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Sport - Ligue Des Champions

Pour Paris, une victoire à la Pyrrhus

Vainqueur (1-2) sur la pelouse de Turin, le PSG a toutefois perdu la première place de son groupe, dépassé au nombre de buts à l’extérieur par le Benfica Lisbonne, facile tombeur du Maccabi Haïfa (1-6), mercredi.

Pour Paris, une victoire à la Pyrrhus

Christophe Galtier, l’entraîneur du PSG, aux côtés de Marquinhos et d’Achraf Hakimi (à sa gauche), après la victoire de son équipe (1-2) sur la pelouse de la Juventus Turin. Insuffisant pour s’assurer la première place du groupe H de la Ligue des champions. Filippo Monteforte/AFP

À jamais les premiers... à perdre sa première place au sixième critère. L’histoire du PSG avec la Ligue des champions réserve décidément toujours son lot de surprises. Pour départager les Parisiens et les Lisboètes du Benfica, à égalité de points (14), tout comme sur les deux matchs qu’ils ont disputés (1-1 à l’Estadio de la Luz puis au Parc des Princes), ayant la même différence de but (+9), le même nombre de buts marqués (16) et de buts encaissés (9), il a fallu aller regarder du côté des nombres de buts inscrits à l’extérieur pour donner un avantage aux Portugais.

« Il y a toujours un petit truc »

Grâce à leur carton sur le terrain du Maccabi Haïfa, les Benfiquistes ont en effet dépassé les champions de France de trois unités sur ce dernier critère, qui n’avait jamais été invoqué jusqu’ici pour départager deux équipes dans un groupe de C1. En marquant à quatre reprises dans la dernière demi-heure, l’équipe lusitanienne a pris des cours des Parisiens qui se contentaient de conserver leur avance péniblement obtenue dans une rencontre où ils n’ont guère été brillants.

Toutefois, on ne pourra pas reprocher aux hommes de Christophe Galtier d’avoir fait le travail mercredi soir à Turin. Si la « Juve » n’est plus que l’ombre d’elle-même ces dernières années, s’imposer dans le Piémont n’est pas pour autant devenu une promenade de santé. D’autant qu’aucun club français n’était jusqu’ici parvenu à réaliser une telle performance. Mais la réalisation tardive de Joao Mario, portant le score à 6 buts à 1 en faveur des Lisboètes dans le temps additionnel sur le terrain d’Haïfa a tout renversé.

Lorsqu’il a appris la nouvelle, l’entraîneur parisien a bien essayé d’haranguer ses troupes pour marquer un troisième but, mais il était trop tard. Deuxième du groupe H, Paris risque donc de croiser plusieurs très gros morceaux dès les huitièmes de finale : le Bayern Munich, le Real Madrid ou Manchester City, entre autres.

Des équipes qui rappellent forcément de bien mauvais souvenirs au capitaine brésilien du club de la capitale, lui qui a connu les éliminations répétées contre ces trois adversaires lors des trois dernières campagnes européennes : « Il faut faire avec, soupire Marquinhos. Ça fait beaucoup de temps que je suis ici, il y a toujours un petit truc (...) Deuxième, cela présente des désavantages, mais les autres équipes aussi vont se dire qu’il va falloir jouer Paris. »

Manque d’intensité

Réponse lundi prochain à l’issue du tirage au sort qui se déroulera au siège de l’UEFA, à Nyon en Suisse. Paris peut s’en vouloir de n’avoir été plus joueur à Turin, ne marquant que sur deux éclairs de génie : un exploit individuel de Kylian Mbappé (1-0, 13e) propulsant un magnifique enroulé du droit de l’extérieur de la surface au ras du poteau gauche de Szczesny, après s’être débarrassé d’un petit pont un des deux défenseurs italiens qu’il a éliminés et un but de Nuno Mendes (2-1, 69e) lancé en profondeur par l’attaquant français. Mais le reste de sa prestation est resté assez terne, à l’image de celles affichées contre lesdits Portugais. « Il fallait en gagner un, on n’a pas réussi, il fallait surtout remporter celui à la maison », a également concédé Marquinhos.

Si le scénario est cruel, le PSG peut s’en vouloir de ne pas avoir joué tous ses matchs de C1 pied au plancher pendant 90 minutes, à part le précédent contre Haïfa (7-2), un manque d’intensité que Christophe Galtier souligne souvent.

Autre faiblesse, relative, si le PSG demeure l’une des deux seules équipes invaincues cette saison (l’autre étant justement Benfica) il encaisse encore trop de buts (sept en six matchs de C1). À l’image de celui concédé au Juventus Stadium par le capitaine turinois Leonardo Bonucci (1-1, 39e), qui aurait pu être accompagné de nombreux autres sans les multiples interventions salvatrices du même Marquinhos. Plein de jus et d’autorité, il a notamment contré une frappe d’Arkadiusz Milik (4e) avant de s’illustrer d’un sauvetage héroïque dans les pieds de Fabio Miretti, pourtant seul face au but après un décalage de Milik (35e).

« Marqui » a célébré son exploit d’un geste rageur, poing serré et rugissement de lion. Le système à quatre défenseurs lui va décidément mieux, il ne se trouve plus dans des zones grises de marquage. Mais cela ne consolera pas le « capi ». Cette fin cruelle gâche un peu la première victoire de l’histoire du PSG à Turin, une équipe qui l’avait dominé lors des quatre doubles confrontations différentes fois par le passé.

« Nous avons aussi concédé trop de buts sur coups de pied arrêtés, si on en avait pris un de moins, on serait en huitième avec la première place », note Christophe Galtier, qui compte toutefois attendre « sereinement » le tirage au sort : « De toute façon, si on veut aller loin, il faudra battre de grandes équipes. »

Le Real surclasse le Celtic

Parmi les adversaires que pourraient retrouver le PSG en février, le Real Madrid fait figure de principal épouvantail. Les champions d’Europe en titre ont surclassé le Celtic Glasgow (5-1) au stade Bernabéu et finissent leaders du groupe F.

Les Merengues ont rapidement pris les devants grâce à deux penalties transformés par Luka Modric (6e) et Rodrygo (20e) pour deux mains consécutives de Moritz Jenz et de Matthew O’Riley. Puis Marco Asensio (51e) et Vinicius (61e) ont creusé l’écart au retour des vestiaires, avant que Fede Valverde ne scelle le succès d’une frappe depuis l’entrée de la surface, comme à son habitude, à la 71e.

Après avoir essuyé leur première défaite de la saison la semaine dernière à Leipzig (3-2), et après avoir concédé un nul 1-1 contre le modeste Gérone samedi en Liga, les hommes de Carlo Ancelotti se sont bien rattrapés mercredi, en offrant leur plus large victoire de la saison à leur public. Un dernier succès continental, avant la coupure du Mondial (20 novembre-18 décembre), qui a permis au Ballon d’or fraîchement nommé de reprendre doucement le rythme.

Gêné par des douleurs à la cuisse gauche ces deux dernières semaines, Karim Benzema a débuté sur le banc, et il est entré en jeu à la place de Vinicius à la 62e minute, à un peu plus de deux semaines du début du Mondial. « Karim a eu de bonnes sensations sur ce match, donc il sera disponible pour lundi, comme Tchouaméni », pour le match de Liga contre le Rayo Vallecano, a rassuré Ancelotti en conférence de presse d’après-match, satisfait de voir son principal atout offensif refouler les pelouses.

Dans l’autre rencontre de ce groupe F, le RB Leipzig a assuré face aux Ukrainiens du Shaktar Donetsk qu’ils affrontaient, invasion russe oblige, à Varsovie. Emmené par un Christopher Nkunku plus indispensable que jamais, auteur du premier but et d’une passe décisive lors de la large victoire des Allemands (4-0), synonyme de qualification (2e avec 12 points).

Giroud qualifie le Milan

Un match nul suffisait à leur bonheur, mais c’est par une large victoire (4-0) contre Salzbourg, et avec la manière que l’AC Milan a décroché son ticket pour le tour suivant, grâce à un Olivier Giroud étincelant, auteur d’un doublé et de deux passes décisives.

C’est la première fois depuis la saison 2013/14 que le club italien le plus titré en C1 (sept sacres) atteint ce stade de la compétition. Les Lombards finissent logiquement deuxièmes de leur groupe E, derrière Chelsea (1er avec 13 points) qui avait remporté leurs deux confrontations. Salzbourg, auteur malgré tout d’un bon match, poursuivra son aventure européenne en Ligue Europa.

Dans un stade San Siro chauffé à blanc, les Milanais se sont montré dangereux dès la 3e minute, quand une frappe croisée de Théo Hernandez, omniprésent, a touché le poteau.

La jeune équipe de Salzbourg, très entreprenante et sans complexe, aura donné du fil à retordre aux Rossoneri pendant toute la première période par son pressing généreux, mettant à mal une défense centrale milanaise à la peine tout en se créant de multiples occasions comme sur une frappe de Kjaergaard (10e), un tir en pivot d’Adamu (17e) ou une tentative de Susic (38e) détournée par Tatarusanu.

Mais les hommes de Stefano Pioli ont toutefois réussi à ouvrir la marque sur corner, d’une tête puissante de Giroud (14e). L’attaquant français a bien cru avoir réalisé le doublé à la 26e, mais il a finalement été signalé en position de hors-jeu.

Dès le retour des vestiaires, les Milanais se sont mis définitivement à l’abri : sur un long centre de Rebic, Giroud au deuxième poteau a adressé une belle remise de la tête à Krunic qui a trompé le gardien autrichien d’une tête au ras du poteau (47e).

Le même Giroud a repris ensuite à bout portant un ballon mal dégagé de la défense adverse sur un centre du très remuant Leao (57e), lequel a manqué d’alourdir la marque à la 66e, sa frappe venant s’écraser sur la barre transversale.

En toute fin de rencontre, Giroud a lancé Junior Messias pour tromper Kohn d’une frappe enroulée (90+1). Outre la qualification de leur équipe, les trois Français de l’AC Milan se sont montré à leur avantage. Aux côtés de Giroud, Théo Hernandez a lui aussi livré un match plein d’intensité et de justesse, tout comme Pierre Kalulu à la fois décisif en défense (10e) et n’hésitant pas à se signaler aux avant-postes.

« C’est top pour la confiance, c’est bien pour l’équipe. C’était surtout un match très important et c’est bien d’être là sur les rendez-vous importants », a réagi Giroud après la rencontre au micro de Canal+. Interrogé sur sa possible sélection dans la liste de Didier Deschamps pour le Qatar, qui sera dévoilée le 9 novembre, l’attaquant a répondu : « On verra, c’est pas moi qui décide. »

City finit en beauté

Enfin, Manchester City, déjà assuré de la première place de son groupe et privé de son buteur norvégien Erling Haaland, blessé, a fait tourner pour son dernier match de poule, mais s’est tout de même imposé contre Séville (3-1).

Avec Stefan Ortega dans les buts, Cole Palmer (20 ans) et Rico Lewis (17 ans) titulaires, sans oublier Julian Alvarez en pointe, Pep Guardiola avait décidé de bien profiter du luxe représenté par ce match sans enjeu dans un calendrier surchargé.

Face à des Espagnols assurés de la troisième place, la première période a un peu manqué de rythme. Ce sont même les Andalous qui ont ouvert le score sur une tête de Rafa Mir absolument seul au deuxième poteau, sur un corner (1-0, 31e).

Sans doute mécontent de son animation offensive défaillante, Guardiola a sacrifié un Jack Grealish poussif, à la pause, pour faire rentrer Rodri et mieux contrôler le milieu. Le résultat ne s’est pas fait attendre, Lewis justifiant la confiance qui lui avait été faite en égalisant à 1-1 (52e), devenant ainsi le plus jeune buteur en C1 de l’histoire de City.

Kevin de Bruyne, entré en jeu un peu plus tôt, a ensuite adressé une superbe ouverture sans contrôle vers Alvarez qui a dribblé le gardien pour marquer dans le but vide (2-1, 73e). En fin de match, Riyad Mahrez a enfoncé le clou (3-1, 83e), sur un ballon perdu par un défenseur espagnol, et montré qu’enjeu ou pas, pour les Citizens, aucun match ne compte pour du beurre.

G.B. avec AFP

À jamais les premiers... à perdre sa première place au sixième critère. L’histoire du PSG avec la Ligue des champions réserve décidément toujours son lot de surprises. Pour départager les Parisiens et les Lisboètes du Benfica, à égalité de points (14), tout comme sur les deux matchs qu’ils ont disputés (1-1 à l’Estadio de la Luz puis au Parc des Princes), ayant la même différence de but (+9), le même nombre de buts marqués (16) et de buts encaissés (9), il a fallu aller regarder du côté des nombres de buts inscrits à l’extérieur pour donner un avantage aux Portugais. « Il y a toujours un petit truc » Grâce à leur carton sur le terrain du Maccabi Haïfa, les Benfiquistes ont en effet dépassé les champions de France de trois unités sur ce dernier critère, qui n’avait jamais été invoqué...
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