Caroline Garcia célébrant sa victoire contre l’Américaine Sloane Stephens lors du tournoi WTA de Zapopan au Mexique qu’elle a disputé en février dernier. Ulises Ruiz/AFP
La nouvelle est tombée vendredi : Bertrand Perret, prépondérant dans la renaissance de la Française, demi-finaliste de l’US Open après avoir remporté trois titres pendant l’été, a « décidé de mettre un terme à (sa) collaboration » avec elle, a-t-il écrit sur sa page Facebook.
Une « aventure terminée (...) après le tournoi de Guadalajara », il y a huit jours, pour des raisons extrasportives, a-t-il confirmé ensuite à L’Équipe, expliquant que « ces dernières semaines, il y avait des problèmes ».
Samedi, en conférence de presse, Garcia n’est pas plus rentrée dans les détails : « Il a décidé de quitter l’équipe et j’ai respecté cette décision. Je voudrais juste remercier Bertrand pour tout le dur travail fait cette année. Nous avons commencé loin et nous sommes arrivés au sommet à la fin de la saison. »
Cette collaboration plus que fructueuse a pourtant pris fin moins d’un an seulement après avoir débuté, à un moment où Garcia était bloquée dans le creux de la vague, après plusieurs années sans éclat au long desquelles elle semblait en perdition, plombée par des blessures (dos, pied) et une confiance en berne.
Au sommet à « Cincy »
Or c’est en la confortant dans son identité de jeu, en l’encourageant à redoubler d’agressivité, que Perret, ancien entraîneur de la Chinoise Peng Shuai et de la Tunisienne Ons Jabeur, a remis Garcia sur les bons rails, ce travail se conjuguant à celui visant à solidifier sa condition physique, entre les mains de la préparatrice Laura Legoupil.
La joueuse de 29 ans, qui n’a longtemps connu qu’un entraîneur, son père Louis-Paul, entre 2012 et 2021, en a récolté les fruits au second semestre.
Son sacre à Roland-Garros, en double avec Kristina Mladenovic, a préfiguré son retour vers les sommets pendant l’été, au cours duquel la Lyonnaise a affiché la forme de sa vie en enchaînant les titres sur le gazon allemand de Bad Homburg, sur la terre battue polonaise de Varsovie et sur le ciment américain de Cincinnati.
Dans l’Ohio, pourtant issue des qualifications, elle a remporté son troisième WTA 1000, la deuxième catégorie derrière les Grands Chelems. Cinq ans après son doublé chinois à Wuhan et à Pékin, qui lui avait ouvert les portes des Masters une première fois, son parcours s’étant alors arrêté en demi-finale à Singapour, après une défaite contre l’Américaine Venus Williams.
C’est dans la peau d’une favorite qu’elle a ensuite abordé l’US Open, s’y montrant impressionnante et imperturbable, jusqu’au dernier carré où elle a craqué sous la pression, sèchement battue par Ons Jabeur.
Le précédent Mauresmo
Depuis, comme un effet de décompensation, Garcia n’a pas trouvé de second souffle, éliminée dès son entrée en lice à Tokyo et à San Diego, puis au 2e tour à Guadalajara, sans que cela ne compromette sa qualification pour les « WTA Finals » où la Polonaise numéro 1 mondiale Iga Swiatek, lauréate à Roland-Garros et Flushing Meadows, sera l’immense favorite pour succéder à l’Espagnole Garbiñe Muguruza.
Malgré ses difficultés du moment, « Caro » rêve de devenir à Fort Worth, berceau du rodéo et de la danse country, la deuxième Française à ajouter son nom au palmarès de cette épreuve, 17 ans après Amélie Mauresmo, qui avait été sacrée aux dépens de Mary Pierce. Seulement quatre autres joueuses tricolores y ont participé : Françoise Dürr, Nathalie Tauziat, Julie Halard et Sandrine Testud.
La tâche sera néanmoins compliquée dans cette compétition regroupant les sept autres meilleures joueuses de l’année.
Le tirage au sort lui a d’ailleurs réservé trois premiers matches contre Iga Swiatek, l’Américain Coco Gauff et la Russe Daria Kasatkina. L’autre groupe sera composé de la Tunisienne Ons Jabeur, de l’autre Américaine Jessica Pegula, de la Grecque Maria Sakkari et de la Bélarusse Aryna Sabalenka.
Une concurrence relevée qu’elle devra affronter sans Bertrand Perret donc, mais avec l’aide ponctuelle du coach argentin Juan Pablo Guzman, qui avait déjà travaillé avec elle l’an passé.
Nicolas PRATVIEL/AFP


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