Le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil, au cours d'une réunion avec des cadres aounistes du caza de Baabda, le 25 juin 2023. Photo Tayyar.org
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) Gebran Bassil a lancé dimanche soir une nouvelle pique en direction du tandem chiite, plus particulièrement au Hezbollah avec qui les relations se sont tendues ces derniers mois. Au cours d'une réunion avec des représentants aounistes du caza de Baabda, le député de Batroun a estimé que les parties qui critiquent la candidature de Jihad Azour, à savoir donc le tandem chiite, n'auraient pas du accepter de faire partie du gouvernement de Fouad Siniora en 2008.
Jihad Azour était ministre dans le premier gouvernement de Fouad Siniora, formé en 2005, dans lequel quatre ministres chiites étaient soutenus par ou membres du Hezbollah et du mouvement Amal. Ces ministres avaient démissionné en novembre 2006 pour protester contre l'intention de M. Siniora de soutenir la fondation du Tribunal spécial pour le Liban, chargé de juger les responsables de l'assassinat de Rafic Hariri. En juillet 2008, Fouad Siniora avait de nouveau formé un cabinet, dans lequel le Hezbollah et Amal étaient à nouveau représentés par trois ministres.
"Pendant six mois, nous avons dit que nous n'accepterons pas de candidat de défi, surtout que nous ne voulons défier aucune composante libanaise, a affirmé M. Bassil. Nous avons donc attendu jusqu'à ce que nous nous soyons mis d'accord sur un candidat qui ne représente un défi pour personne", c'est-à-dire Jihad Azour. Il a ajouté que "celui qui veut considérer Jihad Azour comme un candidat de défi n'aurait pas dû participer au cabinet de Fouad Siniora en 2008, et celui à qui Azour ne plait pas n'aurait pas dû accepter que Fouad Siniora soit Premier ministre".
Gebran Bassil a par ailleurs regretté que son parti soit "le seul contre qui des sanctions ont été imposées pour ses relations avec le Hezbollah".
Le chef du CPL avait été lourdement sanctionné par le Trésor américain en novembre 2020, pour corruption, notamment dans le secteur de l'énergie. Le département d'Etat américain avait, dans le même temps, sanctionné M. Bassil estimant que ses actes de corruption ont "aidé et encouragé" les opérations du Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste par Washington. Deux mois plus tôt, l'administration américaine, alors dirigée par Donald Trump, avait sanctionné les députés et anciens ministres Youssef Fenianos (du mouvement des Marada) et Ali Hassan Khalil (Amal) pour "corruption" et soutien au Hezbollah.


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