Des Israéliens manifestent contre le gouvernement de Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, le 9 mars 2023. Photo REUTERS/Ronen Zvulun
L'opposition israélienne a réagi vendredi à l'annonce du rétablissement des relations diplomatiques entre Téhéran et Riyad en accusant le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu d'avoir négligé la diplomatie pour se focaliser sur la réforme judiciaire qui déchire le pays.
M. Netanyahu a obtenu un succès international majeur en 2020 en parvenant à normaliser les relations entre Israël --Etat paria pour la plupart des pays arabes-- et les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc.
Depuis le début de ce processus diplomatique dit des "Accords d'Abraham", le Premier ministre israélien n'a jamais caché que le but ultime était pour lui d'y faire entrer l'Arabie saoudite afin de créer une alliance régionale contre l'Iran, ennemi d'Israël depuis la révolution islamique de 1979, et bête noire de M. Netanyahu.
L'annonce conjointe vendredi par Téhéran et Riyad de leur volonté de rétablir leur relations diplomatiques rompues depuis 2016 est vue par plusieurs figures de l'opposition israélienne comme un revers personnel pour M. Netanyahu. L'ensemble de la classe politique israélienne considère la République islamique et son programme nucléaire controversé une menace existentielle pour Israël.
Interrogé par l'AFP sur cette annonce, le ministère des Affaires étrangères israélien a indiqué ne pas avoir de commentaire à faire dans l'immédiat. "L'accord entre l'Arabie saoudite et l'Iran est un échec total et dangereux de la politique étrangère du gouvernement israélien", a estimé le chef de l'opposition, le centriste Yaïr Lapid sur Twitter.
"C'est un effondrement du mur de défense régional que nous avons commencé à construire contre l'Iran. C'est ce qui se passe lorsque l'on est occupé toute la journée par un projet juridique dément au lieu de s'occuper de l'Iran", a-t-il ajouté.
Depuis l'annonce début janvier d'un projet de réforme judiciaire qui limiterait considérablement la possibilité pour la Cour suprême d'invalider les lois et donnerait de fait à la coalition politique majoritaire le pouvoir de nommer les juges, des manifestations d'une rare ampleur se succèdent pour protester contre une réforme jugée antidémocratique par ses détracteurs. "Les énormes défis de sécurité auxquels est confronté l'Etat d'Israël augmentent, et le Premier ministre et son cabinet sont occupés par un coup d'Etat", a de son côté estimé Benny Gantz, ex-chef de l'armée, et chef de file du parti de centre-droit "Bleu-Blanc".
L'ancien Premier ministre de droite Naftali Bennett est également monté au créneau, qualifiant l'accord de "victoire politique pour l'Iran", de "coup fatal à l'effort de construction d'une coalition régionale contre l'Iran" et d'"échec retentissant du gouvernement Netanyahu".
Depuis le début de ce processus diplomatique dit des "Accords d'Abraham", le Premier ministre israélien n'a jamais caché que le but ultime était pour lui d'y faire entrer l'Arabie saoudite afin de créer une alliance régionale contre l'Iran, ennemi d'Israël depuis la révolution islamique de 1979, et bête noire de M....


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