Une laborantine travaillant sur des échantillons pour tester le choléra dans un hôpital d'Alep, ville du nord de la Syrie, le 11 septembre 2022. Photo d'archives AFP
Le député de Saïda, Abdel Rahman Bizri (indépendant), a affirmé lundi que le nombre de cas de choléra au Liban s'élève maintenant à "environ 50".
Dans une déclaration à la radio La Voix du Liban, le Dr. Bizri a ajouté qu'"une réunion sera organisée aujourd'hui (lundi) pour surveiller les nouveaux cas", précisant que les cas de choléra "ne se limitent pas aux seuls réfugiés syriens, mais incluent des Libanais."
Le choléra, réapparu pour la première fois au Liban depuis près de trois décennies, s'est propagé dans les zones rurales du nord, suscitant des inquiétudes quant à la possibilité que la maladie atteigne davantage de personnes ou, au pire, qu'elle submerge le système de santé publique. Le pays a officiellement enregistré jusque-là deux décès et 46 cas, ceux confirmés restant concentrés dans les gouvernorats du Akkar et de Baalbeck-Hermel.
M. Bizri a rassuré qu'"il n'y a aucune crainte de transmission de l'infection par les surfaces", soulignant "la nécessité de sécuriser l'eau utilisable et de maintenir les infrastructures pour empêcher la propagation de la maladie et l'atteinte de stades dangereux".
Le député s'est également inquiété du risque de propagation de la maladie dans les écoles, "notamment publiques, en l'absence de produits stérilisants en quantité suffisante." Il a appelé les parents "à guider leurs enfants et à leur apprendre à éviter le partage des aliments".
Concernant les vaccins contre le choléra, le Dr. Bizri a expliqué, lors de son interview, que "leur production ne répond pas aux besoins du marché, et que le gouvernement libanais cherche à s'en procurer au cas où la maladie se propagerait."
Dans un rapport publié lundi, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a déclaré qu'une partie de la mission de son groupe de travail sur la réponse au choléra au Liban comprendra l'achat et la distribution "d'eau de Javel, de désinfectant pour les mains, de savon liquide et de comprimés de purification de l'eau pour 1.731 écoles publiques (primaire, 1er et 2è cycle), des écoles secondaires et des établissements d'enseignement technique et professionnel (TVET) ainsi que 361 écoles privées gratuites".
L'UNICEF a ajouté que depuis le 1er octobre, l'organisation "a distribué 80.000 litres de carburant aux stations de pompage d'eau et aux stations de traitement des eaux usées dans des endroits où des cas de choléra ont été confirmés ou suspectés ; elle a acheté des fournitures médicales d'urgence pour traiter le choléra, notamment 150.000 sels de réhydratation orale et 50 kits de traitement du choléra, qui "permettront de traiter 5.000 cas de choléra et de soigner les symptômes, notamment les diarrhées modérées à sévères", et "a formé 900 travailleurs de première ligne et partenaires à la sensibilisation au choléra, notamment à la transmission, aux symptômes, au traitement, à la prévention, à la FAQ et aux mécanismes d'orientation".
Selon le décompte le plus récent de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les cas au Liban surviennent après que plus de 13.000 cas de choléra et 60 décès ont été signalés dans la Syrie voisine depuis août. Selon les experts en infrastructures hydrauliques du pays, l'approvisionnement général en eau des ménages libanais présente moins de risques que les fruits et légumes contaminés, et des mesures de protection ont été mises en place pour réduire les risques de contamination de l'approvisionnement en eau des habitations.


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