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Politique - Décryptage

Gouvernement : la tactique du « bord du gouffre »...

À huit jours du départ de Michel Aoun du palais présidentiel, les spéculations au sujet de la formation d’un nouveau gouvernement se poursuivent. À un rythme inégal, le directeur de la Sûreté générale (et, dans les coulisses, le Hezbollah) poursuit sa médiation entre les différents protagonistes, en particulier le Premier ministre désigné Nagib Mikati et le chef du Courant patriotique libre (CPL) Gebran Bassil. Celui-ci mène les négociations du côté présidentiel, mais aussi avec le président de la Chambre Nabih Berry avec qui il s’est entretenu hier.

Selon les heures de la journée, la tendance varie entre l’optimisme et le pessimisme. Au matin en général, le climat est optimiste et, en fin de journée, l’absence de développement majeur dans ce dossier pousse vers le pessimisme.

Pourtant, si l’on compare la situation à ce qu’elle était il y a plusieurs semaines, on doit reconnaître qu’un grand pas a été accompli. Le camp présidentiel a ainsi renoncé aux six ministres dits politiques qu’il voulait ajouter au gouvernement actuel pour que celui-ci soit en mesure « de remplir sa fonction en période de vacance à la tête de l’État ». De son côté, le Premier ministre a accepté l’idée d’un changement de certains ministres chrétiens parallèlement au changement de trois ministres musulmans : celui de l’Économie Amine Salam (sunnite), celui des Déplacés Issam Charafeddine (druze) et celui des Finances Youssef Khalil (chiite).

Il avait fallu d’ailleurs quelques jours de discussion pour convaincre Gebran Bassil de se contenter de changer trois ministres chrétiens sur les 12 du gouvernement, alors qu’il réclamait au moins le double.

Il reste toutefois à définir qui seront les trois ministres chrétiens qui seront remplacés. M. Mikati a longtemps insisté pour que le ministre de l’Énergie Walid Fayad en fasse partie, mais MM. Aoun et Bassil insistent pour le garder. On parle désormais de la ministre du Développement administratif Najla Riachi et du ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib (qui fait cependant partie de la délégation officielle présidée par le président du Conseil au sommet arabe d’Alger prévu le 1er et le 2 novembre). Pour ce qui est du troisième nom, les informations restent floues : selon les pronostics, il s’agirait soit du ministre des Affaires sociales Hector Hajjar, soit de celui du Tourisme Walid Nassar. Mais selon des sources proches du Grand Sérail, il se pourrait bien que M. Mikati exige de nouveau le départ de Walid Fayad. Ce point reste donc encore en suspens.

Un autre conflit est récemment apparu et il porte sur le remplaçant du ministre des Déplacés. Issam Charafeddine avait été désigné par Talal Arslane, alors député druze de Aley (il a perdu les élections de mai dernier), et le camp présidentiel voudrait que son remplaçant soit choisi par la même partie politique pour respecter les équilibres sur lesquels repose l’actuel gouvernement, conformément à une condition qu’il avait posée au début des négociations. Il semblerait toutefois qu’après avoir donné son accord pour une telle démarche, le chef du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt (dont le camp a remporté presque tous les sièges druzes du Parlement après les élections de mai dernier) souhaiterait avoir son mot à dire sur cette question. Or si le second ministre druze du gouvernement est aussi choisi par le camp de M. Joumblatt, non seulement cela changera la majorité au sein de l’équipe, mais de plus cela donnera au leader druze la possibilité de pousser le cabinet vers la démission dans le cas d’un départ de ses deux ministres, sous prétexte de violation du principe de la représentation nécessaire de toutes les communautés au sein du cabinet...

Ce ne sont toutefois pas les seules questions encore en suspens. En effet, dans une de ses récentes prises de position, le chef du CPL a laissé entendre que son groupe parlementaire pourrait ne pas accorder sa confiance au gouvernement Mikati. Ce que le président du Conseil trouve inacceptable. Pour lui, Gebran Bassil ne peut pas multiplier les conditions au sujet de la formation du gouvernement et décider au final de ne pas lui accorder sa confiance. D’autant que ce cabinet ne pourra pas compter sur un vote favorable du bloc des Forces libanaises et serait ainsi privé d’une couverture chrétienne de poids.

Selon des sources qui suivent le dossier, en dépit de ces conflits existants et de ceux qui pourraient encore apparaître dans les prochains jours, la possibilité d’aboutir à un accord sur la composition du gouvernement avant le 31 octobre n’est pas à exclure. Selon ces mêmes sources, le fait de laisser le pays dans une vacance présidentielle et avec un gouvernement aux prérogatives contestées serait en effet dramatique à une période aussi délicate et en pleine crise sociale, économique et financière. Une telle situation priverait le pays de garde-fous, même minimaux, et pourrait entraîner le chaos sur tous les plans.

À ce sujet, certaines parties estiment que c’est l’objectif recherché pour favoriser par la suite, le moment venu, la tenue d’un congrès international sur le Liban, porteur d’une solution aux crises actuelles. Mais d’autres soulignent au contraire qu’avec tous les problèmes liés à la guerre en Ukraine, le monde n’a pas le temps de s’occuper du Liban et qu’un minimum de stabilité est requise dans ce pays. Or cela passe justement par la formation d’un nouveau gouvernement capable de gérer la situation pendant la période de vacance présidentielle dont la durée reste indéterminée.

Si cette version est retenue, cela signifierait que le Liban pourrait avoir un nouveau gouvernement (qui ressemblerait fort à l’actuel) avant la fin du mandat de Michel Aoun. Et toutes les conditions imposées par les uns et les autres ne seraient destinées qu’à faire pression pour obtenir gain de cause...

Ce qui est sûr toutefois, c’est que le temps presse et que cette tactique « du bord du gouffre » adoptée par les différentes parties risque de mener à la catastrophe.

À huit jours du départ de Michel Aoun du palais présidentiel, les spéculations au sujet de la formation d’un nouveau gouvernement se poursuivent. À un rythme inégal, le directeur de la Sûreté générale (et, dans les coulisses, le Hezbollah) poursuit sa médiation entre les différents protagonistes, en particulier le Premier ministre désigné Nagib Mikati et le chef du Courant...
commentaires (3)

BASSIL INSISTE POUR FAYAD A L'ELECTRICITE: C'EST CLAIR COMME LE,JOUR QUE CE DOSSIER CONTIENT SUREMENT DES DONNEES QUI PROUVERONT COMMENT BASSIL EN PARTICULIER ET LE CPL EN GENERAL ONT REUSSI A DEPENSER 40 MILLIARDS DE DOLLARS POUR UNE HEURE PAR JOUR D'ELECTRICTE. AUJOURDH'UI. CES PREUVES DOIVENT ETRE SI EMBARRASSANTENT POUR EUX QU'ON COMPREND LE POURQUOI DE L'INSISTANCE A AVOIR CE MINISTERE EN PARTICULIER LA VERITE: QUEL JUGE AURA LE COURAGE DE DEMANDER LE DOSSIER DE L'ELECTRICITE ET ENFIN POURRA METTRE LES RESPONSABLES DU PLUS HAUIT AU PLUS BAS ENTRE LES MAINS DE LA JUSTICE ET PROBABLEMENT ETRE CONDAMNES A LA PRISON ENFIN

LA VERITE

00 h 13, le 24 octobre 2022

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Commentaires (3)

  • BASSIL INSISTE POUR FAYAD A L'ELECTRICITE: C'EST CLAIR COMME LE,JOUR QUE CE DOSSIER CONTIENT SUREMENT DES DONNEES QUI PROUVERONT COMMENT BASSIL EN PARTICULIER ET LE CPL EN GENERAL ONT REUSSI A DEPENSER 40 MILLIARDS DE DOLLARS POUR UNE HEURE PAR JOUR D'ELECTRICTE. AUJOURDH'UI. CES PREUVES DOIVENT ETRE SI EMBARRASSANTENT POUR EUX QU'ON COMPREND LE POURQUOI DE L'INSISTANCE A AVOIR CE MINISTERE EN PARTICULIER LA VERITE: QUEL JUGE AURA LE COURAGE DE DEMANDER LE DOSSIER DE L'ELECTRICITE ET ENFIN POURRA METTRE LES RESPONSABLES DU PLUS HAUIT AU PLUS BAS ENTRE LES MAINS DE LA JUSTICE ET PROBABLEMENT ETRE CONDAMNES A LA PRISON ENFIN

    LA VERITE

    00 h 13, le 24 octobre 2022

  • Il faut surtout que Messieurs Aoun et Bassil insistent pour conserver le ministre Walid Fayad. On ne se sépare quand même pas d’un ministre aussi BRILLANT lorsqu’on n’a qu’une heure d’électricité publique par jour

    Lecteur excédé par la censure

    10 h 14, le 22 octobre 2022

  • La canaille poursuit son jeu sterile des chaises musicales dans la perspective du partage d'un gateau de plus en plus exigu. Pendant ce temps, le pays poursuit son effondrement dans l'indiference generale des incompetents corrompus et de la communaute internationale. Tfeeeeeeh.

    Michel Trad

    08 h 30, le 22 octobre 2022

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