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Monde - France

Macron sans regret ou presque sur la réforme des retraites

"Cette réforme, ce n'est pas un plaisir, ce n'est pas un luxe, c'est une nécessité", commente le président  français.

Macron sans regret ou presque sur la réforme des retraites

Le président français Emmanuel Macron sur un écran lors d'une interview télévisée à l'Élysée, à Paris, le 22 mars 2023. Photo Ludovic MARIN / AFP

Le président français Emmanuel Macron est enfin sorti de son silence mercredi après des semaines de tension sociale, se disant sans regret ou presque sur l'impopulaire réforme des retraites, adoptée au forceps et qu'il souhaite voir appliquée "avant la fin de l'année".

Le chef de l'Etat a simplement concédé un possible regret, celui "de ne pas avoir réussi à convaincre sur la nécessité de cette réforme", lors d'une interview télévisée de 35 minutes, durant laquelle il a répété les arguments pour justifier la nouvelle loi. "Cette réforme, ce n'est pas un plaisir, ce n'est pas un luxe, c'est une nécessité", a-t-il commenté, invoquant la défense de "l'intérêt général" face à la dégradation financière des caisses de retraite et au vieillissement de la population, la France étant l'un des pays européens où l'âge légal de départ en retraite est le plus bas.

La loi, dont Emmanuel Macron souhaite qu'elle soit appliquée "avant la fin de l'année", "pour que les choses rentrent en place", prévoit le recul de l'âge légal de 62 à 64 ans. Très attendue, cette interview présidentielle a fait bondir l'opposition.

M. Macron, "un homme de plus en plus seul", a "conforté" les Français dans l'idée de son "mépris" à leur égard, a réagi Marine Le Pen, cheffe de l'extrême droite en France, son adversaire malheureuse au second tour des deux dernières présidentielles. Le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a dénoncé l'"arrogance" du président, qui selon lui "vit en dehors toute réalité". "Il est dans un déni absolu", a critiqué le chef du parti socialiste, Olivier Faure, craignant que M. Macron "n'ait mis plus d'explosif sur un brasier déjà bien allumé".

Interview "lunaire" 

Réactions indignées également du côté des syndicats, qui ont organisé et encadré pendant deux mois une contestation pacifique d'ampleur. Ses déclarations sont "du foutage de gueule et du mépris pour les millions de personnes qui manifestent", a réagi le secrétaire général du syndicat CGT, Philippe Martinez, qualifiant l'interview présidentielle de "lunaire". Le patron du syndicat réformiste CFDT Laurent Berger a pour sa part accusé le président de "mensonge" en affirmant "qu'il n'y aurait de la responsabilité que dans un camp" et que son organisation n'aurait "pas fait de contre-propositions".

A la veille d'une nouvelle journée nationale de mobilisation syndicale, le chef de l'Etat a confirmé qu'il n'allait ni dissoudre l'Assemblée nationale, ni remanier le gouvernement, ni convoquer un référendum sur sa réforme décriée. Il ne s'est pas non plus ému des reproches sur son passage en force - l'exécutif a utilisé une disposition constitutionnelle, l'article 49.3, permettant l'adoption d'un texte sans vote - parce qu'il ne disposait pas d'une majorité à l'Assemblée pour voter le texte, exacerbant la colère populaire.

Depuis le 16 mars, date du recours à cet article 49.3, la contestation donne pourtant des signes de radicalisation. Des échanges tendus opposent chaque soir manifestants et policiers, notamment à Paris. Près d'un millier de personnes ont été interpellées. Alors que le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a demandé "une réponse pénale systématique et rapide" à l'encontre des manifestants arrêtés, l'ONG Amnesty International s'est alarmée du "recours excessif à la force et aux arrestations abusives". "Quand les États-Unis d'Amérique ont vécu ce qu'ils ont vécu au Capitole, quand le Brésil a vécu ce qu'il a vécu (...), je vous le dis très nettement", "on ne peut accepter ni les factieux ni les factions", a observé M. Macron en référence à des épisodes insurrectionnels vécus dans ces deux pays. "On ne tolèrera aucun débordement", a-t-il insisté.

Les grèves et blocages se poursuivent en France mercredi, notamment dans les dépôts pétroliers, 12% des stations-service se retrouvant à court d'essence ou de gazole. A la veille de la neuvième journée de mobilisation nationale contre la réforme, le port de Marseille (sud) était bloqué mercredi et une autoroute constituant la principale entrée vers cette deuxième ville de France a été fermée plusieurs heures. La compagnie nationale ferroviaire a indiqué que la circulation serait "très fortement perturbée" jeudi.

Le président français Emmanuel Macron est enfin sorti de son silence mercredi après des semaines de tension sociale, se disant sans regret ou presque sur l'impopulaire réforme des retraites, adoptée au forceps et qu'il souhaite voir appliquée "avant la fin de l'année".Le chef de l'Etat a simplement concédé un possible regret, celui "de ne pas avoir réussi à convaincre sur la...
commentaires (2)

Zeidan, à propos du covid, vous avez entendu parler du "Quoi qu'il en coûte"?

F. Oscar

18 h 14, le 22 mars 2023

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Commentaires (2)

  • Zeidan, à propos du covid, vous avez entendu parler du "Quoi qu'il en coûte"?

    F. Oscar

    18 h 14, le 22 mars 2023

  • Il a la posture du Roi tout puissant ... il est incapable d'écouter vraiment, il fait semblant et impose ce qu'il a envie d'imposer. Nous l'avons vu à l'oeuvre dans la gestion du Covid, il a déclaré plein de belles intentions et d'affirmations qu'il a piétiné quelques jours après ... alors je ne lui fait aucune confiance dans la gestion du dossier Libanais, il n'est ni fiable ni honnête.

    Zeidan

    16 h 50, le 22 mars 2023

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