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Monde - Elizabeth Ii

Charles III assume de prendre la suite... jusqu’au bout

À 73 ans, le nouveau monarque sera officiellement proclamé roi samedi matin. Sur les traces de sa mère, il a affirmé vouloir servir les Britanniques toute sa vie.

Charles III assume de prendre la suite... jusqu’au bout

Le nouveau roi Charles III arrive au palais de Buckingham après un bain de foule, le 9 septembre 2022, au lendemain du décès de la reine Elizabeth II. Ben Stansall/AFP

Cloches et tirs de canon ont salué vendredi la mémoire d’Elizabeth II, de l’Australie au Royaume-Uni, où commencent dix jours de deuil national en mémoire d’une monarque qui a accompagné les Britanniques durant 70 ans, désormais remplacée par le roi Charles III. Rentré à Londres après avoir passé la nuit à Balmoral en Écosse avec son épouse Camilla, devenue reine consort, le nouveau roi s’est exprimé vendredi soir dans une intervention télévisée.

« Je renouvelle devant vous cet engagement de service tout au long de la vie », a déclaré Charles, reprenant la promesse qu’avait faite sa défunte mère Elizabeth II à son 21e anniversaire. Ému, il a remercié sa « maman chérie », la qualifiant d’« inspiration et d’exemple » pour lui et sa famille. Durant son allocution, il a également annoncé que son héritier William deviendrait le nouveau prince de Galles, tout en exprimant son « amour » pour son fils cadet Harry et son épouse Meghan.La nouvelle chef du gouvernement s’était entretenue juste avant avec le souverain. Plus tôt dans la journée, le gouvernement s’est déclaré « uni dans son soutien au nouveau roi », observant un moment de silence pour Elizabeth II lors d’un Conseil des ministres extraordinaire. La nouvelle Première ministre Liz Truss a rendu hommage à la défunte, l’« une des plus grandes dirigeantes que le monde ait connues ». Elle avait déjà salué auparavant le « roc sur lequel la Grande-Bretagne moderne s’était construite ».

La reine est décédée jeudi à 96 ans « paisiblement » dans son château de Balmoral en Écosse, où se trouvaient alors son fils Charles et sa fille Anne. Ses deux autres fils Andrew et Edward et le prince William, désormais héritier de la couronne, sont arrivés après le décès, dont la Première ministre avait été informée vers 16h30 heure locale. Sa santé, qui déclinait depuis un an, s’était dégradée au point que le palais avait fait état de la « préoccupation » de ses médecins dans un rare communiqué en milieu de journée.Vendredi, les cloches ont sonné le matin à Saint-Paul, Westminster et Windsor, le château près de Londres où vivait la reine la plupart du temps, et dans de nombreuses églises du pays. Celles de l’Hôtel de Ville de Sydney en Australie, dont la reine était aussi la souveraine, avaient déjà retenti 96 fois, une fois pour chaque année de la défunte, tandis que 96 coups de canon ont retenti à midi, temps universel, tirés depuis Hyde Park mais aussi aux châteaux de Cardiff et d’Édimbourg, York, Portsmouth et à Gibraltar.

Le roi a fait savoir que le deuil royal – qui concerne la famille, le personnel et les représentants de la maison royale – durerait jusqu’à sept jours après les funérailles de la reine, dont la date n’a pas été confirmée, mais qui devraient avoir lieu le 19 septembre. Les résidences royales resteront fermées jusqu’après ces funérailles et les drapeaux y seront en berne. Le deuil national doit quant à lui durer jusqu’au jour des funérailles, après lesquelles la reine sera inhumée en privé dans la chapelle du château de Windsor.

« La vie sans la reine »

Des milliers de Britanniques, certains émus aux larmes, sont venus déposer des fleurs devant Buckingham Palace, à Windsor et à Balmoral dans le nord de l’Écosse. Des photos de la reine faisaient la une de tous les quotidiens britanniques vendredi, pour des éditions spéciales en hommage à celle qui avait consacré sa vie à la Couronne, traversant les époques et les crises avec la même affabilité tranquille et mystérieuse. La reine a « maintenu le pays ensemble », « elle était la figure de proue de l’union de notre Grande-Bretagne », confie Gary Millar, venu déposer un bouquet à Holyroodhouse, le palais de la monarchie à Édimbourg. « C’est juste dur d’imaginer une vie sans la reine », commente pour sa part Anthony Ewans, 37 ans, à Windsor, qui a pris un jour de congé pour venir déposer des fleurs avec son fils de 4 ans.

La défunte monarque, connue pour son sens du devoir et son humour pince-sans-rire, était omniprésente dans la vie des Britanniques, présente sur les billets de banque et les timbres, qui vont devoir changer de visage. Son portrait orne les arrêts de bus londoniens, remplaçant les publicités, et des livres de condoléances ont été ouverts dans certaines églises, ainsi qu’en ligne sur le site officiel de la famille royale.

Alors que certains magasins fermaient leurs portes en signe de deuil, la Banque d’Angleterre a annoncé le report d’une semaine de sa réunion de politique monétaire, très attendue vu la flambée des prix actuelle. De nombreux événements sportifs, comme les matches de Premier Ligue ce week-end, ont aussi été reportés tandis que cheminots et postiers ont suspendu leurs grèves prévues pour dénoncer le coût de la vie.

Une lumière et un sourire

Le nouveau roi Charles devient le monarque britannique le plus âgé au début de son règne. Il est infiniment moins populaire que sa mère, qui avait su maintenir le prestige et le mystère de la monarchie, ne donnant aucune interview et gardant ses opinions pour elle. Il accède au trône dans une période difficile, le Royaume-Uni étant confronté à la pire crise économique de ces 40 dernières années, alors que quatre Premiers ministres se sont succédé en six ans. Des dissensions internes ont récemment secoué le pays, entre les suites du Brexit, les velléités d’indépendance et les tensions en Écosse et en Irlande du Nord. Et dans les ex-colonies britanniques restées des royaumes, les critiques se font aussi vives sur le passé colonialiste et les velléités républicaines se renforcent.

S’il était devenu beaucoup plus présent ces derniers mois, remplaçant souvent sa mère diminuée par ses problèmes de santé, c’est un tout autre défi qui attend désormais le roi, en tant que chef d’État de 15 pays, de la Nouvelle-Zélande aux Bahamas. Durant son règne historique, Elizabeth II avait connu 15 Premiers ministres, qu’elle pouvait écouter et conseiller lors d’audiences privées généralement hebdomadaires sur lesquelles rien ne transpirait jamais. « Elle avait souvent cette petite lumière et ce sourire magnifique, qui (...) calmaient les nerfs de tellement de gens », a confié vendredi l’ancienne Première ministre Theresa May sur la BBC.

Investie cette semaine, l’actuelle chef du gouvernement Liz Truss aura rencontré deux monarques en quatre jours, du jamais-vu dans l’histoire britannique.

Source : AFP

Cloches et tirs de canon ont salué vendredi la mémoire d’Elizabeth II, de l’Australie au Royaume-Uni, où commencent dix jours de deuil national en mémoire d’une monarque qui a accompagné les Britanniques durant 70 ans, désormais remplacée par le roi Charles III. Rentré à Londres après avoir passé la nuit à Balmoral en Écosse avec son épouse Camilla, devenue reine consort, le nouveau roi s’est exprimé vendredi soir dans une intervention télévisée. « Je renouvelle devant vous cet engagement de service tout au long de la vie », a déclaré Charles, reprenant la promesse qu’avait faite sa défunte mère Elizabeth II à son 21e anniversaire. Ému, il a remercié sa « maman chérie », la qualifiant d’« inspiration et d’exemple » pour lui et sa famille. Durant son allocution,...
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