Un journaliste chinois libéral, déjà détenu depuis 2022, a été formellement accusé d’espionnage, selon une association de défense des médias, dernière illustration du recul de la liberté de la presse en Chine ces dernières années. Connu pour sa liberté de ton, Dong Yuyu, 61 ans, écrivait des éditoriaux dans le pourtant conservateur Quotidien de la clarté (Guangming Ribao), propriété du Parti communiste au pouvoir. Il avait été arrêté en février 2022 alors qu’il déjeunait à Pékin avec un diplomate japonais, selon un communiqué publié lundi par sa famille et consulté par le Comité de protection des journalistes (CPJ), basé aux États-Unis. Le diplomate avait été libéré après quelques heures d’interrogatoire, avait indiqué l’an passé le ministère japonais des Affaires étrangères. Mais le journaliste est resté en détention. Le mois dernier, ses proches ont été informés qu’il serait « jugé pour espionnage », a déclaré le CPJ, citant le communiqué de sa famille. Une personne reconnue coupable d’espionnage en Chine peut être condamnée à une peine d’emprisonnement de trois à 10 ans dans les cas les moins graves, voire à la prison à perpétuité dans les affaires plus sérieuses. La liberté d’expression dans les universités et les médias a reculé depuis l’arrivée au pouvoir il y a une décennie du président chinois Xi Jinping.
Monde - Libertés
Un journaliste libéral détenu pour « espionnage » en Chine
OLJ / le 26 avril 2023 à 00h00

