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Monde - Ukraine

Des centaines de tombes découvertes à Izioum, après le retrait des forces russes

Les autorités ukrainiennes ont découvert vendredi près de 450 tombes dans une forêt en périphérie d’Izioum, ville récemment reprise aux Russes dans la région de Kharkiv, une zone où la police affirme avoir découvert également une dizaine de « salles de torture ».

Des centaines de tombes découvertes à Izioum, après le retrait des forces russes

Une femme devant un immeuble résidentiel dévasté à Izioum, récemment libérée par les forces ukrainiennes. Vyacheslav Madiyevskyy/Reuters

Pas moins de 443 tombes ont été découvertes en Ukraine sur le site d’Izioum, dans la région de Kharkiv, avec notamment une fosse contenant les corps de 17 soldats ukrainiens. Selon Oleg Kotenko, responsable gouvernemental pour la recherche des personnes disparues, ces tombes ont été creusées pendant les combats lors de la prise de la ville par les forces russes en mars et durant l’occupation russe, qui a pris fin la semaine passée. Certaines pourraient renfermer plusieurs corps. Au moins un corps avec les mains liées avec une corde a été exhumé vendredi sur le site. « Les tombes qui ne portent pas de nom sont celles de gens (trouvés) dans la rue », a précisé M. Kotenko, selon qui « il y a beaucoup de personnes qui sont mortes de faim. Cette partie de la ville était isolée, sans ravitaillement. Les gens étaient bloqués, rien ne marchait ». Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a immédiatement indiqué vouloir envoyer « sous peu » une équipe à Izioum pour « déterminer les circonstances de la mort de ces personnes ». L’Union européenne, par la voix de son chef de la diplomatie, Josep Borrell, s’est dit vendredi soir « profondément choquée » et condamne « ces atrocités ».

Le chef de la police ukrainienne, Igor Klymenko, a lui annoncé la découverte de dix « salles de torture » dans des localités reprises aux Russes dans la région de Kharkiv, y compris six d’entre elles à Izioum et deux dans la ville de Balakliïa. Selon lui, les corps de près de 50 civils ont été retrouvés au cours de cette semaine dans les territoires de la région de Kharkiv abandonnés par les troupes russes. Les autorités ukrainiennes ont commencé vendredi les exhumations sur ce site où, selon elles, plus de 440 tombes ont été découvertes. Les forces russes ont été accusées de nombreuses exactions dans les zones sous leur contrôle et notamment à Boutcha, en banlieue de Kiev, où des corps de civils froidement exécutés ont été découverts après leur retrait fin mars. Moscou nie avoir commis ces atrocités.

Une guerre dévastatrice

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’était rendu à Izioum mercredi pour sa première visite dans cette région frontalière de la Russie dans le nord-est du pays depuis le départ des forces russes, chassées à la faveur d’une contre-offensive lancée début septembre sur plusieurs fronts. « Nous voulons que le monde sache ce qui se passe réellement et ce à quoi l’occupation russe a conduit. Boutcha, Marioupol, maintenant, malheureusement, Izioum... » avait déclaré le chef de l’État après avoir révélé la découverte d’une « fosse commune » dans la ville. Avant le départ des forces russes dans la nuit de samedi à dimanche, les destructions y étaient importantes, avec des maisons et bâtiments administratifs dévastés par les combats et des carcasses de blindés jonchant les routes.

La présidence ukrainienne a rapporté des « combats de position » dans la région de Lougansk, tandis que dans celle de Donetsk, des bombardements russes, notamment sur Bakhmout, ont fait cinq morts et six blessés. À Kryvyï Rig, ville natale de Volodymyr Zelensky, dans le centre, une explosion aurait été entendue, les autorités annonçant une nouvelle frappe contre des infrastructures hydrauliques alors que des bombardements russes y ont provoqué des inondations ces derniers jours. Dans la région de Kharkiv, ce sont 12 personnes qui ont été blessées dans des bombardements russes « massifs » dans des zones récemment reprises par Kiev, ainsi que quatre personnes dans la ville même de Kharkiv, selon les autorités régionales.

Par ailleurs, les autorités séparatistes de Lougansk ont annoncé la mort d’un procureur prorusse local, tué par une explosion dans les locaux où il travaillait, dont ils n’ont pas précisé la nature. Les autorités prorusses ont aussi signalé d’autres attaques contre des cadres de l’occupation dans le sud du pays. Sur le front sud, où les forces ukrainiennes rencontrent plus de résistance qu’à Kharkiv, la « situation demeure difficile » mais les forces ukrainiennes continuent de bombarder les ponts utilisés par les forces de Moscou, selon Kiev.

Soutien occidental

« Ensemble nous gagnerons ! » a tweeté vendredi le président Zelensky en remerciant Washington et le soutien de ses partenaires, « notre relation a prouvé son efficacité sur le terrain ». La Maison-Blanche avait validé la veille un nouveau volet d’aide militaire à l’Ukraine allant jusqu’à 600 millions de dollars. Cette assistance se compose d’équipements et de services, mais aussi de formation, selon l’exécutif américain, qui n’a pas détaillé les armements fournis. De son côté, le Pentagone avait précisé que cette nouvelle tranche d’aide comprendrait notamment des missiles de précision pour les systèmes d’artillerie Himars déjà livrés à Kiev, ainsi que des obus compatibles avec les autres systèmes dont disposent les forces ukrainiennes. La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, avait alors mis en garde Washington contre l’envoi de missiles de longue portée à l’Ukraine, une « ligne rouge » dont le franchissement forcerait Moscou à « réagir ».

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février dernier, les États-Unis ont déjà fourni plus de 15 milliards de dollars d’assistance militaire à Kiev. Les Occidentaux ont pris depuis une série de sanctions à l’encontre de Moscou tout en fournissant des armes à Kiev, un soutien crucial qui lui a permis de reprendre ces dernières semaines des milliers de kilomètres carrés de territoire aux forces russes. En visite à Kiev, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait elle promis jeudi que l’UE serait aux côtés de l’Ukraine « aussi longtemps qu’il le faudra », plaidant ensuite à la télévision en faveur d’une comparution du président russe Vladimir Poutine devant la justice internationale.

Ce dernier a rencontré jeudi le président chinois Xi Jinping en Ouzbékistan, en marge du sommet régional de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) destiné à faire contrepoids à l’Occident, où il a salué vendredi les « nouveaux centres de pouvoir » en train d’émerger dans le monde, tandis que le dirigeant chinois a appelé les pays de la région, dont la Russie et l’Inde, à un ordre international « plus juste » et rationnel. Face aux inquiétudes exprimées par l’Inde, le chef du Kremlin a assuré qu’il souhaitait mettre un terme « le plus vite possible » au conflit en Ukraine.

Emmanuel PARISSE avec Ania TSOUKANOVA et Joris FIORITI/AFP

Pas moins de 443 tombes ont été découvertes en Ukraine sur le site d’Izioum, dans la région de Kharkiv, avec notamment une fosse contenant les corps de 17 soldats ukrainiens. Selon Oleg Kotenko, responsable gouvernemental pour la recherche des personnes disparues, ces tombes ont été creusées pendant les combats lors de la prise de la ville par les forces russes en mars et durant l’occupation russe, qui a pris fin la semaine passée. Certaines pourraient renfermer plusieurs corps. Au moins un corps avec les mains liées avec une corde a été exhumé vendredi sur le site. « Les tombes qui ne portent pas de nom sont celles de gens (trouvés) dans la rue », a précisé M. Kotenko, selon qui « il y a beaucoup de personnes qui sont mortes de faim. Cette partie de la ville était isolée, sans ravitaillement. Les...
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