poursuit donc son forcing pour un maintien du général Aoun à son poste jusqu’à l’élection d’un nouveau président de la République, une option appuyée par les principales formations chrétiennes de l’opposition, mais rejetée par le Courant patriotique libre de Gebran Bassil.

« Nous refusons toutes les tentatives de porter atteinte à l’unité et la stabilité de l’armée, et sa confiance en son commandement, surtout à l’heure où le pays et sa sécurité sont au bord du gouffre », a tonné le chef de l’Église maronite dans son homélie dominicale. « L’article 49 de la Constitution stipule que le président de la République est le commandant de toutes les forces armées. Comment certains peuvent-ils donc recourir à des jurisprudences afin de nommer un nouveau chef de l’armée et l’imposer au futur président de la République ? » s’est indigné Mgr Raï dans une critique évidente au CPL, qui appelle à la désignation d’un nouveau commandant de l’institution militaire à la faveur d’un décret contresigné par tous les ministres, le gouvernement sortant n’ayant pas les prérogatives de procéder à des nominations.

C’est à travers ce prisme que le patriarche Raï est revenu à la charge en appelant à l’élection d’un nouveau président de la République, plus d’un an après la fin du sexennat de Michel Aoun (octobre 2022), le déblocage de cette échéance étant la seule façon de mettre fin à la querelle autour du sort du commandement de la troupe. « Allez immédiatement vers l’option la plus facile (…). Élisez un président et cela va résoudre tous les problèmes politiques », a-t-il dit à l’adresse des protagonistes. Et de marteler : « Délibérément, vous n’élisez pas un président depuis un an et un mois, alors que la situation régionale très délicate exige la présence d’une protection de l’État. Nous n’acceptons pas que cette échéance soit hypothéquée par une personne ou soit liée à un projet ou aux jeux d’influence. Nous n’acceptons pas que l’État soit privé de sa tête. »

Le patriarche maronite a par ailleurs tenu à se féliciter de l’allocution prononcée par le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Ali Khatib, la semaine dernière depuis Bkerké. Le dignitaire s’était alors prononcé pour l’élection rapide d’un président et avait appelé à régler le dossier du commandement de l’armée loin des tiraillements politiques. « Nous parlons la même langue, parce que nous n’intervenons pas dans le domaine politique, mais ce qui nous importe, c’est l’éthique », a dit Mgr Raï dimanche. À son tour, Mgr Élias Audi, le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, s’est prononcé, dans son homélie dominicale, contre toute « atteinte à l’armée, dernier pilier du pays à tenir debout ».

« Faire tout notre possible »

Alors que la Constitution interdit à un gouvernement d’expédition des affaires courantes de procéder à une nomination en bonne et due forme d’un nouveau chef de l’armée, l’option de retarder le départ à la retraite du général Aoun est au centre des contacts politiques en cours afin de régler le dossier avant la date butoir du 10 janvier. Sauf que cette option se heurte à une opposition catégorique de Gebran Bassil, dont le ministre de la Défense, Maurice Slim, est proche. Déterminé à tourner la page de Joseph Aoun, un candidat sérieux à la magistrature suprême, M. Bassil propose que l’officier le plus haut gradé (Pierre Saab, grec-catholique) prenne la relève, ou même de nommer un successeur le temps qu’un président soit élu.

Il reste que le forcing de la plus haute autorité religieuse maronite du pays favorise les chances d’une prorogation du mandat de Joseph Aoun ou d’un retardement de son départ à la retraite. Mais qui prendra cette décision ? La réponse demeure entourée de flou, en attendant l’issue des contacts menés par le Hezbollah entre ses alliés, en l’occurrence Gebran Bassil et le duo que forment le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, et le président du Parlement, Nabih Berry. Ce dernier a affirmé vendredi dernier, dans des propos relayés par la presse locale, qu’il convoquera le Parlement à une séance plénière début décembre pour nommer un patron de la troupe ou proroger le mandat de l’actuel. Parmi les points qui devraient être examinés lors de cette séance, une proposition de loi présentée par les Forces libanaises pour retarder d’un an le départ à la retraite de tout commandant en chef de la troupe. Les FL devraient donc prendre part à la séance, rompant ainsi avec leur politique de boycottage des séances législatives tenues en période de vacance présidentielle. Le parti avait toutefois plaidé pour que sa proposition soit à la tête de l’ordre du jour. Une requête que M. Berry a rejetée, comme pour contraindre les FL à participer à toute la séance. Dimanche, Ziad Hawat, député FL de Jbeil, a commenté l’affaire Joseph Aoun sans se prononcer clairement sur la participation à l’hypothétique réunion de la Chambre. « Il est de notre devoir national de faire tout notre possible pour un retardement du départ du chef de l’armée jusqu’à l’élection d’un président », a-t-il affirmé dans une interview accordée à la chaîne MTV.

Béchara Raï persiste et signe. Le patriarche maronite a réitéré dimanche son veto catégorique à toute démarche visant à la nomination d’un nouveau commandant en chef de l’armée (poste réservé à la communauté maronite) pour succéder à Joseph Aoun, qui devrait partir à la retraite le 10 janvier 2024. Le prélat poursuit donc son forcing pour un maintien du général Aoun à son...

commentaires (4)

Bassil prend ses ordres de Hassouna…..

Eleni Caridopoulou

20 h 54, le 27 novembre 2023

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Bassil prend ses ordres de Hassouna…..

    Eleni Caridopoulou

    20 h 54, le 27 novembre 2023

  • Des clowns

    Abdallah Barakat

    15 h 19, le 27 novembre 2023

  • Tout le monde cite le gendron comme étant le seul à pouvoir décider de notre sort, fort de son alliance contre nature. Moi je dis que cet individu ne peut en aucun cas décider seul de notre anéantissement, c’est grâce à ses députés, cadres et adhérents qu’il s’est fait une place au soleil. Alors qu’attendent ils pour se réveiller et joindre l’opposition pour le laisser seul avec ses projets destructeurs ruminer ses échecs tonitruants desquels il n’a et ne veut rien apprendre jusqu’à l’anéantissement complet de notre pays? Il ne veut pas couler seul, alors à eux de jouer.

    Sissi zayyat

    10 h 58, le 27 novembre 2023

  • Nous sommes dans un pays communautaire. Désolé de le dire et même de le penser mais c’est un fait. En l’absence de président de la république Maronite, c’est le patriarche Maronite qui doit trancher. Ni Bassil, Ni Hezbollah, Ni geagea et ni personne d’autre. Le Hezbollah devrait prendre ceci en considération puisque c’est ce parti qui gère le pays officieusement et même si , souvent, , il ne le cache plus. Que les autres se taisent et que le patriarche soit écouté. Aujourd’hui, malheureusement, Nous sommes aussi entourés de pays communautaires. ( d’ailleurs cela l’a toujours été)

    LE FRANCOPHONE

    01 h 35, le 27 novembre 2023

Retour en haut