Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Guerre Hamas - Israël

Les bilans des morts palestiniens "jamais contestés" auparavant, affirme l'ONU

Berlin dit considérer avec « une certaine prudence » les bilans publiés par le Hamas. 


L'avocat palestinien Jehad al-Kafarnah, dont l'enfant et la femme ont été tués lors d'une frappe israélienne, dans un hôpital du nord de la bande de Gaza, le 27 octobre 2023. REUTERS/Anas al-Shareef

Un haut responsable de l'ONU a souligné vendredi que les bilans des morts publiés par les autorités de la bande de Gaza n'avaient « jamais été contestés » lors des conflits précédents, alors que Washington a mis en doute leur crédibilité pour la guerre en cours contre Israël.

Vendredi, le ministère de la Santé du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé un nouveau bilan de plus de 7.300 personnes tuées dans le territoire palestinien en trois semaines de guerre, dont une immense majorité de civils parmi lesquels plus de 3.000 enfants.

« Dans le passé, les cinq, six cycles de conflit dans la bande de Gaza, ces chiffres étaient considérés comme crédibles. Personne n'a jamais vraiment contesté ces chiffres », a déclaré lors d'une conférence de presse à Jérusalem le patron de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini. Il a d'autre part confirmé qu' »au moins 57 collègues » parmi les employés de l'UNRWA avaient été tués dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre.

Si l'on rapporte ce bilan au nombre total d'employés de l'UNRWA dans la bande de Gaza, « nous retrouvons plus ou moins la même proportion » de personnes décédées que dans la population totale de 2,4 millions d'habitants sur le territoire.

« Prudence »

Berlin a indiqué vendredi considérer avec « une certaine prudence » les bilans publiés par le Hamas du nombre de victimes depuis le début des bombardements israéliens sur la bande de Gaza, sans contester les souffrances infligées aux civils. « Nous ne pouvons pas vérifier de façon indépendante les déclarations du Hamas et c'est pour cela qu'il faut faire preuve d'une certaine prudence », a déclaré un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Christian Wagner, lors d'un point presse régulier du gouvernement à Berlin.

« Le Hamas n'est pas pour nous une source d'informations », a affirmé de son côté un porte-parole adjoint de la chancellerie, Wolfgang Büchner, rappelant à plusieurs reprises qu'il s'agissait d'une organisation terroriste. « Personne ne conteste (...) la terrible souffrance de la population dans la Bande de Gaza », a-t-il dit, ajoutant que Berlin « ne pouvait pas donner de chiffres exacts et ne pouvait pas les vérifier ». « Il est incontestable qu'il y a beaucoup de victimes civiles », a-t-il encore insisté. « Nous voyons la misère des gens dans la Bande de Gaza et pour cette raison le gouvernement allemand s'efforce à ce qu'ils aient un accès à l'aide humanitaire ».

Le président américain Joe Biden, soutien indéfectible d'Israël depuis le début de la guerre, a mis en doute cette semaine la crédibilité des chiffres des autorités de la bande de Gaza. « Je suis sûr que des innocents ont été tués, et c'est le prix à payer pour faire la guerre. Mais je n'ai aucune confiance dans les chiffres utilisés par les Palestiniens », avait dit M. Biden mardi.

Liste nominative

Le ministère de la Santé du Hamas a répondu à ces propos en publiant jeudi une liste nominative de près de 7.000 Palestiniens tués selon lui depuis le début de la guerre. La liste de 6.747 noms précise le sexe, l'âge et le numéro d'identité de personnes tuées. Le ministère a précisé être en attente de vérification de l'identité de 281 autres corps. Dans un document joint à la liste, le ministère a expliqué la procédure suivie pour compiler le bilan des morts.

Pour les hôpitaux dits « gouvernementaux », donc relevant de l'administration du Hamas au pouvoir à Gaza, les « informations personnelles et le numéro d'identité » de chaque Palestinien tué dans la guerre sont entrés dans la base de données informatisée de l'établissement après l'arrivée du corps où après leur décès pour les blessés qui succombent, selon le document. Ces données sont ensuite transmis « quotidiennement » vers le « registre central des martyrs » du ministère de la Santé à Gaza.

Quant aux morts évacués vers des hôpitaux privés leurs informations personnelles sont consignées sur une fiche spéciale transmise ensuite « dans un délai de 24 » heures au ministre de la Santé pour que leurs noms soient enregistrés dans la base de données centrale.

« Le centre d'informations », un service dédié du ministère, se charge de vérifier les informations fournies par les hôpitaux « gouvernementaux » et privés pour « s'assurer qu'elles ne contiennent pas de doublon ou d'erreurs », avant d'enregistrer le noms dans la base de données, selon la même source.

Un haut responsable de l'ONU a souligné vendredi que les bilans des morts publiés par les autorités de la bande de Gaza n'avaient « jamais été contestés » lors des conflits précédents, alors que Washington a mis en doute leur crédibilité pour la guerre en cours contre Israël.Vendredi, le ministère de la Santé du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé un nouveau bilan de plus de 7.300 personnes tuées dans le territoire palestinien en trois semaines de guerre, dont une immense majorité de civils parmi lesquels plus de 3.000 enfants.« Dans le passé, les cinq, six cycles de conflit dans la bande de Gaza, ces chiffres étaient considérés comme crédibles. Personne n'a jamais vraiment contesté ces chiffres », a déclaré lors d'une conférence de presse à Jérusalem le patron de l'Agence...