Rechercher
Rechercher

Monde - Conflit

Poutine instaure la loi martiale dans les territoires ukrainiens annexés

Nouvelles frappes russes à Kiev et ailleurs ; Moscou évacue les civils de Kherson.

Poutine instaure la loi martiale dans les territoires ukrainiens annexés

Un pont détruit près de la ville d’Izioum, libérée récemment de l’occupation russe. Dimitar Dilkoff/AFP

La Russie a commencé mercredi à évacuer la population de Kherson, ville du sud de l’Ukraine où ses troupes sont confrontées à une situation particulièrement « tendue », alors que des frappes russes visaient à nouveau différentes régions du pays, dont Kiev.

Les batteries ukrainiennes de défense antiaérienne ont abattu « plusieurs missiles russes » au-dessus de la capitale ukrainienne, a déclaré son maire Vitaly Klitschko. Plusieurs explosions avaient été entendues en début d’après-midi dans la ville, peu après que la sirène antiaérienne a retenti. « Restez aux abris. La défense antiaérienne est toujours en action », a précisé M. Klitschko sur Telegram.

Depuis lundi, Kiev a été attaquée à plusieurs reprises par des drones kamikazes russes. Ces frappes ont visé notamment des infrastructures énergétiques et fait au moins cinq morts.

Dans le Sud-Ouest, le gouverneur de la région de Vinnytsia a affirmé sur Telegram que son territoire était visé par des missiles russes et appelé à rester aux abris.

Dans le Nord, l’armée ukrainienne a annoncé avoir abattu deux missiles russes dans la région de Tcherniguiv. Un drone de fabrication iranienne a explosé à Tcherniguiv, capitale de la région éponyme, selon son gouverneur.

L’armée de l’air ukrainienne a affirmé mercredi avoir détruit 223 drones iraniens depuis mi-septembre. Téhéran a nié à plusieurs reprises ces derniers jours fournir des armes et des drones à la Russie pour son invasion de l’Ukraine.

Sanctions contre l’Iran

Mais l’Union européenne a annoncé avoir rassemblé des « preuves » démontrant l’origine iranienne des drones russes et préparer des sanctions contre Téhéran. Cet « appel à l’aide » à l’Iran est « la reconnaissance par le Kremlin de sa faillite militaire et politique », avait raillé mardi le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov avait assuré que « de la technologie russe est utilisée, avec des noms russes ». De son côté, Washington a menacé de sanctionner les entreprises ou les États collaborant au programme iranien de drones.

Dans le sud de l’Ukraine, les autorités d’occupation russes de la région de Kherson ont indiqué mercredi que les évacuations de civils avaient débuté. Elles prévoient d’en déplacer « 50 000 à 60 000 » en quelques jours sur l’autre rive du fleuve Dniepr. L’administration prorusse va également évacuer la ville face à l’avancée des troupes ukrainiennes, a indiqué son chef Vladimir Saldo sur la chaîne de télévision Rossiya 24, assurant que l’armée russe allait résister « jusqu’à la mort ».

Un responsable de la région de Kherson a dénoncé la « déportation » des civils de la ville éponyme. « L’évacuation annoncée équivaut à de la déportation. Son but est de créer une sorte de panique à Kherson et une image (pour alimenter) la propagande » russe, a dénoncé un député local, Serguiï Khlan, lors d’une conférence de presse. « La Russie procède à des déportations comme à l’époque soviétique », a-t-il encore déploré, précisant que, selon lui, les habitants de Kherson seraient évacués non pas vers la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014 et frontalière de la région de Kherson, mais vers celle de Krasnodar (Sud), en Russie même. Selon lui, les Russes utilisent les évacuations de civils comme « prétexte » pour justifier « leur retrait de Kherson et plus généralement de la rive droite » du Dnipro, a-t-il asséné.

Capitale de la région du même nom occupée par la Russie depuis le printemps, Kherson est actuellement visée par des frappes ukrainiennes sur ses « infrastructures sociales, économiques et industrielles », avait relevé mardi le général russe Sergueï Sourovikine, récemment nommé chef des opérations en Ukraine. Il a admis une situation « très difficile » à Kherson et « tendue » dans l’ensemble du pays pour les forces russes. « Les actions ultérieures concernant la ville de Kherson elle-même vont dépendre de la situation militaire », a-t-il poursuivi, ajoutant sans autre précision « ne pas exclure une prise de décision très difficile ».

« Les Russes essaient de faire peur aux habitants de Kherson avec de fausses newsletters sur le bombardement de la ville par notre armée », a dénoncé sur Telegram le chef de cabinet de la présidence ukrainienne Andriï Iermak.

L’armée russe, qui a envahi l’Ukraine le 24 février, est sur la défensive sur l’essentiel du front en Ukraine, reculant depuis septembre aussi bien dans le Nord que dans l’Est et le Sud. Le seul tronçon où elle avance encore est près de la ville de Bakhmout (Est) qu’elle tente de prendre depuis l’été.

Vladimir Poutine a ordonné mercredi l’instauration de la loi martiale dans les quatre territoires ukrainiens de Donetsk (Est), Lougansk (Est), Kherson (Sud) et Zaporijjia (Sud) annexés en septembre par Moscou. Ces territoires « avaient instauré la loi martiale avant leur rattachement à la Fédération de Russie, mais il est nécessaire de formaliser ce régime en suivant la législation russe », a déclaré Vladimir Poutine. Il a justifié cette mesure en affirmant que Kiev refusait de négocier avec Moscou et continuait selon lui à « bombarder » la population civile dans ces régions. Selon le décret, le gouvernement russe devra, d’ici à trois jours, proposer des mesures concrètes à appliquer dans ces territoires. La législation russe prévoit une série de mesures en cas d’instauration de la loi martiale : renforcement des mesures de sécurité, couvre-feu, interdiction des rassemblements publics, évacuation d’entreprises stratégiques, interdiction de quitter les territoires concernés, internement de population, mise en place d’une censure militaire dans les télécommunications, etc.

Et la Russie avait de nouveau bombardé mardi « le commandement militaire et les systèmes énergétiques de l’Ukraine » dans différents endroits du pays, selon le ministère russe de la Défense.

Situation « critique »

Selon le président ukrainien, « depuis le 10 octobre, 30 % des centrales électriques ukrainiennes ont été détruites, provoquant des pannes massives dans tout le pays » à l’approche de l’hiver. « La situation est maintenant critique », a expliqué un conseiller de la présidence, demandant que l’Ukraine « se prépare » à de possibles « pannes d’électricité, d’eau et de chauffage ».

Toujours sur le plan énergétique, l’opérateur ukrainien Energoatom a affirmé qu’une cinquantaine d’employés de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée militairement dans le sud de l’Ukraine par les troupes de Moscou depuis mars, sont « toujours prisonniers » des Russes. Depuis le début de la guerre, d’autres travailleurs de ce site hautement stratégique « ont été tués » et d’autres « torturés », selon Energoatom.

Le lieu est régulièrement visé par des bombardements, dont Kiev et Moscou se rejettent la responsabilité, faisant craindre une catastrophe nucléaire.

Le 10 octobre, des bombardements russes d’une ampleur inégalée depuis des mois, également sur des infrastructures énergétiques ukrainiennes, avaient déjà fait au moins 19 morts et 105 blessés.

Les alliés occidentaux de Kiev avaient alors promis davantage de systèmes de défense antiaérienne dont certains ont déjà été livrés.

Source : AFP

La Russie a commencé mercredi à évacuer la population de Kherson, ville du sud de l’Ukraine où ses troupes sont confrontées à une situation particulièrement « tendue », alors que des frappes russes visaient à nouveau différentes régions du pays, dont Kiev.Les batteries ukrainiennes de défense antiaérienne ont abattu « plusieurs missiles russes » au-dessus de la capitale ukrainienne, a déclaré son maire Vitaly Klitschko. Plusieurs explosions avaient été entendues en début d’après-midi dans la ville, peu après que la sirène antiaérienne a retenti. « Restez aux abris. La défense antiaérienne est toujours en action », a précisé M. Klitschko sur Telegram.Depuis lundi, Kiev a été attaquée à plusieurs reprises par des drones kamikazes russes. Ces frappes ont visé notamment...
commentaires (1)

L’Iran ne fournit pas d’armes à la Russie. Et la Russie ne se procure pas d’armes de l’Iran. Non. L’Iran vend les armes à un trafiquant d’armes. Et la Russie achète les armes à un trafiquant d’armes. Tout le monde est clean. Compris?

Gros Gnon

13 h 50, le 20 octobre 2022

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • L’Iran ne fournit pas d’armes à la Russie. Et la Russie ne se procure pas d’armes de l’Iran. Non. L’Iran vend les armes à un trafiquant d’armes. Et la Russie achète les armes à un trafiquant d’armes. Tout le monde est clean. Compris?

    Gros Gnon

    13 h 50, le 20 octobre 2022

Retour en haut