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Monde - Scandale

L’avenir du président sud-africain dans la tourmente

L’avenir du président sud-africain dans la tourmente

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa au cours d’une conférence de presse au Parlement national au Cap, en juin 2022. Rodger Bosch/AFP

Il reste ou il jette l’éponge ? L’avenir politique du président sud-africain Cyril Ramaphosa est en jeu en raison d’un scandale lié à un cambriolage chez lui, où des liasses de dollars ont été retrouvées cachées dans un canapé. Après l’hypothèse tenace d’une démission la veille, plusieurs indicateurs penchaient désormais du côté de la stabilité. Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir, n’est pas parvenu hier à trancher sur le sort du président Cyril Ramaphosa, après la publication d’un rapport recommandant l’ouverture d’une procédure de destitution à son encontre pour malversations financières.

Les caciques du parti de Nelson Mandela, plombé par la corruption et une guerre de factions, se sont brièvement réunis dans l’après-midi. Son secrétaire général Paul Mashatile a expliqué que le parti voulait examiner de plus près les faits dans l’affaire visant le président. Le comité exécutif national de l’ANC, constitué d’environ 80 membres, se réunira de nouveau avant le 6 décembre, date de l’examen du rapport par le Parlement, a annoncé Paul Mashatile, qui est aussi trésorier général de l’ANC.

« Farmgate »

L’avenir du chef de l’État est en suspens depuis la publication, mercredi, d’un rapport concernant la découverte, en 2020 lors d’un cambriolage, de millions de dollars en liquide dans une ferme d’élevage lui appartenant et sur le fait qu’il n’a jamais signalé la perte de cette somme. Ce « Farmgate », comme l’a surnommé la presse sud-africaine, a éclaté en juin. La découverte du vol à Phala Phala, le ranch de Cyril Ramaphosa au nord de Pretoria, a soulevé des interrogations sur la provenance de ces sommes et sur leur éventuelle dissimulation au fisc. Cyril Ramaphosa a démenti depuis toute irrégularité et n’a pour l’heure été inculpé d’aucun délit. Le chef de l’État a expliqué que la somme en jeu était bien inférieure aux 4 à 8 millions de dollars cités dans les médias et qu’il s’agissait des recettes issues de la vente d’animaux sauvages. Selon lui, un homme d’affaires soudanais est venu dans son domaine acheter vingt buffles et a payé en liquide. Un employé aurait ensuite cru bon de cacher l’argent sous des coussins plutôt que dans un coffre-fort auquel plusieurs salariés avaient accès. Ancien syndicaliste devenu homme d’affaires, Cyril Ramaphosa a été élu président en 2018 sur un programme notamment axé sur la lutte contre la corruption.

« Les débats sont féroces, mais il (Ramaphosa) va s’en sortir », croyait savoir un cadre de l’ANC sous couvert d’anonymat. Jeudi, le chef de l’État avait passé la journée à consulter les poids lourds de son parti, écoutant les conseils, pesant ses soutiens. Et il en a reçu beaucoup, le monde des affaires et une bonne partie de l’ANC volant à son secours, tout comme, plus surprenant, le chef de l’Église anglicane. « Personne ne devrait être au-dessus de la loi, mais porter un jugement définitif sur une personne en se basant sur une commission d’enquête préliminaire, qui n’a pas fait de détermination finale des faits, pourrait conduire à l’anarchie », a plaidé Mgr Thabo Makgoba, successeur de Desmond Tutu. Le président de l’ANC, Gwede Mantashe, a indiqué hier qu’« il serait prématuré que le président démissionne », tentant ainsi de rassurer les marchés qui ont essuyé un vent de panique la veille.

« Cyril » ou le chaos. C’est bien ce qui préoccupe nombre de Sud-Africains, y compris dans l’opposition, et les grands acteurs économiques. Le rand, monnaie nationale, s’est stabilisé après une vive chute jeudi. Tout semblait pourtant aller au mieux pour le président en début de semaine, à quinze jours d’une conférence cruciale de l’ANC. Il partait grand favori pour obtenir le 16 décembre la confiance du parti en vue d’un second mandat en 2024. Majoritaire au Parlement depuis 1994, l’ANC choisit le chef de l’État depuis la fin de l’apartheid et l’avènement de la démocratie. Si Cyril Ramaphosa obtient le soutien de la direction de l’ANC, une procédure de destitution au Parlement serait peu susceptible d’aboutir, au vu de la domination de l’ANC, et ce malgré le rapport de la commission parlementaire qui évoque la possibilité de « violations et de fautes » dans le cadre du cambriolage de la ferme, qui a révélé 580 000 dollars en espèces cachés sous les coussins d’un canapé dans « une chambre d’amis peu utilisée ».

Sources : agences

Il reste ou il jette l’éponge ? L’avenir politique du président sud-africain Cyril Ramaphosa est en jeu en raison d’un scandale lié à un cambriolage chez lui, où des liasses de dollars ont été retrouvées cachées dans un canapé. Après l’hypothèse tenace d’une démission la veille, plusieurs indicateurs penchaient désormais du côté de la stabilité. Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir, n’est pas parvenu hier à trancher sur le sort du président Cyril Ramaphosa, après la publication d’un rapport recommandant l’ouverture d’une procédure de destitution à son encontre pour malversations financières.Les caciques du parti de Nelson Mandela, plombé par la corruption et une guerre de factions, se sont brièvement réunis dans l’après-midi. Son secrétaire général Paul Mashatile a...
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