Le président ukrainien Vlodymyr Zelensky et le Premier ministre britannique Rishi Sunak donnant une conférence de presse de la base militaire de Lulworth, dans le sud de l’Angleterre, le 8 février. Peter Nicholls/AFP
À Londres pour sa seconde visite à l’étranger depuis l’invasion russe, Volodymyr Zelensky a obtenu hier des formations de pilotes, un apparent premier pas vers des livraisons d’avions de chasse réclamés par Kiev. Près d’un an après le début de l’invasion, l’Ukraine demande un renforcement et une accélération de l’aide militaire occidentale face aux succès récents de l’armée russe dans le Donbass, dans l’Est ukrainien, et dans la crainte d’une offensive d’ampleur dans les semaines à venir. Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a ainsi déclaré que « rien » n’était « exclu » concernant la fourniture d’armements à l’Ukraine, y compris des avions de chasse réclamés par Kiev.
Volodymyr Zelensky a atterri hier, dans un appareil de la Royal Air Force, à l’aéroport londonien de Stansted, où il a été accueilli par le chef du gouvernement britannique, avant de rejoindre le 10 Downing Street sous les applaudissements. Restée secrète jusqu’aux dernières heures, cette visite « témoigne du courage de son pays, de sa détermination et de son combat », a insisté M. Sunak dans un communiqué. Après leur entretien, Volodymyr Zelensky s’est adressé au Parlement, avant de se rendre au palais de Buckingham pour y rencontrer le roi Charles III.
Attendu aujourd’hui à Bruxelles pour un sommet de l’Union européenne afin d’évoquer le soutien militaire supplémentaire qu’il réclame à ses alliés occidentaux, le président ukrainien devait dîner le soir à l’Élysée avec son homologue français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz. « Ce sera l’occasion de réaffirmer le soutien indéfectible de la France et de l’Europe à l’Ukraine, et de poursuivre l’étroite coordination qui permet de répondre avec réactivité et efficacité aux besoins exprimés par Kiev », a affirmé, avant la rencontre, la présidence française dans un communiqué.
C’est la première fois que Volodymyr Zelensky quitte le territoire ukrainien depuis une visite de quelques heures, le 21 décembre, à Washington. Il avait alors été reçu à la Maison-Blanche par le président Joe Biden et s’était exprimé devant le Congrès américain, ovationné par les élus des deux Chambres.
Promesses de soutien
Pour son déplacement au Royaume-Uni, Londres a promis de débloquer « une augmentation immédiate des livraisons d’équipements militaires pour aider à contrer l’offensive de printemps de la Russie », avec notamment des capacités de plus longue portée que ce dont dispose l’armée ukrainienne jusqu’à présent, selon un communiqué des services du Premier ministre.
Cela va s’ajouter à « un soutien à long terme » sous la forme de formation des troupes ukrainiennes, étendue aux pilotes d’avion de chasse « afin de garantir que l’Ukraine puisse défendre son espace aérien à l’avenir ». « Cette formation permettra aux pilotes d’être en mesure de piloter des avions de combat sophistiqués répondant aux normes de l’OTAN » tels que réclamés par Kiev, est-il ajouté, soulignant la volonté de Londres de s’engager à long terme. Le Royaume-Uni a annoncé hier un renforcement de ses sanctions contre le secteur de la défense russe, et notamment la production de drones.
S’exprimant depuis Downing Street, M. Zelensky a remercié le Royaume-Uni pour le « grand soutien (du pays) depuis les premiers jours de l’invasion » russe. « Merci beaucoup. Nous sommes vraiment fiers et nous avons de très bonnes relations avec Rishi » Sunak, a-t-il ajouté. Le Royaume-Uni a fourni à Kiev 2,3 milliards de livres (2,5 milliards d’euros) d’aide militaire l’an dernier. Le gouvernement s’est engagé à maintenir cette année ce niveau d’aide, le deuxième dans le monde après les États-Unis. Londres a livré des armes létales à l’armée ukrainienne avant même le lancement de l’invasion russe, le 24 février 2022, et a été le premier pays à annoncer en janvier son intention de lui envoyer des chars lourds, 14 Challenger 2, avant d’être suivi par l’Allemagne avec ses Leopard et les États-Unis avec leurs Abrams.
Côté américain, le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba s’est entretenu mardi avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken d’une « nouvelle aide militaire et de nouvelles sanctions contre la Russie » à l’approche de l’anniversaire de l’invasion. Dans l’immédiat, Kiev s’inquiète de ne pas recevoir les blindés occidentaux à temps pour repousser une éventuelle nouvelle attaque russe de grande envergure. Mardi, la Russie a même revendiqué le « succès » de sa récente offensive dans l’est de l’Ukraine. Dans les librairies russes, de nouvelles cartes ont été mises en vente incluant dans le territoire russe les quatre régions ukrainiennes annexées l’année dernier, décrites régulièrement par le président russe Vladimir Poutine comme « les terres historiques » de la Russie.
Source : AFP


Bravo la Grande Bretagne, la France se cherche…..
12 h 59, le 09 février 2023