La plaque commémorative de l’inauguration du bureau régional de l’Unesco, rénové, à Beyrouth. Photo DR
L’Unesco a inauguré lundi 7 novembre son bureau régional nouvellement rénové à Beyrouth, au cours d’une cérémonie officielle placée sous le patronage du Premier ministre Nagib Mikati, représenté par le ministre de la Culture, le juge Mohammad Mortada, et en présence du ministre de l’Information Ziad Makari, du vice-président du Parlement Élias Bou Saab, du sous-directeur général de l’Unesco Nicholas Jeffreys, de la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban Joanna Wronecka, de personnalités politiques et diplomatiques et d’organismes culturels. À cette occasion, l’Unesco a renouvelé son engagement à servir la région arabe, 50 ans après son établissement à Beyrouth, et après les travaux de rénovation qui ont été achevés au cours des deux dernières années.
« La relation de l’Unesco avec la région arabe, et Beyrouth en particulier, a commencé le 17 novembre 1948, lorsque le Liban a accueilli à Beyrouth la troisième session de la Conférence générale de l’Unesco, a déclaré Costanza Farina, directrice du bureau régional de l’Unesco. La conférence a eu lieu au palais de l’Unesco, à quelques minutes d’ici. Les articles de presse de l’époque notent que la tenue de la conférence dans la région soulevait des questions politiques. Cependant, le Dr Charles Malek, coauteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme et délégué du Liban auprès de l’Unesco, a déclaré à juste titre que cette institution devait avant tout être au-dessus de la politique. À l’Unesco, nous avons respecté cet impératif. Soixante-quinze ans après, en 2022, notre objectif reste le même, à savoir déclencher des changements positifs grâce à notre mandat unique dans les domaines de l’éducation, de la culture, des sciences sociales, de la communication et de l’information. » Elle a ajouté : « Chaque jour, depuis Beyrouth, nous travaillons avec toutes les capitales arabes. Cependant, Beyrouth occupe une place spéciale et unique pour l’Unesco. Elle nous accueille tous avec beaucoup de courtoisie et de gentillesse, elle nous inspire par sa riche diversité, son histoire, sa culture et son style de vie. Lorsque la tragédie a frappé le port de Beyrouth le 4 août 2020, nous l’avons vécue avec vous, et sous la direction de la directrice générale Mme Audrey Azoulay, l’Unesco a immédiatement lancé une nouvelle initiative phare LiBeirut, qui a mobilisé des ressources et réuni les principales parties prenantes pour placer l’éducation et la culture au cœur du redressement de Beyrouth. Aujourd’hui, le Liban est confronté à des crises multiples et complexes, et l’Unesco est toujours là et continuera d’être là. » Costanza Farina a poursuivi : « Conformément à son engagement continu envers le Liban, à partir de 2020-2022, l’Unesco a investi ses propres ressources pour rénover le bâtiment, avec une infrastructure, un mobilier, une façade et des équipements améliorés, tout en marquant également son cinquantième anniversaire en tant que bureau régional. Avec cette histoire riche et complexe derrière nous, je me tourne avec enthousiasme vers un avenir radieux. La vie a beaucoup changé depuis 1961, et si l’extérieur de notre bâtiment a été rénové et l’intérieur réaménagé, une chose est restée la même, à savoir l’engagement et le soutien de l’Unesco envers le Liban et les pays arabes. »
Quant à Nicholas Jeffreys, il a affirmé qu’« à l’heure où l’Unesco s’emploie à renforcer son action au niveau régional, la présence du bureau de l’Unesco à Beyrouth apparaît plus pertinente que jamais. Les défis contemporains sont nombreux et multiformes. Les agences de l’ONU coopèrent pour relever ces défis et atteindre les objectifs de l’agenda 2030 sur le terrain. Le bureau régional de Beyrouth joue à cet égard un rôle fondamental dans la coordination globale de la participation et de la représentation de l’Unesco dans les structures de gouvernance des Nations unies dans la région. En outre, afin d’apporter des réponses plus inclusives, efficaces et cohérentes, mieux alignées sur les priorités de développement des États membres, l’Unesco a entamé une réflexion globale sur sa présence dans le monde, dans le but de renforcer ses structures régionales ». Il a ajouté : « Dans ce contexte, le bureau régional de l’Unesco à Beyrouth restera un pilier au niveau régional pour répondre aux besoins prioritaires des pays qu’il couvre, pour interagir avec les parties prenantes, y compris les gouvernements nationaux et les Nations unies. »
De son côté, Joanna Wronecka a félicité l’Unesco pour la rénovation de son bureau régional au Liban. « Cela confirme à nouveau l’engagement de l’Unesco envers le Liban et tous les pays arabes, a-t-elle déclaré. C’est aussi un message fort de soutien au gouvernement libanais dans cette crise sans précédent. L’Unesco et la famille des Nations unies se tiennent fermement aux côtés de toutes les personnes au Liban pour relever ces défis. »
Costanza Farina : « Conformément à son engagement continu envers le Liban, l’Unesco a investi ses propres ressources pour rénover le bâtiment. » Photo DR
Quant au ministre de la Culture, Mohammad Mortada, il a estimé que « le Liban, malgré toutes les crises, reste attractif pour d’innombrables organisations et pays, qui y trouvent un espace culturel ouvert à des possibilités illimitées de développement, en raison de la richesse et de la liberté de son patrimoine et de son peuple, ainsi que de sa capitale Beyrouth et de ce qu’elle représente, et que l’Unesco a classée comme ville créative pour la littérature en 2019 après avoir été capitale mondiale du livre en 2009 (…) Le Liban est le pays de Hamid Frangié qui a dirigé la Conférence générale de l’Unesco accueillie par Beyrouth en 1948, et le palais construit à cette occasion est toujours appelé palais de l’Unesco, bien qu’il soit devenu le siège principal du ministère libanais de la Culture. Le Liban est le pays de Aref el-Rayes, et des signes de Cadmos qui s’élèvent sur l’un des murs du siège de l’organisation à Paris, et le pays de l’imam Moussa Sadr, de Kamal Joumblatt, du cheikh Sobhi Saleh, de l’évêque Georges Khoder, du père Joachim Moubarak, de Mgr Grégoire Haddad et bien d’autres qui ont initié un dialogue islamo-chrétien dans les couloirs de l’organisation en 1977 afin que leur initiative soit le début de ce qui sera connu plus tard sous le nom de dialogue des religions... »
L’Unesco créée au Liban en 1961 entretient, depuis, un partenariat de longue date avec le Liban et la région arabe, au service de 19 États membres. Fondé en 1961 sous le nom de Centre des États arabes pour l’administration et la formation du personnel éducatif, le centre est devenu le bureau régional de l’Unesco pour l’éducation dans les États arabes en 1972, dans le cadre d’une politique de décentralisation. Pendant les années de guerre au Liban, le bureau a été temporairement déplacé au Caire, à Paris et à Amman (1975-1991). Il a progressivement rouvert ses portes à Beyrouth en 1992.

