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Monde - Royaume-Uni

Une marche propalestinienne ébranle le gouvernement britannique

Une marche propalestinienne ébranle le gouvernement britannique

Manifestation à Londres, en faveur des otages détenus par le Hamas, le 7 novembre 2023. Henry Nicholls/AFP

Une marche propalestinienne prévue samedi à Londres et autorisée par la police contre l’avis du gouvernement tourne à la polémique politique au Royaume-Uni, au point de placer la ministre de l’Intérieur sur la sellette.

Le gouvernement conservateur de Rishi Sunak affiche clairement son hostilité à cette manifestation, organisée par plusieurs associations pour réclamer un cessez-le-feu à Gaza, le week-end où le Royaume-Uni commémore l’armistice de la Première Guerre mondiale et les soldats morts dans divers conflits depuis 1914.

En dépit de la pression, la police n’a pas interdit la manifestation, estimant qu’elle ne présentait pas à ce stade des risques justifiant une telle mesure.

Dans un pays où l’indépendance de la police est un principe cardinal, la ministre de l’Intérieur, Suella Braverman, coutumière des propos controversés, a provoqué une nouvelle vague d’indignation jeudi en mettant en cause dans une tribune l’impartialité des forces de l’ordre.

Cette tenante d’une ligne très conservatrice, qui avait déjà qualifié les manifestations propalestiniennes de « marches de la haine », a dénoncé un « deux poids deux mesures ». « Les manifestants de droite et nationalistes qui commettent des agressions se heurtent à juste titre à une réponse sévère, mais les foules propalestiniennes affichant un comportement presque identique sont largement ignorées, même lorsqu’elles enfreignent clairement la loi », a-t-elle estimé dans ce texte publié dans le journal The Times.

Tom Winsor, ancien chef de l’organe chargé de superviser l’action de la police, a jugé sur la BBC que ses propos étaient « sans précédent » et que la ministre « dépasse les limites ».

Downing Street a reconnu à la mi-journée ne pas avoir approuvé la tribune comme le veut la règle. Si le porte-parole de Rishi Sunak a assuré qu’elle gardait sa confiance, cette annonce a relancé les spéculations sur un limogeage imminent de la ministre. Celle-ci avait déjà suscité l’indignation il y a quelques jours en affirmant que certains sans-abris vivaient dans la rue « par choix de mode de vie ».

Tensions communautaires

« Suella Braverman est hors de contrôle », a fustigé la députée de l’opposition travailliste en charge des questions de sécurité, Yvette Cooper, sur X, critiquant sa « tentative dangereuse de saper le respect envers la police dans un moment sensible (...) et d’enflammer les tensions communautaires ».

Depuis l’attaque meurtrière du Hamas contre Israël le 7 octobre et les représailles massives israéliennes sur la bande de Gaza, plusieurs marches réunissant des dizaines de milliers de personnes ont eu lieu à Londres, globalement dans le calme, même si la police a arrêté 188 personnes. Une forte augmentation des actes antisémites et islamophobes a été constatée.

Rishi Sunak a affirmé à plusieurs reprises qu’il jugeait la marche prévue samedi « irrespectueuse », mettant aussi en avant les risques de violences, en marge de l’évènement. Après avoir convoqué le chef de la police londonienne, Mark Rowley, il avait averti mercredi qu’il le tiendrait responsable de débordements.

Devant le Parlement, le secrétaire d’État à l’Intérieur Chris Philp a défendu le gouvernement, assurant qu’il « soutient résolument l’indépendance opérationnelle de la police ».

Suella Braverman, aux ambitions politiques affirmées, est l’une des figures de l’aile droite du parti conservateur au pouvoir depuis près de 14 ans, devenue très influente au sein de la majorité.

La crise, qui menace l’autorité du Premier ministre, tombe mal alors que les Tories sont donnés perdants par les sondages dans la perspective des prochaines élections législatives attendues l’an prochain.

Comme dans d’autres pays européens, le conflit entre Israël et le Hamas divise la classe politique britannique, et même au sein du parti travailliste, certains élus critiquent la position adoptée par le chef du parti, Keir Starmer, qu’ils jugent trop pro-israélienne. Plusieurs élus ont démissionné, dont un député qui a claqué la porte de l’équipe dirigeante.

Source : AFP

Une marche propalestinienne prévue samedi à Londres et autorisée par la police contre l’avis du gouvernement tourne à la polémique politique au Royaume-Uni, au point de placer la ministre de l’Intérieur sur la sellette.Le gouvernement conservateur de Rishi Sunak affiche clairement son hostilité à cette manifestation, organisée par plusieurs associations pour réclamer un cessez-le-feu à Gaza, le week-end où le Royaume-Uni commémore l’armistice de la Première Guerre mondiale et les soldats morts dans divers conflits depuis 1914.En dépit de la pression, la police n’a pas interdit la manifestation, estimant qu’elle ne présentait pas à ce stade des risques justifiant une telle mesure.Dans un pays où l’indépendance de la police est un principe cardinal, la ministre de l’Intérieur, Suella Braverman, coutumière...
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