Cristiano Ronaldo prostré sur la pelouse du stade al-Thumama de Doha après l’élimination du Portugal face au Maroc (1-0) en quarts de finale du Mondial 2022. Manan Vatsyayana/AFP
L’heure du bilan n’a pas encore sonné, mais une fois encaissé le choc de l’élimination, celui-ci ne devrait pas tarder à être dressé. Avec en entrée l’épineuse question de l’avenir de Cristiano Ronaldo sous le maillot rouge et vert. Âgé de 37 ans, le quintuple Ballon d’or n’a pas encore parlé de retraite internationale, mais les deux derniers matchs débutés sur le banc et son faible impact sur le jeu développé par la formation de Fernando Santos ont tout l’air d’un crépuscule inéluctable.
En tout cas, la presse lusitanienne semble déjà avoir tourné la page : « Début d’une ère : l’après-
Cristiano », titrait ainsi le quotidien sportif Record après la spectaculaire victoire des Portugais en huitièmes de finale contre la Suisse (6-1).
L’échec contre le Maroc a sans doute relativisé l’idée d’un changement total d’époque, mais le Portugal a l’opportunité de se trouver de nouveaux hommes forts après avoir été pendant longtemps sous l’aile et l’aura de son capitaine, véritable monstre sacré de la Seleção avec la bagatelle de 196 caps et 118 buts inscrits sous les couleurs portugaises.
La mue s’opérera vraisemblablement sous la houlette de Fernando Santos, le sélectionneur de 68 ans possédant un contrat jusqu’à l’Euro 2024 en Allemagne pour diriger une nation pétrie de talents, mais qui devra bien négocier la transmission du flambeau.
Gérer l’après-Pepe
Au poste de gardien de but, Diogo Costa (23 ans), portier du FC Porto très courtisé, devrait garder les cages portugaises pendant un bon bout de temps. Il s’est emparé de la place de numéro 1 aux dépens de l’expérimenté Rui Patricio (34 ans) lors des barrages au Mondial 2022, mais a parfois semblé fébrile au Qatar, notamment contre le Maroc.
L’axe de la défense apparaît en revanche comme l’un des secteurs où le Portugal va connaître le plus de difficultés pour gérer la transition générationnelle. Toujours auteur de performances remarquables alors qu’il fêtera ses 40 ans dans deux mois, Pepe laissera, lui aussi, un grand vide quand il décidera de raccrocher.
Réputé conservateur, Fernando Santos s’est révélé encore plus frileux en charnière ces dernières années, où il n’a pas testé beaucoup de combinaisons. Derrière son vétéran, seuls le stoppeur de Manchester City Ruben Dias (25 ans) et le polyvalent Parisien Danilo Pereira (31 ans), récemment adapté à cette position, lui ont offert des garanties. Malgré son assurance déconcertante du haut de ses 19 ans, le jeune Antonio Silva apparaît encore un peu vert.
Le milieu de terrain a tout pour devenir la force de la sélection portugaise dans les prochaines années, tant elle y possède du talent, des solutions et des profils différents.
Cadres de la Seleção, les métronomes des deux Manchester, Bernardo Silva et Bruno Fernandes, devraient prendre, à 28 ans, davantage d’épaisseur. Silva, d’une nature discrète, semble fait pour le rôle de leader technique comme à City. Fernandes, par son fort caractère, aspire à celui de leader du vestiaire et à la charge de capitaine qu’il remplit déjà à United.
À la recherche d’un nouveau buteur
Le reste de l’entrejeu portugais, plutôt jeune à l’image du créatif du Paris SG Vitinha (22 ans), pourra, en théorie, répondre positivement à de nombreux besoins en fonction des choix du sélectionneur.
La perte d’influence de Cristiano Ronaldo en attaque va en revanche obliger les champions d’Europe 2016 à trouver un héritier au quintuple Ballon d’or, formidable machine à buts. Une tâche qui paraît compliquée dans l’immédiat, aucun joueur ne semblant véritablement en mesure de porter le lourd costume de buteur attitré de la Seleção.
Au Qatar, c’est le jeune avant-centre du Benfica Lisbonne Gonçalo Ramos (21 ans) qui a tiré son épingle du jeu avec un tonitruant triplé contre la Suisse pour sa première titularisation en sélection. Mais il a été bien maîtrisé ensuite par la défense marocaine, preuve qu’il doit encore s’aguerrir.
Malgré leurs qualités évidentes à la finition, l’ailier de l’AC Milan Rafael Leao et l’attaquant de l’Atlético Madrid Joao Félix, âgés de 23 ans, doivent encore s’imposer définitivement avec le maillot portugais.
Alors que ses débuts avec le Portugal entre 2016 et 2017 avaient été prolifiques, André Silva a lui perdu sa place et son influence au fil du temps. Blessé et absent au Mondial 2022, l’attaquant de Liverpool Diogo Jota (29 sélections, 10 buts) paraît donc, à 25 ans et dans un style similaire à celui de son illustre aîné, le plus à même de succéder à « CR7 ».
Source : AFP

