Le ministre français des Armées Sébastien Lecornu (à g.) arrive à l'aéroport international du Caire pour s'entretenir avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le 18 novembre 2023. Photo Khaled DESOUKI / AFP
« Il y a vraiment des raisons d'espérer » la libération imminente d'otages retenus dans la bande de Gaza par le Hamas, a affirmé mardi sur la chaîne BFMTV le ministre français des Armées Sébastien Lecornu. « On a pesé de tout notre poids et nous continuerons de peser de tout notre poids dans cette négociation pour libérer nos otages », a déclaré le ministre qui s'est rendu au Proche et Moyen-Orient du 14 au 18 novembre, notamment en Egypte, en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, au Qatar puis en Israël, avant de retourner au Qatar.
Un accord semble imminent pour obtenir une libération d'un certain nombre d'otages en échange d'une trêve dans la guerre qui fait rage entre Israël et le Hamas, le Qatar et les Etats-Unis rapportant mardi des progrès dans les négociations.
« Nous nous approchons de la conclusion d'un accord de trêve », a déclaré Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas, qui vit en exil au Qatar. « Nous sommes désormais très proches » d'un accord, a pour sa part assuré le président américain Joe Biden, soulignant toutefois que « rien n'est fait tant que ce n'est pas fait ».
Environ 240 personnes ont été enlevées lors de l'attaque sanglante lancée par le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza contre Israël le 7 octobre. Selon M. Lecornu, il y a « 8 personnes disparues ou otages » de nationalité française.
Le ministre des Armées a toutefois ajouté que la situation était « particulièrement fragile » . « Il y a beaucoup d'espérance y compris à Paris, y compris au sein des chancelleries, au sein des services de renseignement, de voir aboutir cette libération d'otages (...). Néanmoins, j'invite à la prudence, on a déjà eu des déceptions depuis plus de 40 jours », a-t-il ajouté.
Plus largement sur le Proche-Orient, la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a défendu la position française, affirmant qu'elle était claire : « il est possible d'être solidaire des Israéliens et des Palestiniens ». Dans un entretien avec le quotidien Libération, elle a également appelé Israël à « ne pas tomber dans le piège de l’engrenage. De même qu’il faut dire, et on le dit publiquement, que le comportement criminel de groupes de colons est un poison indigne d’une démocratie », a-t-elle déclaré.
Près de 200 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre en Cisjordanie occupée par des colons et des soldats israéliens, selon le ministère palestinien de la Santé.
D'après Mme Colonna, la France doit « ce langage de vérité à Israël parce que nous souhaitons qu’il y ait une perspective de paix et de sécurité pour ce pays ».
La ministre a enfin appelé à éviter tout engrenage dans la région et notamment au Liban, alors que les échanges de tirs à la frontière entre Israël et le Hezbollah se sont intensifiés ces derniers jours. « Il ne faudrait pas qu’un dérapage entraîne le Liban dans la guerre. Personne n’y a intérêt », selon elle.
Selon le gouvernement du Hamas, plus de 14.000 personnes ont été tuées dans les bombardements israéliens sur la bande de Gaza depuis le début de la guerre. Côté israélien, l'attaque du Hamas a fait 1.200 morts, majoritairement des civils tués le 7 octobre, selon les autorités.

