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Sport - Football

À l’OL, la vente se fait toujours attendre

Espérée ce vendredi 21 septembre, l’officialisation du rachat de 66 % des parts du club rhodanien par un fonds d’investissements piloté par l’homme d’affaires américain John Textor devrait encore prendre quelques jours de retard.

À l’OL, la vente se fait toujours attendre

L’homme d’affaires John Textor aux côtés de l’actuel président et propriétaire de l’Olympique lyonnais lors de la conférence de presse présentant le projet de rachat du club, en juin 2022. Photo AFP

On connaissait le quart d’heure américain, on connaît désormais les trois quarts de mois. À l’origine annoncée pour le 30 septembre, l’acquisition d’une majorité des parts de l’Olympique lyonnais, jusque-là propriété de Jean-Michel Aulas, par un fonds d’investissements dirigé par l’homme d’affaires John Textor traîne inexorablement semaine après semaine.

Le président historique du club rhodanien, désireux de passer la main depuis plusieurs années, s’était préparé à une officialisation dès cette semaine en demandant mercredi la suspension de l’action de sa holding, qu’il pilote depuis 35 ans, dans l’attente de la finalisation « prochaine » du rachat du club par le groupe américain Eagle Football contrôlé par l’entrepreneur.

La cotation des actions a été suspendue « dans l’attente de la publication d’un communiqué de presse relatif à l’opération avec Eagle Football », a annoncé l’OL dans un bref communiqué diffusé mercredi. « J’attends de mon côté une copie de ce communiqué commun. Une fois qu’il sera publié, je serai libre de faire mes propres déclarations », a déclaré de son côté John Textor joint par mail. Celles-ci seront mises en ligne avec le communiqué « avec peut-être une touche plus personnelle », a-t-il précisé.

De sources proches du dossier, on indique que les discussions se poursuivaient mercredi autour de la finalisation de l’opération. L’officialisation de cette prise de contrôle valorisée à près de 800 millions d’euros a été différée au vendredi 21 octobre, le groupe lyonnais invoquant au moment de ce report des étapes techniques à finaliser.

Jean-Michel Aulas a été très clair la semaine dernière : « La vente est conclue. On est sans conditions suspensives. Elle sera définitivement acquise le 21 », a affirmé le patron historique du club lors d’un point-presse.

Textor, un « acrobate de la finance »

John Textor, a-t-il ajouté, a été consulté lors du remplacement de l’entraîneur néerlandais Peter Bosz par l’ancien sélectionneur de l’équipe de France Laurent Blanc début octobre. « On l’a appelé pour lui dire quel était notre sentiment, et il nous a suivis », a expliqué Jean-Michel Aulas après la présentation du nouveau coach lundi dernier.

En juin, quand M. Aulas avait annoncé l’accord avec Eagle Football, il avait affirmé que « Textor coch(ait) toutes les cases » pour reprendre le club qui se relève d’une période financière compliquée et traverse une mauvaise passe sportive depuis plusieurs saisons. L’OL reste en effet sur six matches sans victoire. L’équipe, battue le week-end dernier à Rennes pour la première de Blanc sur le banc, est 10e du championnat, à dix points de Lens (3e) et douze de Lorient (2e), qui occupent les places de qualification à la Ligue des champions, l’objectif affiché par son propriétaire actuel et futur.

Passé des effets spéciaux au cinéma à la création numérique par intelligence artificielle puis au streaming d’événements sportifs en direct, John Textor s’est lancé en août 2021 sur le terrain du football en entrant au capital du club londonien de Crystal Palace (Premier League) puis en devenant, début 2022, actionnaire majoritaire de Botafogo, club de première division au Brésil, et du RWD Molenbeek (en 2e division belge).

Habitué des investissements sportifs ces dernières années, sa fortune est estimée par le journal L’Équipe à 3 milliards de dollars. Des émoluments qui sont toutefois relativisés par d’autres journaux spécialisés, qui parlent plutôt de 250 millions. Dans tous les cas, Textor ne compte financer l’opération qu’avec son portefeuille personnel, puisque, sur les 523 millions d’euros nécessaires pour finaliser l’opération, une grande partie proviendra de deux crédits contractés auprès de William Foley et Jamie Salter, deux autres richissimes businessmen américains.

« Je comprends votre impatience »

Devant l’inquiétude grandissante des supporters des Gones, intrigués par la lenteur du projet, l’Américain s’est adressé à eux via un message public, expliquant que ces délais étaient parfois logiques compte tenu de la complexité de l’opération financière en cours. « Je comprends que l’achèvement de notre acquisition de votre club de football bien-aimé prend une période insupportablement longue, a concédé le riche entrepreneur. Cela dit, sachez que des transactions comme celle-ci peuvent être assez compliquées pour les acheteurs et les vendeurs. (...) Comme nous sommes maintenant sur le point de terminer, sachez que nous avons tout fait pour surmonter le plus efficacement possible tous les défis habituels de cette transaction », a développé celui qui avait également déjà tenté de racheter, sans succès, le club portugais du Benfica Lisbonne.

Un projet qui n’avait pas abouti alors qu’il avait « proposé une solution de 150 millions d’euros pour acheter les droits majoritaires auprès des banques », s’était-il justifié sur son compte Twitter, avant de tenter, une nouvelle fois, en vain, de racheter... le rival lisboète du Sporting puis le club anglais de Newcastle.

Malgré toutes ses convoitises, l’entrepreneur a affirmé qu’il souhaitait s’investir sur le long terme à l’OL, un club muni d’« un équilibre incroyable pas seulement dans le sport, mais aussi dans le divertissement », notamment avec sa future Arena, qui sera inaugurée en 2023, comme il l’avait annoncé en juin lors de sa première apparition officielle à Lyon aux côtés de M. Aulas.

Au travers de la société Eagle Football Holdings LLC, John Textor doit acquérir la totalité des actions et la moitié des Osranes (obligations convertibles en actions pour financer la construction du Groupama Stadium) détenues par Holnest (la holding de la famille Aulas), plus la totalité des actions et des Osranes détenues par Pathé (Jérôme Seydoux) et le fonds d’investissement chinois IDG Capitals. Holnest détient 27,72 % du capital. Pathé et IDG, qui ont respectivement 19,36 et 19,85 %, avaient annoncé le 9 mars vouloir céder leurs parts en mandatant pour cela la banque Raine.

Un saut vers l’inconnu

Ce changement va marquer un tournant historique pour l’OL, même si Jean-Michel Aulas a confirmé la semaine dernière qu’il allait « rester au moins trois ans » à son poste pour assurer la gestion opérationnelle du club. En 35 ans, l’homme d’affaires lyonnais a fait passer l’OL d’un statut de club associatif végétant en D2 avec un budget de 3 millions d’euros à une holding cotée en Bourse, valorisée à 800 millions d’euros (décrochant au passage sept titres consécutifs de champion de France de Ligue 1, de 2002 à 2008). À titre de comparaison, le club italien de l’AC Milan a récemment été valorisé à 1,2 milliard d’euros.

OL Groupe a connu un « net rebond » de son activité avec un chiffre d’affaires en hausse de 42 % (à 252,5 millions d’euros pour l’exercice 2021/2022, qui lui a permis de redresser la barre après une perte historique liée à la pandémie de Covid-19 (-107 millions) lors de l’exercice précédent, même si la holding affiche encore une perte nette de 55 millions d’euros.

Stable autour de 2,90 euros dans les jours qui ont suivi l’annonce du rachat en juin, l’action a connu un trou d’air le 20 septembre en clôturant à moins de 2,50 euros, alors que certains médias émettaient des doutes sur la solidité du montage financier. Puis le cours est remonté autour de 2,80 euros, sa valeur au moment où la cotation a été suspendue mercredi.

Malgré les apparentes tergiversations du toujours présumé futur propriétaire de l’OL, l’affaire ne serait plus qu’une question de jours avant que la vente ne devienne, enfin, effective.

G.B. avec AFP

On connaissait le quart d’heure américain, on connaît désormais les trois quarts de mois. À l’origine annoncée pour le 30 septembre, l’acquisition d’une majorité des parts de l’Olympique lyonnais, jusque-là propriété de Jean-Michel Aulas, par un fonds d’investissements dirigé par l’homme d’affaires John Textor traîne inexorablement semaine après semaine.Le président historique du club rhodanien, désireux de passer la main depuis plusieurs années, s’était préparé à une officialisation dès cette semaine en demandant mercredi la suspension de l’action de sa holding, qu’il pilote depuis 35 ans, dans l’attente de la finalisation « prochaine » du rachat du club par le groupe américain Eagle Football contrôlé par l’entrepreneur. La cotation des actions a été suspendue « dans...
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