Scènes de liesse sur les Champs-Élysées à Paris pour célébrer la qualification de l’équipe de France pour la finale de la Coupe du monde 2022. Julien de Rosa/AFP
« On est en finale, on est en finale, on est, on est, on est en finale ! » Plus le temps passe, plus les supporters tricolores commencent à avoir l’habitude de scander ce fameux slogan. Seulement quatre ans après avoir déambulé dans les rues de l’Hexagone pour célébrer le sacre mondial des Bleus en Russie, des dizaines de milliers de supporters se sont réunis spontanément, malgré le froid, sur les Champs-Élysées dès la fin du match, pendant que les voitures qui descendaient la célèbre avenue parisienne faisaient retentir leur klaxon.
« C’est la fête, on a gagné, on est en finale. Pour moi, on gagne sans aucun doute (la finale de dimanche, NDLR), c’est à nous cette étoile, je voulais vivre ça sur les Champs, c’est une fois dans sa vie », s’enthousiasmait Anna Issa, 18 ans, venue de La Réunion à Paris « faute d’aller au Qatar ».
« Je suis très content de retrouver la finale, c’est la deuxième fois en quatre ans », a renchéri Sylvain Badin, 24 ans. « Et quel plaisir de retrouver l’Argentine. Je suis venu partager un moment de joie », a-t-il ajouté avant de plier et de ranger son drapeau français pour tenter de retrouver un ami.
Plus tôt durant le match, quelques dizaines de supporters marocains s’étaient rassemblés, drapeau rouge étoilé de leur pays sur le dos, pour suivre la rencontre sur leur téléphone portable.
« Ça ne reste que du foot »
« On a perdu, mais ça ne reste que du foot, on a écrit l’histoire en allant en demi-finale (...) On est fier de notre pays et content pour la France », a insisté de son côté Kamal Seddiki, un étudiant marocain de 22 ans.
Quand la France a doublé la mise par Randal Kolo Muani (79e), le but a été salué par un car de CRS qui a déclenché sa sirène alors qu’il y avait une forte présence de policiers et de gendarmes, certains équipés de casques et boucliers.
Quelque 10 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés en France pour encadrer les supporters des deux équipes. Les forces de l’ordre avaient procédé à 170 arrestations, dont cent à Paris après les incidents survenus à l’issue des qualifications samedi dernier du Maroc et de la France en demi-finales. Peu avant 23h00, une charge de CRS a dispersé des centaines de supporters, dont certains tiraient des feux d’artifice, réunis autour de l’Arc de Triomphe.
Dans le même temps, à Bordeaux, la bien-nommée place de la Victoire a également revêtu ses habits de gala avec son cortège de feux d’artifice et de fumigènes.
Selon la préfecture, 2 500 personnes se trouvaient sur la place vers 22h30, sans débordement apparent. « France-Maroc, c’est une belle rencontre. On est content d’aller en finale contre l’Argentine. L’ambiance était super, à la Victoire, il y a toujours de l’ambiance », s’est réjoui Sybil Barbier, un étudiant en journalisme de vingt ans.
« On est content pour la France », a assuré Hossam Boutalah, un étudiant de vingt ans, drapeau marocain sur le dos. « On est des frères après tout, on est ensemble. C’est notre deuxième pays. Le Maroc a bien joué et aurait mérité de mettre un but. »
À Marseille, 3 000 personnes étaient présentes dans le Vieux-Port. Aucun incident notable n’a été à déplorer. Il y avait aussi plusieurs milliers de supporters dans le centre de Nice, tandis qu’à Montpellier, sur la place de la Comédie, les esprits se sont échauffés peu avant la fin du match, mais l’intervention des forces de l’ordre a permis un retour rapide au calme et l’ambiance est redevenue festive, selon la préfecture.
Interpellations à Avignon et Lyon
Mêmes scènes de liesse du côté de Lyon. Mais, peu après la fin du match, « un groupe de jeunes d’extrême droite s’est rapproché des supporters rassemblés sur la place Bellecour. Il y a eu une rixe et la police est rapidement intervenue pour repousser le groupe et le suivre », selon une source préfectorale, qui a fait état de six interpellations, dont deux parmi les militants du groupuscule d’extrême droite.
Alors que plusieurs centaines de jeunes étaient rassemblés, certains faisaient exploser des pétards et des feux d’artifice. Des projectiles ont également été lancés sur les forces de l’ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, selon un journaliste de l’AFP sur place.
Des interpellations aussi à Avignon : 14 dont huit pour tirs de mortier, selon un bilan de la police transmis à l’AFP. Aucun incident en revanche répertorié à Strasbourg, mais un rassemblement place Kléber, au pied de l’emblématique arbre de Noël où des supporters, sous la neige, ont entonné la Marseillaise.
Hormis quelques incidents mineurs, ce France-Maroc sera bel et bien resté une grande fête populaire qui aura réchauffé les cœurs des supporters français et marocains malgré la venue de l’hiver.
Source : AFP

