L’ancien ministre du Travail Sejaan Azzi est décédé jeudi des suites d’une longue maladie. Photo ANI
L’ancien ministre du Travail Sejaan Azzi, ancien journaliste proche du patriarcat maronite et ancien cadre des Kataëb, est décédé jeudi à l’âge de 71 ans, après un long combat contre la maladie, a appris L’Orient-Le Jour auprès de ses proches.
Selon des médias locaux, le prélat maronite Béchara Raï s’est rendu jeudi matin au chevet de l’ex-ministre qui se trouvait dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital Rizk-LAU Medical Center à Achrafieh.
Sejaan Azzi avait été nommé ministre du Travail dans le cabinet de Tammam Salam en 2014. Il avait été aussi vice-président du parti Kataëb et conseiller du chef du parti Samy Gemayel.
Mais avec ce dernier, les relations se sont détériorées en 2016, lors de la crise des déchets. En effet, le chef des Kataëb avait annoncé sa décision de quitter le gouvernement et donc la démission des deux ministres de son parti, Alain Hakim et Sejaan Azzi. Une décision à laquelle le ministre Azzi a refusé de se conformer, provoquant sa radiation du parti.
Né en 1952 à Aqaïbé, dans le Kesrouan, cet ancien journaliste était titulaire d’un diplôme en philosophie de l’Université Saint-Esprit de Kaslik et d’un autre en sciences politiques et administratives de l’Université Saint-Joseph.
Durant sa jeunesse, il a rejoint le parti Kataëb et est devenu au fil des années l’une des têtes pensantes du parti fondé par Pierre Gemayel. Proche de l’ancien président assassiné Bachir Gemayel, il a été l’auteur du discours d’investiture que devait prononcer ce dernier le 23 septembre 1982. En 1985, il a fondé la station Radio Liban Libre.
Sejaan Azzi avait publié quatre ouvrages et était l’auteur de nombreux éditoriaux, notamment dans le journal an-Nahar. Il avait en outre donné plusieurs conférences au Liban, en Europe et aux États-Unis. Il laisse derrière lui son épouse Dania Halim Baroud et deux jumelles, Aude et Joy. Les funérailles auront lieu en la cathédrale Notre-Dame des Dons à Adma, le samedi 13 mai à 15 heures.
Les hommages de la classe politique
Une pluie d’hommages, publiés par communiqués, a accompagné l’annonce de son décès. Selon l’ancien chef de l’État Michel Sleiman, « le Liban perd une stature autodidacte, militante et intellectuelle, et les médias libanais perdent l’une de leurs figures ». L’ancien président a aussi rendu hommage à l’ami fidèle, au patriote, à l’homme modéré qui prônait la coexistence. « Lorsqu’il était ministre dans le gouvernement de Tammam Salam pendant mon mandat présidentiel, il m’a soutenu. Et après la fin de mon mandat, en période de vacance présidentielle, il a contribué activement à la “réunion consultative” que nous avons établie en pleine coordination avec l’ancien président Amine Gemayel », a-t-il rappelé.
L’ancien Premier ministre Fouad Siniora a regretté la perte de cette « personnalité nationale et influente qui est devenue un élément essentiel dans la consolidation du message de coexistence au Liban ». « Sejaan Azzi était l’une des voix de la modération et du patriotisme, attachée à la formule libanaise et à la cohésion nationale », a-t-il ajouté.
De son côté, l’ancien Premier ministre Tammam Salam a salué le « militant patriote qui croyait en la pérennité du Liban, en son indépendance et sa souveraineté ». « Il a été un ministre actif, attaché à ses convictions morales et éthiques au service de l’intérêt national, dans un contexte difficile », a-t-il ajouté, évoquant « la vision futuriste du Liban » du disparu.
Enfin, le député Samy Gemayel s’est dit « attristé » par la mort de l’ancien ministre. « Le Liban a perdu un militant qui a consacré sa vie à défendre la cause libanaise au sein du parti Kataëb et dans les rangs de la résistance libanaise. C’était aussi un écrivain qui, par sa plume, a réussi à porter les problèmes de la nation », a-t-il dit.

