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Monde - Pérou

Lima se prépare à de nouvelles manifestations malgré l’état d’urgence

Des milliers de contestataires convergeaient hier vers la capitale péruvienne, où ils comptent se rassembler en masse cette semaine pour réclamer la démission de la présidente Dina Boluarte et de nouvelles élections.

Lima se prépare à de nouvelles manifestations malgré l’état d’urgence

Des membres de l’ethnie des Chancas, de la région des Andes, se dirigent vers la capitale péruvienne pour réclamer le départ de la présidente Dina Boluarte, le 16 janvier 2023. Cris Bouroncle/AFP

« Nous allons dans la capitale pour faire entendre notre voix de protestation », a déclaré Jimmy Mamani, un chef indigène Aymara de la région de Puno. Le maire du village de San Isidro veut croire que cette marche sera de l’acabit des manifestations de juillet 2000 contre l’ancien autocrate Alberto Fujimori. Depuis lundi, des centaines de paysans comme lui avalent les 1 350 kilomètres qui les séparent de la capitale pour organiser une manifestation « pacifique ». Dans la nuit de lundi à mardi, des dizaines de protestataires ont marché vers la place San Martin, l’épicentre historique des mouvements sociaux à Lima.

Depuis le début des manifestations il y a cinq semaines, au moins 42 personnes sont mortes dans des affrontements entre les protestataires et la police, selon le bureau de l’Ombudsman péruvien. Au cœur des revendications : la démission de Dina Boluarte, qui a remplacé l’ex-président destitué Pedro Castillo, la tenue immédiate d’élections et la convocation d’une Assemblée constituante. Après avoir vu toutes ces requêtes rejetées, beaucoup, comme Jimmy Mamani, jugent que le gouvernement « fait la sourde oreille ». La situation ne s’apaise toujours pas depuis la destitution le 7 décembre de Pedro Castillo, que le Parlement accuse de tentative de coup d’État. L’ancien président avait notamment essayé de dissoudre le Congrès et de gouverner par décret. Des faits qualifiés de rébellion pour lesquels il est toujours détenu.

« À pied s’il le faut »

Dans le sud du pays, où M. Castillo compte de nombreux sympathisants, quelque 200 habitants d’Andahuaylas ont été bloqués par la police, sur leur chemin vers la capitale. « La police nous empêche d’aller à Lima. La putschiste leur a probablement donné des ordres pour nous attaquer sur le chemin », affirme Julian Huaman, 30 ans agriculteur, drapeau de la région Apurimac à la main, en faisant allusion à la présidente. « On nous a déjà bloqués en haut (de la montagne). Ils ont tout contrôlé, fait ouvrir tous les sacs. Mais on a les mains propres », explique un des leaders, Abdon Felix Flores Huaman, 30 ans, paysan mais aussi psychologue au chômage. Le groupe est parti dimanche après-midi de Andahuaylas, un des épicentres des manifestations et où au moins deux personnes sont mortes en décembre. « Dans les communautés, chacun a donné un ou deux sols (24 à 48 centimes d’euro). Avec cet argent, on va à Lima », affirme-t-il.

« Nous irons à Lima, peu importe la manière. À pied s’il le faut (...) Dina Boluarte a dit qu’elle ne voulait pas nous voir, alors elle va nous entendre », a affirmé Anastasia Lipe Quispe, 63 ans et dont les cinq fils sont paysans. Depuis Cusco, des dizaines d’autres sont partis en bus pour Lima. Un voyage de 15 heures au minimum, pour abattre environ 1 100 kilomètres. Tous ont pour objectif de « faire partir cette femme (Boluarte) », a affirmé un de ces manifestants qui a requis l’anonymat.

Dans la région de La Libertad (Nord), des habitants bloquaient la route reliant cette région à la capitale avec des pneus, comme dans plusieurs autres localités du Pérou. À Puno, c’est le pont d’Ilave, qui relie le Pérou à la Bolivie, qui est occupé par des dizaines de protestataires. L’un des habitants de la ville, Richard Acero, a dénoncé la « confiscation du pouvoir économique par ce petit groupe qui ne nous représente pas ».

En effet, la crise est entre autre le reflet de l’énorme fossé entre la capitale et les provinces pauvres qui soutenaient le président Castillo et voyaient son élection comme une forme de revanche sur le mépris de Lima. Afin de juguler ces mouvements populaires, l’exécutif a décrété dimanche l’état d’urgence pour 30 jours à Lima, Cusco, Callao et Puno, permettant à l’armée d’intervenir pour maintenir l’ordre.

Des manifestants bravent depuis lundi cette mesure, qui autorise aussi la restriction de plusieurs droits fondamentaux, comme celui de protester. Le ministre de la Défense, Jorge Chavez, a averti que le nécessaire serait fait pour « éviter une situation de violence », bien que le gouvernement ait aussi déclaré que le droit de manifester serait

respecté.

Source : AFP

« Nous allons dans la capitale pour faire entendre notre voix de protestation », a déclaré Jimmy Mamani, un chef indigène Aymara de la région de Puno. Le maire du village de San Isidro veut croire que cette marche sera de l’acabit des manifestations de juillet 2000 contre l’ancien autocrate Alberto Fujimori. Depuis lundi, des centaines de paysans comme lui avalent les 1 350 kilomètres qui les séparent de la capitale pour organiser une manifestation « pacifique ». Dans la nuit de lundi à mardi, des dizaines de protestataires ont marché vers la place San Martin, l’épicentre historique des mouvements sociaux à Lima.Depuis le début des manifestations il y a cinq semaines, au moins 42 personnes sont mortes dans des affrontements entre les protestataires et la police, selon le bureau de...
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