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Sport - Football

Ronaldo, le nouveau prince d’al-Nassr

Pour marquer son arrivée dans le championnat saoudien, la superstar portugaise a été présentée en grande pompe mardi devant 30 000 spectateurs au Mrsool Park de Riyad.

Ronaldo, le nouveau prince d’al-Nassr

Cristiano Ronaldo sur la pelouse du Mrsool Park de Riyad, mardi lors de sa présentation officielle, après avoir signé pour deux ans et demi au sein du club d’al-Nassr en Arabie saoudite. Jorge Ferrari/AFP

Il en avait presque perdu l’habitude. Après six mois de galères à trépigner sur les bancs de Manchester United et de la sélection portugaise, Cristiano Ronaldo a de nouveau un stade, voire un pays tout entier à ses pieds.

Cet engouement des supporters de son nouveau club, venus garnir à plus de 30 000 les tribunes du Mrsool Park pour venir l’acclamer, a forcément dû flatter le quintuple Ballon d’or, victime d’un soudain déclassement depuis la saison dernière. Tandis qu’il se voyait encore titulaire à la pointe de l’attaque des plus grosses écuries européennes, il a vu les portes se fermer une à une tant ses prétentions salariales semblaient en inadéquation avec son niveau réel.

Après avoir rompu son contrat avec Manchester United au moment de débarquer au Qatar pour disputer sa dernière Coupe du monde, le Portugais s’est donc laissé tenter par une nouvelle aventure dans le Golfe.

« Je suis unique »

Il faut dire qu’à la vue du contrat en or que les dirigeants d’al-Nassr ont mis sur la table, il y avait de quoi se laisser convaincre. En s’engageant jusqu’en juin 2025 avec le club de Riyad, « CR7 » devient tout simplement le sportif le mieux payé de la planète. Si l’on cumule son salaire de joueur à ses engagements commerciaux pour promouvoir l’image de l’Arabie saoudite, ses gains annuels avoisineront la bagatelle de 200 millions d’euros.

Une somme aussi astronomique qu’inespérée pour un joueur au crépuscule de sa carrière et qui fêtera ses 38 ans en février. Et ce dernier n’a pas caché sa joie de monnayer de la sorte les quelques années à haut niveau qui lui reste : « C’est un contrat unique pour un joueur unique. C’est bon de venir ici, j’ai battu tous les records là-bas (en Europe) et je veux en battre quelques autres ici », a-t-il résumé lors de la conférence de presse organisée en amont de sa présentation, sous l’œil amusé de son nouvel entraîneur Rudi Garcia.

Outre ses nouveaux émoluments, Ronaldo a justifié son choix en estimant qu’il avait déjà bouclé la boucle sur les pelouses du Vieux Continent : « En Europe mon travail est terminé, j’ai tout gagné, j’ai joué dans les clubs les plus importants, a-t-il ajouté. De nombreux clubs en Europe mais aussi au Brésil, en Australie, aux États-Unis et même au Portugal ont tenté de me faire signer, mais j’avais donné ma parole à ce club », a assuré l’attaquant vedette, arrivé la veille au soir à Ryad.

Ronaldo, recordman du nombre de buts marqués en sélection comme en Ligue des champions, a souligné que le football avait changé ces « dix à vingt dernières années », citant la victoire de l’Arabie saoudite contre l’Argentine au premier tour du Mondial.

Le Portugais s’est toutefois distingué par un joli lapsus en évoquant l’Afrique du Sud, et non l’Arabie saoudite, comme nouveau pays d’accueil. « Pour moi, ce n’est pas la fin de ma carrière de venir en Afrique du Sud », a-t-il lâché sans même se reprendre. « Et pour être honnête, je ne me préoccupe pas du tout de ce que disent les gens », a-t-il ajouté en balayant toute notion d’exil ou de préretraite dorée.

L’Arabie saoudite, pays désertique de 35 millions d’habitants, est secoué par la « Ronaldomania » depuis l’annonce de son recrutement.

Si l’ancien Mancunien n’est pas la première vedette vieillissante du football à s’engager dans un club du Golfe, ni même le premier Ballon d’or à rejoindre les rangs d’al-Nassr (Hristo Stoitchkov, Ballon d’or 1994, avait effectué une pige dans le club de Riyad en 1998), jamais encore un joueur de son calibre n’avait signé dans la région, et encore moins pour de tels émoluments.

« L’Asie n’a jamais rien vu de tel », relate le quotidien anglophone Gulf News basé à Dubaï. « Partout où il ira, il captera l’attention et si seulement 10 % de ses followers s’intéressent à son nouveau club, la Ligue saoudienne va devenir une des plus regardées au monde. »

Une star qui en appelle d’autres ?

Avec ce gros coup, al-Nassr, dont le compte Instagram a gagné des millions d’abonnés en quelques heures, entend donner un sérieux coup de fouet à une équipe fondée en 1955, sevrée de titre national depuis 2019 et désireuse de faire bonne figure dans la Ligue des champions asiatique, dont son rival saoudien al-Hilal est tenant du titre et le club le plus sacré.

« CR7 », avec son palmarès hors norme, fait office de tête de gondole pour un projet qui se veut plus grand. Son ancien partenaire au Real Madrid, le milieu croate Luka Modric, est dans le viseur du club jaune et bleu, comme le milieu français de Chelsea N’Golo Kanté, selon un responsable du club souhaitant rester anonyme.

Al-Nassr, ajoute cette source, souhaite mettre en place les « nouveaux Galactiques », une référence au Real Madrid des années 2000 et son empilement de stars, du Portugais Luis Figo à l’Anglais David Beckham, en passant par le Brésilien Ronaldo et le Français Zineddine Zidane.

Ronaldo débarque à Riyad quelques semaines après son élimination avec le Portugal en quarts de finale du Mondial au Qatar, premier pays du Golfe à accueillir la compétition reine. L’Arabie saoudite rêve d’imiter son riche voisin, avec une candidature possible pour l’édition 2030 avec l’Égypte et la Grèce.

Son arrivée retentissante a en tout cas déjà attiré la lumière sur la pétromonarchie saoudienne présente dans le sport de haut niveau via la Formule 1, la boxe ou le golf, et dont un consortium a récemment pris possession du club anglais de Newcastle.

Certains dénoncent une stratégie de « sportswashing », une tentative pour le régime conservateur dirigé par le prince Mohammad ben Salmane de faire passer au second plan les critiques sur son bilan en matière de droits humains.

Au sein du club jaune et bleu, Ronaldo sera dirigé par le Français Rudi Garcia et côtoiera d’anciens pensionnaires de Ligue 1 comme le gardien colombien David Ospina, le milieu brésilien Luiz Gustavo et l’attaquant camerounais Vincent Aboubakar.

G.B. avec AFP

Il en avait presque perdu l’habitude. Après six mois de galères à trépigner sur les bancs de Manchester United et de la sélection portugaise, Cristiano Ronaldo a de nouveau un stade, voire un pays tout entier à ses pieds. Cet engouement des supporters de son nouveau club, venus garnir à plus de 30 000 les tribunes du Mrsool Park pour venir l’acclamer, a forcément dû flatter le quintuple Ballon d’or, victime d’un soudain déclassement depuis la saison dernière. Tandis qu’il se voyait encore titulaire à la pointe de l’attaque des plus grosses écuries européennes, il a vu les portes se fermer une à une tant ses prétentions salariales semblaient en inadéquation avec son niveau réel.Après avoir rompu son contrat avec Manchester United au moment de débarquer au Qatar pour disputer sa dernière Coupe du...
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