Des partisans du Hezbollah défilent pendant une cérémonie organisée dans la banlieue sud de Beyrouth à l'occasion de la deuxième commémoration de l'assassinat en Irak du général iranien Kassem Soleimani, le 4 janvier 2022. Photo d'archives Houssam Chbaro/An-Nahar
Le Hezbollah a démenti mardi avoir envoyé certains de ses militants en Iran pour intervenir dans les troubles en cours dans le pays. Une image de ce qui semble être une note du secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, appelant à la mobilisation de 4.000 soldats en Iran "pour participer à la sécurisation des installations sensibles", a fait le tour des réseaux sociaux en début de semaine.
Le texte précise qu'il serait préférable d'envoyer les militants "qui ont une expérience du service en Syrie et qui ont suivi des cours de persan". Contacté par notre publication anglophone L'Orient-Today, un porte-parole du Hezbollah a toutefois démenti toute mobilisation à destination de l'Iran.
Hormis les reportages de la chaîne de télévision Al-Manar, dirigée par le Hezbollah, qui se font l'écho de la version des faits du gouvernement iranien, le Hezbollah a jusqu'à présent gardé le silence sur les manifestations en Iran.
Le professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth (AUB), Hilal Khashan, a affirmé à L'Orient Today que cela est en phase avec l'attitude habituelle du parti chiite. Le Hezbollah "fait généralement l'impasse sur les protestations internes en Iran", a dit M. Khashan. "Ils sont restés silencieux sur des manifestations plus importantes par le passé, comme celles de 2009 contre le trucage des élections présidentielles ou encore celles de 2020 après que les Gardiens de la révolution ont abattu par erreur un avion commercial ukrainien, ainsi que celles de mai dernier contre la flambée des prix des denrées alimentaires". Il a ajouté qu'il ne "voit pas pourquoi ils dérogeraient à leur silence habituel".
Les manifestations en Iran ont été déclenchées après la mort de la jeune Mahsa Amini, 22 ans, dont le prénom kurde était Jina, après avoir été détenue par la soi-disant "Police des mœurs" de la République islamique pour avoir dérogé au code vestimentaire religieux strict.


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