Le secrétaire d’État américain Antony Blinken visitant un quartier endommagé de la ville d’Irpin, le 8 septembre 2022. Photo AFP
L’armée ukrainienne a annoncé jeudi avoir percé les défenses russes et repris des territoires dans plusieurs zones du front, au moment où le secrétaire d’État américain Antony Blinken est à Kiev avec une nouvelle aide militaire de 2,8 milliards de dollars.
Alors que les troupes ukrainiennes mènent depuis la semaine dernière une vaste contre-offensive, notamment pour reprendre la région occupée de Kherson et sur laquelle peu d’informations avaient filtré, l’état-major a annoncé une série de succès sur plusieurs fronts. Les gains les plus significatifs sont dans la région de Kharkiv, frontalière de la Russie dans le Nord-Est, où les forces ukrainiennes affirment avoir percé les défenses russes sur 50 kilomètres de profondeur et repris plus de 20 localités aux troupes de Moscou.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait annoncé sans plus de précisions mercredi soir des avancées dans cette région frontalière de la Russie dont la capitale Kharkiv, deuxième ville du pays, résiste aux troupes russes depuis le début de l’invasion le 24 février. Selon Oleksiï Gromov, un haut responsable de l’état-major ukrainien, ce sont 700 km2 au total qui ont été repris.
Dans le Sud, il a assuré « que dans certaines directions », l’armée ukrainienne « a avancé profondément dans les défenses ennemis, entre deux et plusieurs dizaines de kilomètres » suivant les secteurs et « libéré plusieurs localités », selon M. Gromov. Il n’a donné aucune précision géographique, alors qu’une contre-offensive ukrainienne est en cours dans la région de Kherson. « Un certain nombre de localités ont été libérées », a-t-il simplement dit.
Dans le Donbass, les soldats ukrainiens ont gagné deux et trois kilomètres aux alentours des villes encore sous contrôle ukrainien de Kramatorsk et Sloviansk, reprenant aux Russes la localité d’Ozerne, selon M. Gromov.
La progression de la contre-offensive ukrainienne contre les troupes russes est « régulière », s’est félicité pour sa part le chef d’état-major américain Mark Milley. La progression de cette contre-offensive est « régulière et c’est délibéré », a déclaré à la presse M. Milley à l’issue d’une réunion des alliés de l’Ukraine organisée sur la base américaine de Ramstein (Allemagne) et destinée à coordonner l’aide militaire à Kiev. Il a toutefois prévenu qu’il était « encore trop tôt » pour évaluer clairement la situation sur le terrain.
Ces gains, les plus importants pour l’Ukraine depuis le retrait des troupes russes des environs de Kiev fin mars, sont annoncés au moment où le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken effectue une visite surprise à Kiev avec la promesse d’une nouvelle tranche d’aide.
Aide à l’armement
Antony Blinken a fait le voyage en secret, pour cette seconde visite à Kiev depuis le début de l’invasion russe lancée le 24 février et stoppée grâce aux fournitures d’armes occidentales. Au total, Washington a promis quelque 2,8 milliards de dollars de soutien en plus à l’Ukraine et à d’autres pays de la région. Dans cette somme, 675 millions iront directement à Kiev sous forme de livraisons d’armements, de munitions et de systèmes d’artillerie Himars qui ont déjà permis à Kiev de frapper les lignes d’approvisionnement russes loin derrière la ligne de front. Pour les 2,2 milliards restants, ils seront versés en tant que prêts et subsides à l’Ukraine et à 18 autres pays se sentant menacés par la Russie, pour l’achat d’armes américaines.
Parmi les pays éligibles figurent la Géorgie et la Moldavie, qui ont sur leur territoire des zones contrôlées par des séparatistes prorusses, ainsi que les pays baltes ou encore la Bosnie, où les tensions vont crescendo avec les dirigeants serbes.
À Kiev, M. Blinken a commencé par visiter un hôpital traitant des enfants victimes de la guerre, en compagnie de son homologue ukrainien Dmytro Kouleba. « J’ai ramené des amis », a-t-il dit aux jeunes patients, leur amenant des peluches. Il s’est ensuite entretenu avec M. Kouleba avant une rencontre avec le président Zelensky. « Le secrétaire voulait vraiment venir (à Kiev) car c’est vraiment un moment important pour l’Ukraine », a indiqué une responsable américaine accompagnant M. Blinken, sous couvert d’anonymat. « Toute l’assistance en matière de sécurité vise à garantir que l’Ukraine réussisse sa contre-offensive », ce qui serait « très significatif pour la suite de la guerre », a encore souligné la responsable américaine. Le président ukrainien a remercié à Kiev le secrétaire d’État américain pour une nouvelle aide militaire des États-Unis, assurant que celle-ci allait permettre la reconquête de « nos territoires » occupés par la Russie.
Succès manifeste
Quelques heures avant l’arrivée de M. Blinken à Kiev, le secrétaire d’État à la Défense Lloyd Austin s’était félicité du « succès manifeste » des forces ukrainiennes sur le champ de bataille. Présent sur la base militaire de Ramstein en Allemagne, il devait participer à une réunion avec les représentants de plus de 40 pays et le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, consacrée aux défis posés par les livraisons d’armes, cruciales pour l’Ukraine.
Sur le terrain jeudi, la ville de Kharkiv a de nouveau été visée par des bombardements russes dans la matinée, faisant deux morts et cinq blessés, selon le gouverneur de la région Oleg Sinegoubov. Trois autres personnes ont été tuées et cinq blessées ces dernières 24 heures dans la région de Zaporijjia, dans le sud du pays, et sept autres ont trouvé la mort dans celle de Donetsk, dans l’Est industriel. L’armée russe assurait de son côté continuer d’infliger de « lourdes pertes » aux Ukrainiens.
Restrictions sur les visas
Sur un autre plan, la Pologne et les trois États baltes ont annoncé jeudi s’être mis d’accord pour restreindre temporairement l’entrée sur leur sol, dès le 19 septembre, des citoyens russes porteurs de visa européen. Les Premiers ministres de Pologne, Lituanie, Lettonie et Estonie expriment dans une déclaration leur inquiétude « face à l’afflux important et croissant de ressortissants russes dans l’UE ». « Nous pensons que cela devient une menace grave pour notre sécurité publique et pour l’ensemble de la zone Schengen », ajoutent-ils. Les quatre pays indiquent s’être mis d’accord pour « une approche régionale commune » visant à « introduire des mesures nationales temporaires pour les citoyens russes porteurs de visa ». Ces mesures « restreindront l’entrée dans la zone Schengen pour les citoyens russes voyageant pour des raisons touristiques, culturelles, sportives ou professionnelles ». Des exceptions seront faites pour différentes catégories, notamment les « dissidents », les « cas humanitaires », les motifs familiaux et les titulaires de permis de résidence dans l’Union européenne. « Nous continuons d’affirmer la nécessité de soutenir les opposants au régime de Poutine et de leur offrir des opportunités de quitter la Russie », souligne le texte. Mais « il est inacceptable que les ressortissants d’un pays agresseur puissent voyager librement dans l’UE, quand dans le même temps des personnes en Ukraine sont torturées et assassinées ».
Source : AFP


L’entêtement de Poutine me sidère. Il espère quoi au juste a part montrer les limites de la technologie russe et des modèles dictatoriaux de soit disant hommes forts. A l’heure où la Russie perd un grand visionnaire (Gorbatchev) son successeur fat tout pour ramener le pays en arrière. Cela finira pour lui comme l’Afghanistan s’il s’entête encore.
13 h 15, le 09 septembre 2022